Coronavirus et report des Jeux olympiques : les athlètes saluent la décision, "priorité à la santé"

La polémique enflait depuis plusieurs semaines : fallait-il ou non maintenir les Jeux olympiques dans un contexte de pandémie ? Le comité olympique a finalement statué, les JO auront lieu en 2021. Les sportifs marnais et haut-marnais saluent une décision "de bon sens".

Pascal Martinot-Largarde s'entraîne au Creps de Reims, Mélanie Clément est une judokate Haut-Marnaise et Yohann Diniz un marcheur marnais
Pascal Martinot-Largarde s'entraîne au Creps de Reims, Mélanie Clément est une judokate Haut-Marnaise et Yohann Diniz un marcheur marnais © Anke Waelischmiller / Jérôme Humbrecht / Christophe Petit Tesson / MaxPPP
Soulagement et déception. C'est un peu le sentiment de Mélanie Clément, judokate haut-marnaise, cinquième au classement mondial des moins de 48kg, ce mercredi 25 mars. "Ça ne fait pas forcément plaisir en tant qu'athlète, déplore-t-elle, mais sur le plan de la santé, c'était la seule solution. Car si nous serons peut-être sortis d'ici là, d'autres pays seront touchés."

Si la judokate ne remet pas en cause le bienfondé de cette décision, elle ne peut s'empêcher de penser à la saison qu'elle vient de réaliser : "C'est difficile de mettre des mots sur ce qu'on ressent. On était si près avec tant de travail en amont, mais de se dire qu'il faut à nouveau tout décaler, sur un an, avec des plannings qui vont être incertains... On est déçus parce qu'on attendait ça depuis longtemps. On est déboussolés aussi, parce qu'on ne maîtrise rien. D'habitude, on maîtrise tout : nos plannings, nos préparations… cette annonce perturbe encore cette préparation."

Des questions nous hantent. On attendait avec impatience les sélections car la saison a été longue. Dans nos têtes on est perdus.
- Mélanie Clément, cinquième au classement mondial des - de 48 kg.
 

Ces questions, Mélanie Clément ne peut s'empêcher d'y penser : les athlètes qualifiés devront-ils remettre en cause leur graal? Est-ce que les compagnies aériennes accepteront de rembourser les membres de sa famille qui avaient tout prévu pour la suivre dans cette aventure hors du commun ? Ses sponsors accepteront-ils de la suivre une année de plus ?


"Je me retrouve vidé"

Même son de cloche du côté du judokat Axel Clerget, lui aussi haut-marnais. Dans une (très) longue publication Facebook, le vice-champion d'Europe fait part de son désarroi :

Je me retrouve vidé. La chose qui me faisait rêver, me lever tous les matins, me faire accepter tous ces sacrifices, me motiver dans chaque séance, qui guidait la plupart de mes choix: cette chose n’est plus là...
- Axel Clerget, judokat haut-marnais.
 

"Une nouvelle chance"

Et d'ajouter : "Je suis déçu pour moi... mais déçu aussi pour toutes ces personnes qui me soutiennent, m’aident et vivent ce rêve olympique à leur manière. Tout ne pourra pas être décalé d’un an. Il y aura des problèmes financiers, des projets perso, familiaux, des changements, des rebondissements. Ce devait être mes premiers JO. Après 17 ans de haut niveau..."

S'il s'avoue désemparé, Axel Clerget préfère prendre ce report du bon pied : "Je ne suis donc pas à un an prêt!!! Il va falloir digérer, couper, récupérer et reprogrammer. Mais rassurez vous: je suis certains que je me battrais au mieux, Je donnerai 100% de mon énergie pour y être mais surtout y décrocher la plus belle des médailles. Et même deux : individuelles et par équipe. Au final c’est une année en plus pour progresser... une chance en fait." 
 


Les athlètes rémois saluent une décision de "bon sens"

Pour Yohann Diniz, champion du monde du 50 km marche, cette décision était avant tout "du bon sens". Il s'explique : "Tout le monde attendait le report avec impatience, les Fédé étaient d'accord pour dire qu'il fallait reporter car la situation sanitaire rendait impossible de se rendre au Japon. Impossible également de se préparer pour tous les sportifs."

Dans une vidéo, le sauteur de haie Pascal Martinot- Largarde, qui s'entraîne au Creps de Reims, ne pensait pas que les JO seraient reportés aussi loin, "pour la simple et bonne raison qu'on n'est pas tous touchés de la même manière : en Europe c'est la cata, on est tous confinés, on ne peut pas s'entraîner alors qu'aux Etats-Unis, ils ne rentrent que maintenant en confinement. Pareil pour l'Afrique qui va être touchée, mais on ne sait pas à quel point."
 
Comme il nous l'exposait déjà la semaine dernière, le champion d'Europe du 110m haie estime que cette décision "aurait été inégalitaire pour la préparation des athlètes". Selon lui, "un report de quelques mois aurait permis que tout le monde puisse rattraper sa préparation mais là, un an, c'est le choix sécuritaire, c'est bien". Et de conclure, comme tous les autres : "Le sport c'est important, mais la santé prime sur tout, le sport passe au second plan dans ce genre de situation, restons en sécurité et dès qu'on aura le feu vert, comptez sur nous pour vous offrir un spectacle magnifique."
 
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