Champagne-Ardenne : Le Locavor séduit de plus en plus les consommateurs

Le confinement a suscité un intérêt certain pour une alimentation en produits locaux et bio. Les circuits courts ont le vent en poupe. Cela se vérifie à Floing, Villers-Semeuse, dans les Ardennes et Cormontreuil, dans la Marne où Le Locavor a de plus en plus de clients.
 
Mélanie Hazard assure les livraisons avec son camion réfrigéré.
Mélanie Hazard assure les livraisons avec son camion réfrigéré. © Document remis
Mélanie Hazard a trente-six ans. Les Ardennais la connaissent car elle a travaillé pendant onze ans à la librairie Rimbaud, à Charleville-Mézières. Confrontée au confinement, elle a réfléchi à se réorienter. Elle a décidé de se lancer dans l’aventure du Locavor, car elle en avait assez du commerce traditionnel. Le premier Locavor a été créé en mars 2014, près de Mâcon. Aujourd’hui, on en compte cent quatre-vingt-huit dans toute la France. Le Locavor est une plate-forme de distribution de produits locaux. Elle regroupe cinquante producteurs, à Floing, et autant à Villers-Semeuse, dans les Ardennes et Cormontreuil, dans la Marne.

Comment ça marche

"Il suffit de se connecter sur le site," explique Mélanie Hazard. "Il regroupe nos producteurs. On peut donc y passer commande, et une fois par semaine, je me déplace pour livrer les clients. Bien sûr, ça suppose d’être un peu organisé, et de savoir de quoi on aura envie dans quelques jours. Je livre le vendredi, en fin de journée, à Cormontreuil. Le jeudi, c’est Villers-Semeuse, et le mercredi, je vais à Floing. Le panier moyen tourne autour de soixante à cent euros. Nos clients commandent fruits, légumes, yaourts, fromages, mais aussi de la viande."
 

Majoritairement du bio

"Je viens de faire rentrer du vin blanc d’Alsace. C’est juste en limite de la zone avec laquelle on peut travailler, c’est-à-dire, pas plus de deux cents kilomètres. Pour le reste, on commercialise des pâtes, du safran, de la bière, entre autres, le tout étant produit localement. Nos produits sont bio à 70%. Tous nos producteurs sont sur Instagram et Facebook. Cela permet de présenter leurs nouveautés et de garder un lien avec nos clients. Actuellement, avec les vacances, c’est plus calme, mais pendant le confinement, ça a bien marché," raconte Mélanie Hazard. Officiellement gérante des Locavor de Floing, Villers-Semeuse et Cormontreuil, depuis le 1er juillet dernier, elle a pendant le confinement aidé sa belle-sœur qui travaillait dans le réseau. Elle a pu constater combien les circuits courts ont de plus en plus d’adeptes. "Le bouche à oreille fonctionne bien," dit-elle. "Et nos clients sont fidèles."
 

Côté client, on adore !

L’ardennaise le constate : "De plus en plus de gens ne veulent plus aller en grandes surfaces. Ils veulent éviter les produits qui viennent d’Espagne ou du Portugal. Ce qu’ils veulent, ce sont des légumes et des fruits produits à leur porte, et chez des petits producteurs."

Sylvie Alavoine habite Cormontreuil, près de Reims, dans la Marne. Elle connaissait Le Locavor pour en avoir entendu parler. C’est pendant le confinement qu’elle a décidé de devenir cliente de la plate-forme. "Je commande toutes les semaines," raconte-t-elle. "On a découvert des fromages qu’on ne connaissait pas. C’est varié. Il y a aussi des produits de toilette. Quant aux légumes, on mange les produits de saison, et ils sont donc meilleurs. Les tomates sont de vraies tomates… Pendant le confinement, on a adoré.  C’est peut-être un peu plus cher, mais on a de la qualité. Et puis, on peut s’organiser en commandant à l’avance."


Un bilan positif

Mélanie Hazard ne regrette pas le choix qu’elle a fait pendant le confinement. Rémunérée par une marge de 9 à 11% sur les produits qu’elle vend, aujourd’hui, elle a doublé ses revenus. "J’ai un autre rythme de vie," dit-elle. "J’ai plus de temps pour moi."  Toute médaille ayant son revers, elle doit cependant apprendre à gérer le stress. C’est le cas notamment, quand certains produits ne sont pas disponibles et qu’il faut "affronter" les clients. Mais cela ne l’empêche pas d’envisager une extension de son activité, l’an prochain.


 
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