Covid et sexe : retrouver l'envie malgré le confinement

Avec la Covid et le confinement, la sexualité peut en prendre un coup. Entre l'ambiance morose, la peur de la maladie, et le fait d'être enfermés ensemble : notre sexualité est-elle condamnée ? Comment retrouver l'envie ? La sexologue rémoise Mathilde Robert donne quatre conseils.
La pandémie et son ambiance morose pourraient-elles nuire à notre désir sexuel ?
La pandémie et son ambiance morose pourraient-elles nuire à notre désir sexuel ? © Guillaume BONNEFONT/IP3 PRESS/MAXPPP
En Champagne-Ardenne, comme partout ailleurs, l'expérience du confinement et de la pandémie est inédite pour les couples. Un huis-clos contraint, puis un deuxième : se retrouver en tête-à-tête permanent avec sa moitié, dans cette ambiance morose, peut parfois sonner le glas du désir sexuel.
 

C'est un événement stressant. On entend beaucoup parler du nombre de morts, d'hospitalisations, ce qui peut créer des pulsions morbides et nous tirer vers le bas. Et quand on vit un moment dépressif, on est peu enclin à la sexualité, car la sexualité, c'est le désir de vie.

Mathilde Robert, sexologue

Bon, pour notre vie sexuelle, ça ne sent pas bon. La sexologue Mathilde Robert se veut pourtant rassurante : pas besoin de jeter votre couple ni d'attendre la fin de la pandémie pour faire trembler à nouveau les murs. Voici ses conseils.


1- Dialoguer

Pour la sexologue Mathilde Robert, le dialogue est la clef de tout. Et le confinement est du pain béni pour les couples souvent trop pressés pour se parler : "pour les personnes qui manquaient de temps, qui avaient des difficultés à se donner des rendez-vous ou à s'accorder des moments particuliers à deux, le confinement permet de créer des moments d'intimité, de plaisir autour d'un repas. On est plus disponible à l'autre", selon la spécialiste.

Pas d'excuse, donc, cette fois vous avez le temps de parler à votre partenaire. Le temps d'évoquer votre stress, vos incertitudes, vos espoirs... Car, selon Mathilde Robert, c'est bien là la base d'une sexualité épanouie : se dévoiler et dialoguer. 


2- Arriver à se manquer

Alors que le deuxième confinement se prolonge, vous pouvez avoir l'impression que votre partenaire vous suit comme une ombre : il est là au réveil, lorsque vous mangez, quand vous installez l'ordinateur pour vous mettre à travailler, pendant votre pause clope, etc.

Difficile de désirer quelqu'un qui est déjà là, sans cesse. Prendre un peu de distance s'impose, pour mieux se retrouver sous les draps.

Ce qui peut faire baisser le désir, c'est d'être ensemble tout le temps. Il faut des espaces différents de travail ou prendre des repas à des moments différents par exemple. Il faut rompre la monotonie et le "trop d'être ensemble".

Mathilde Robert, sexologue


Très bien, mais quand on est confiné à deux dans un appartement, comment la rompre cette monotonie ? "Pendant le confinement, ça demande de l'imagination, admet Mathilde Robert. Mais c'est possible. On peut par exemple choisir de ne pas dormir ensemble une nuit, pour mieux se retrouver ensuite. L'érotisme, c'est le danger, la curiosité, il faut savoir retrouver cela."
 

3- Avoir confiance

La confiance est le troisième pilier d'une sexualité épanouie. Avoir confiance en son partenaire, ce n'est pas seulement s'interdire de questionner sa fidélité. C'est aussi savoir que le coup de mou sexuel du moment n'est que transitoire : "il faut avoir confiance dans le fait qu'il y aura des moments plus créatifs, quand le dialogue sera rétabli et l'ambiance meilleure", selon la sexologue Mathilde Robert.
Le confinement ne signe pas la mort de la sexualité selon la sexologue Mathilde Robert
Le confinement ne signe pas la mort de la sexualité selon la sexologue Mathilde Robert


Attention à ne pas faire de votre partenaire le bouc-émissaire de cette pandémie. "Dans la vie, on cherche toujours un responsable à notre mal-être, selon la spécialiste. Malheureusement, dans cette crise, il n'y a pas de responsable car on ne peut pas s'en prendre à un virus. Alors parfois, dans les couples, l'un peut s'en prendre à l'autre".

L'agacement que vous pouvez ressentir en sa présence, en ces temps moroses, n'est pourtant pas forcément signe que votre couple bat de l'aile. Ayez confiance.

L'agacement est signe que quelque chose nous frustre. Il faut s'interroger : pourquoi je me sens frustré ? Pourquoi j'attribue ça à l'autre ? C'est l'occasion d'ouvrir le dialogue.

Mathilde Robert, sexologue


4- Attention à la nouveauté

Maintenant que le dialogue est renoué, que vous vous manquez à nouveau et que vous avez confiance en votre partenaire, tout semble aller mieux dans votre vie sexuelle et vous voulez tenter de nouvelles choses. Certes, c'est une bonne nouvelle, et certes, la nouveauté n'est pas toujours à fuir, mais attention à ne pas vous montrer trop téméraire en ces temps si troublés.

"Introduire de la nouveauté dans la sexualité, comme ça, ça fait vraiment injonction au bonheur, affirme la sexologue Mathilde Robert. Si vous êtes déjà stressé, morose et que vous éprouvez de la frustration, c'est difficile de trouver des ressources en soi pour tester des nouveautés. C'est trop demander".

Ménagez-vous, personne ne vous demande de révolutionner votre sexualité en ces temps de crise. Et si ces conseils ne suffisent pas à faire redémarrer votre vie sexuelle, c'est le bon moment de commencer une thérapie selon la sexologue.

Pas de panique si l'envie tarde à revenir, il ne sert à rien d'envoyer balader votre couple et votre vie sexuelle. Selon Mathilde Robert : "il y a toujours de l'espoir pour la sexualité. C'est une belle expression de la pulsion de vie et c'est un moyen de vous faire du bien? Le moteur de la sexualité, c'est le désir d'y accéder."
 
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