UFC-Que Choisir : 6 conseils pour consommer responsable

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Écrit par Marjorie Le Meur

Pour ses 70 ans, l’association de consommateurs UFC-Que choisir sillonne l’Hexagone avec son van et s’est arrêtée à Reims ce jeudi 28 octobre pour échanger avec le public concernant la consommation écoresponsable.

Consommer tout en respectant les enjeux sanitaires, environnementaux et sociétaux. C’est ce que l’UFC-Que Choisir, à bord de son van aux couleurs de l’association, a exposé au public ce jeudi 28 octobre à Reims. Toute la journée, les bénévoles ont répondu aux questions des Rémois sur les promenades Jean-Louis Schneiter. Alain Bazot, président fédéral de l’UFC et Jean-Marie Abadie, ancien vice-président et actuel chargé de la communication de l’association, préconisent cinq manières de consommer responsable.

Opter pour la vente en vrac

"Être responsable c'est arrêter d'acheter à l'excès des aliments ultra-transformés, c'est-à-dire qui contiennent des sucres ajoutés ou un excès de sel, et renouer avec des produits de base". Pour Alain Bazot, la vente en vrac permet au consommateur de choisir la quantité dont il a besoin, d’éviter l’usage d’emballage plastique et de réduire le gaspillage.  

Mais il faut reconnaître que ces produits sont parfois onéreux. "Certes, acheter chez le boucher ou le poissonnier revient plus cher, mais ils peuvent vous conseiller des morceaux qui sont moins coûteux. Je pense que cette idée est surtout culturelle, et qu'il faut aussi réapprendre à cuisiner", conclut le président de l’association.

Privilégier les circuits-courts  

Être écoresponsable, c'est aussi soutenir le circuit-court en achetant aux producteurs locaux des produits de saison. "Et même les fromages ! " rappelle Alain Bazot, "en Franche Comté, par exemple, le Mont d'Or est mis en vente à une certaine période". Il faut donc veiller à la saisonnalité des aliments, mais aussi à leur origine en favorisant la proximité.

Selon le président, il n'est pas non plus question de s'interdire de manger un avocat ou un ananas, mais d'avantager le circuit-court chaque fois que l'on peut. "Pour faire des fraises en hiver, il faut de la lumière artificielle, soit consommer de l'énergie, mais c'est surtout à contre-courant de la nature. Manger responsable, c'est avant tout suivre le cycle de la nature." 

Limiter sa consommation énergétique   

"On n'imagine pas à quel point consomme un appareil laissé en veille !". Pour éviter ce surcroît de consommation, les deux membres de l'UFC-Que Choisir préconisent de ne laisser aucun appareil sous tension. "Utiliser une prise avec un interrupteur et l'éteindre dès que personne ne regarde la télévision, par exemple.".   

A l'image des "NutriScore" sur les emballages alimentaires, les consommateurs auraient intérêt à considérer les étiquettes énergétiques pour le président de l’UFC. "Sur tous les appareils électriques que vous achetez, il existe un système de notation pour indiquer sa consommation".

De fait, acheter en réfléchissant au long terme serait judicieux pour Alain Bazot. "Si vous achetez un appareil énergivore, il va être moins cher à l'achat, mais son coût de fonctionnement va, en définitive, être plus élevé". Un autre réflexe de consommation responsable serait donc d'investir dans un équipement de qualité afin de limiter les frais d'électricité.   

Mais aussi des gestes simples, souvent oubliés, augmentent la consommation énergétique, tels que laisser des prises branchées, des lampes allumées, autant d’actions qui  doivent devenir un réflexe, pour le président.  

S'habiller avec des vêtements de seconde main 

L'écoresponsabilité, c'est aussi veiller à ce que l’on met dans sa garde-robe. "On a affaire à une mode effrénée avec l'idée qu'il faut acheter des vêtements très régulièrement.   Pour s'habiller responsable, il faudrait acheter en friperie ". L’idée du représentant de l’association serait donc de faire entrer le vintage dans les mœurs de consommation.  

Acheter des biens durables   

Des biens durables, ce sont des biens réparables : plutôt que de jeter un produit endommagé, le réparer. "Mais pour cela, faut-il qu'il y ait des pièces réparables", explique Alain Bazot. En favorisant la réparation, le consommateur remplace une pièce sans se débarrasser totalement de l’objet détérioré "Si un équipement sous garantie tombe en panne et qu'il n'est pas réparable, on va vous donner le même produit, neuf. Mais, ce n'est pas dans les critères de l'écoresponsabilité".

S’attacher au « NutriScore » sur les emballages des produits  

Pour ceux attentifs à la nutrition, Alain Bazot conseille de s'attacher au "NutriScore" sur l'emballage d'un produit qui indique sa valeur nutritionnelle. "Par exemple, une pizza sera trop salée ou trop grasse si elle est évaluée E. Mais si vous ne pouvez pas vous en passer, l'idéal serait de favoriser ensuite d'autres aliments dont la note est moins mauvaise pour avoir un cadi plus équilibré." L'idée n'est donc pas de stigmatiser certains produits ou de ne plus les consommer, mais de parvenir à une alimentation équilibrée en variant les produits. Une manière aussi de lutter contre le surpoids dont est victime près d’un Français sur deux (47 %) selon un rapport de la Ligue contre l’obésité publié en juin 2021. 

"L'industrie agroalimentaire avance masquée, on est manipulé par le marketing. On ne peut pas rendre le consommateur responsable de ses actes tant qu'il n'est pas renseigné". Alain Bazot œuvre pour que le logo "planète score", proche du "NutriScore", soit mis en place d'ici 2022. "Il permettra de savoir dans quelles conditions un aliment a été produit". Le barème du "Planet-Score" renseignera l'impact du produit sur l'environnement (des pesticides ont-ils été utilisés ?) et sur la biodiversité (le bien-être animal a-t-il été respecté?). "Notre volonté est que le consommateur puisse être éclairé lorsqu'il fait ses courses".