Mort de la reine Elizabeth II : l'engouement français pour les corgis, ses chiens préférés

Publié le Mis à jour le
Écrit par Vincent Ballester .

La reine Elizabeth II, monarque britannique qui régnait mais ne gouvernait pas, est une figure incontournable de la culture populaire. Aidée en cela par ses chiens, d'adorables corgis. Certains élevages français en proposent.

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Elizabeth II n'est plus. Pour beaucoup, impossible d'imaginer cette dernière sans ses précieux corgis, tant elle apparaissait souvent en leur compagnie (notamment dans un court-métrage réalisé à l'occasion des Olympiades de 2012). 

Tous les élevages n'apprécient pas forcément la publicité (involontaire) faite au Welsh Corgi Pembroke par la reine. L'un d'eux, situé en Haute-Marne, relève qu'un chien doit être apprécié pour sa physionomie ou ses qualités; qu'il n'est pas un jouet et ne doit pas s'adopter par effet de mode sous peine d'être abandonné (ça s'est notamment vu après la sortie des 101 Dalmatiens). 

En Champagne-Ardenne, l'Empreinte du cobra est un petit élevage de corgis situé à Bettancourt-la-Longue (Marne). Sa gérante, Mélissa Maury, experte depuis 2007, explique toutefois qu'il y a une subtilité importante. "J'élève des Welsh Corgi Cardigan. Ce sont des cousins des Welsh Corgi Pembroke de la reine." Ces deux races de troupeau ont pour origine le Pays de Galles.

Des chiens espiègles et attentionnés

"On est sur deux races différentes. Néanmoins, le physique est [globalement] le même. Le Pembroke va juste avoir moins de couleurs et sera plus petit et trapu, avec quasiment pas de queue donnant un [derrière] très rond." (illustration avec le gif ci-dessous)

"On dit dans le milieu que c'est le chien de la reine; tandis que le Cardigan est le chien du gentleman farmer." Même si tous deux sont habitués à l'extérieur. L'engouement est supérieur pour le Pembroke que pour le Cardigan." Elle ne l'explique pas par la reine Elisabeth II directement. Mais par le film Royal Corgi, que la monarque a indirectement inspiré grâce à ses animaux de compagnie devenus tant bien connus. L'éleveuse parle presque de "préjudice. C'est vraiment ce film qui a lancé cet engouement."

Si "le Pembroke est directement connu pour la reine, les clients ne connaissent pas la différence et veulent un corgi; vont prendre le premier qu'ils vont trouver." Cardigan inclus. "Personne n'appelle chez nous pour avoir un chien de la reine. L'engouement vient vraiment du film, même si c'est directement en lien avec la reine. En France, il n'est pas autant connu, même si désormais, quand les gens en voient un dans la rue, ils disent que c'est le chien de la reine, que ce soit un Cardigan ou un Pembroke." 

Avant, l'association SOS Corgi récupérait cinq corgis par an... Maintenant, c'est 30 corgis par an.

Mélissa Maury, éleveuse de Welsh Corgi Cardigan

Les corgis "sont décrits comme des chiens très espiègles. Ce sont des petits clowns. C'est ce qu'en a dit la reine, et c'est ce que montre le dessin animé : ils font plein de petites bêtises rigolotes." Ces chiens "plaisent pour leur physique - on aime ou on n'aime pas - et sont du groupe 1 : les chiens de berger. Donc on va avoir un chien qui va être très, très proche de l'Homme et des enfants. C'est le même mental [et les mêmes éventuels dégâts en intérieur; ndlr] que le berger allemand... en bien plus têtu." Il ne faut donc pas se faire dépasser, "déborder par ces petites boules toutes rondes. Avant tout ça, l'association SOS Corgi en récupérait cinq par an... Maintenant, c'est 30 corgis."

Mélissa Maury ne détient pas un élevage "d'ampleur" en tant que tel, ce n'est pas son activité principale. Pour l'anecdote, elle a choisi le nom d'enseigne Empreinte du cobra car Cobra était le nom de son premier chien. "J'ai toujours aimé cette race, découverte au cours de mes études, et j'ai pris une femelle pour les expositions et concours." Elle est championne de France, et elle a parfois eu des bébés. "J'ai eu une seule portée de huit l'an passé, et aucune cette année. Il y a deux ans de liste d'attente, avec jusqu'à 2.500 euros pour un Cardigan et 2.800 euros pour un Pembroke. Ce n'est pas un chien qu'on peut avoir facilement." 

Histoire de chiens

La jeune princesse Lilibet, comme on la surnomme alors, a 9 ans lorsque son père, le prince Albert de York (qui n'est pas encore appelé à devenir roi) décide d'acheter un petit chien pour ses deux filles. C'est le début d'une (très) longue histoire.

Trois corgis issus du comté du Surrey vont leur être présentés. Elizabeth choisit celui dont la (très petite) queue est plus allongée que celle de ses deux compagnons "pour qu'ainsi, nous puissions voir si il est content ou non". Réputé "prétentieux", le chien est surnommé par dérision "the Duke" (le duc), raccourci en "Dukie" puis en "Dookie". Fort apprécié de la famille princière, le sobriquet restera. L'habitude du chien de mordre aux mollets également...

Une petite compagne, Jane, a été proposée à Dookie... qui l'a superbement ignorée. Il n'y aura donc pas de lignée canine. Le temps passe, Albert de York devient Georges VI du Royaume-Uni, et en 1944, Elizabeth, devenue héritière du trône, reçoit une corgi nommée Susan pour son 18e anniversaire. 


Susan engendrera un nombre pour le moins conséquent de corgis. Bien que la trentaine de corgis possédés par la reine au cours de sa vie ne descende pas tous d'elle...

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