Covid-19 : vaccination des 5-11 ans en Champagne-Ardenne, "une demande modérée"

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Écrit par Isabelle Griffon
Désormais l'accord des deux parents, et non plus d'un seul, est obligatoire pour faire vacciner son enfant, a annoncé, jeudi 7 janvier, le ministère de la Santé.
Désormais l'accord des deux parents, et non plus d'un seul, est obligatoire pour faire vacciner son enfant, a annoncé, jeudi 7 janvier, le ministère de la Santé. © SEBASTIEN BOZON / AFP

Depuis deux semaines, tous les enfants de 5 à 11 ans peuvent se faire vacciner contre la Covid-19. En Champagne-Ardenne, une dizaine de centres proposent des créneaux dédiés. C'est en revanche plus compliqué chez les généralistes ou les pédiatres. La demande reste pour l'instant limitée.

Depuis le 22 décembre, la vaccination contre le Covid-19 est ouverte à tous les enfants de 5 à 11 ans. C’était déjà le cas depuis la mi décembre pour les jeunes les plus à risque et ceux vivant avec des personnes immuno-déprimées. Mais entre la mise en place progressive pendant les vacances de Noël et les réticences des parents, cette campagne de vaccination démarre doucement.

Selon des données de Santé Publique France, à la date du mercredi 5 janvier, en France, seuls 86.552 d'entre eux avaient bénéficié d'au moins une dose sur un public potentiel de 5,8 millions, soit environ 1,5%. Les 10-11 ans étant sans surprise plus nombreux que les 5-9 ans. 

Il n’y a pas de ruée, mais dans certains centres, comme à Troyes, tous les créneaux dédiés au jeune public se remplissent. “Je ne parlerai pas d’une forte demande, mais il y a une demande modérée et constante, assure Stéphanie Fraenkel, référente Covid pour l'agglomération troyenne. On peut prendre facilement rendez-vous pour son enfant.” Plus de 500 doses de vaccins pédiatriques ont déjà été administrées au centre de vaccination du Cube sur un public potentiel d’environ 20.000 enfants.

Pas de difficulté pour remplir les créneaux

A Reims, le centre René-Tys a vacciné de son côté 320 enfants au mercredi 5 janvier. “Nous n’avons pas de difficulté pour remplir les créneaux pour les 5-11 ans, constate Vanessa Mazzucotelli, coordinatrice de la vaccination pour le Grand Reims. Dès ce samedi 8 janvier, on va même augmenter notre capacité d’accueil et vacciner 120 enfants par jour les mercredis et samedis, au lieu de 80 actuellement, car on s’est rendu compte que de nombreux parents aimeraient que leur enfant fasse leur seconde dose avant les vacances de février."


Dans ces centres de vaccination, des espaces dédiés sont mis en place pour accueillir au mieux les plus jeunes avec coloriages, bonbons et décors enfantins. Les rendez-vous s’enchainent moins rapidement que pour les adultes. “Il faut rassurer les enfants et leurs parents, le personnel est formé pour ce type de public avec des infirmières puéricultrices et des médecins spécialisés en pédiatrie, explique Stéphanie Fraenkel. L’enfant reçoit même un petit diplôme à la fin.” 

L’accord des deux parents obligatoire

Il faut désormais l’accord des deux parents, et non plus d’un seul comme c’était le cas jusqu’à présent, pour vacciner les 5-11 ans, a indiqué le ministère de la Santé ce jeudi 6 janvier. Concrètement, un seul parent peut être présent lors du rendez-vous mais il devra être muni d’une attestation sur l’honneur selon laquelle le deuxième parent donne son accord.

Avant chaque injection, un test sérologique rapide est réalisé pour éviter à l’enfant une seconde dose en cas de résultat positif. Cette catégorie d’âge est vaccinée avec un tiers de la dose d’un adulte. Des doses pédiatriques qui ne semblent pas manquer. “Nous n’avons aucun souci d’approvisionnement”, assure la responsable du centre de vaccination de Reims.


Peu de demandes chez les généralistes

Théoriquement, l'enfant peut aussi se faire vacciner chez son médecin généraliste, son pédiatre ou chez une infirmière sur prescription médicale. Mais la réalité est plus compliquée, notamment à cause de la durée de conservation du vaccin. Après dilution, le flacon pédiatrique de Pfizer contient environ 10 doses qui doivent être utilisées dans les 12 heures.

Honnêtement, on n'est pas débordés par les demandes.

Hervé Ruinart, médecin généraliste à Reims et représentant du syndicat MG France dans la Marne

Il faudrait qu’on vaccine une série d’enfants en même temps pour ne pas perdre le vaccin, explique Hervé Ruinart, médecin généraliste à Reims et représentant du syndicat MG France dans la Marne. Mais honnêtement, on n’est pas débordés par les demandes, quelques-unes par semaine. On va finir par les regrouper, en cabinet partagé. Un seul médecin peut s’en occuper. C’est une organisation, il faut nous laisser un peu de temps, ça ne s’improvise pas. Il y a une timidité sur la vaccination des enfants, ce qui peut se comprendre. Même moi, j’ai tendance à orienter vers le centre de vaccination de René-Tys.” 

“Pas la priorité”

Emeric Lambrecht, pédiatre à la polyclinique Courlancy de Reims, renvoie également ceux qui souhaitent vacciner leur enfant vers les centres de vaccination. Pour lui, "il n’y a pas urgence pour les enfants sains de se faire vacciner, la priorité, ce sont les personnes à risque et les troisièmes doses”. “Les enfants à risque dont je m’occupe ont déjà été vaccinés et pour les enfants sains, il n’y pas de toute façon une demande très forte”, souligne-t-il.

Les parents sont en majorité réticents à l’idée de faire passer leur enfant par la case seringue. Selon un sondage Elabe publié le mois dernier, 68% des parents d’enfants âgés de 5 à 11 ans étaient opposés à cette vaccination.

De nouveaux créneaux dédiés

Quant à ceux qui souhaitent que leur enfant soit vacciné, mieux vaut habiter dans une ville que dans une commune rurale. Dans l’Aube, il n’y a par exemple que le centre de vaccination du Cube qui propose des créneaux pour le jeune public. Dans les Ardennes, les enfants ne peuvent se faire vacciner pour le moment qu’à Charleville-Mézières et Rethel.

“Cela va monter en charge, assure Guillaume Mauffré, délégué territorial de l’ARS dans les Ardennes. De nouveaux créneaux vont être déployés dès le mercredi 12 janvier à Vouziers. Prochainement aussi à l’hôpital de Sedan. Et on travaille avec les pompiers pour proposer une vaccination des 5-11 ans d’ici fin janvier sur des secteurs plus éloignés comme sur la Pointe des Ardennes ou Ardennes Thiérache."

Où faire vacciner son enfant ?

Dans les Ardennes, un numéro dédié à la vaccination des enfants de 5 à 11 ans a été ouvert. Il faut appeler le 03.51.74.01.57 pour prendre rendez-vous dans l’un des lieux de vaccination possibles à l'hôpital Manchester de Charleville-Mézières ou au centre de vaccination de Rethel.

Dans la Marne, des créneaux dédiés sont proposés dans les centres de vaccination de Reims, d’Epernay, de Châlons-en-Champagne et de Vitry-le-François. Au mardi 4 janvier, 491 enfants de 5 à 11 ans ont reçu au moins une dose de vaccin.

Dans l’Aube, seul le centre de vaccination de Troyes propose des créneaux dédiés aux plus jeunes les mercredis, samedis et dimanches toute la journée, ainsi que le vendredi en fin de journée. 518 enfants ont déjà reçu leur vaccin (à la date du 5 janvier).

En Haute-Marne, 224 enfants ont été vaccinés dans l’un des trois centres de vaccination situés à Chaumont, Langres et Saint-Dizier (à la date du 5 janvier). Là aussi, l'ouverture de nouveaux créneaux est en discussion.  

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