Covid19 : les Ardennes et l'Aube affichent le plus haut taux d'incidence du Grand Est, nouvelles restrictions à venir

Avec un taux d'incidence de respectivement 169,8 et 165,9 pour 100.000 habitants, les Ardennes et l'Aube affichent les chiffres les plus élévés du Grand Est. Les préfets multiplient les mesures en espérant éviter une fermeture des bars-restaurants et un couvre-feu.

Face à des chiffres qui explosent, les préfets de l'Aube (à droite) et des Ardennes espèrent réussir à inverser la tendance avec de nouvelles mesures
Face à des chiffres qui explosent, les préfets de l'Aube (à droite) et des Ardennes espèrent réussir à inverser la tendance avec de nouvelles mesures © Montage France Télévisions
Relativement épargné lors de l'épidémie de mars dernier au regard de ses voisins du Grand Est, le département des Ardennes est aujourd'hui particulièrement sous surveillance. Le taux d'incidence (nombre de personnes infectées sur une semaine rapporté à 100.000 habitants) est en effet passé de 46 au 5 octobre à 169,8 au 18 octobre selon les chiffres de Santé publique France. De quoi dépasser le seuil des 150 faisant basculer un département de l'alerte "simple" à "l'alerte renforcée".
 

Encore un tour de vis ?

Si aucune annonce n'a été faite en ce sens (la nomenclature semble avoir perdu de sa force au profit d'une séparation entre les territoires pratiquant ou non le couvre feu), le préfet des Ardennes, Jean-Sébastien Lamontagne, a pris des mesures supplémentaires ce 17 octobre. Parmi elles, l'obligation du port du masque aux abords des gares et autres points d'arrêts des transports en commun et l'abaissement de la jauge maximale pour tout événement sur l'espace public à 1.500 participants.
 
Mais face à une telle rapidité d'évolution des chiffres, Jean-Sébastien Lamontagne prévient, il devrait encore y avoir de nouvelles restrictions. "Il faut sans doute encore envisager de nouvelles mesures et j'entame dès aujourd'hui une concertation avec les élus en ce sens. On pourrait imaginer une extension encore plus importante du port du masque sur la voie publique, il doit y avoir une interrogation sur les horaires de fermeture des bars et puis peut-être encore interroger la jauge maximale pour les grand événements. Ce sont des pistes de travail à ce stade qui vont être évoquées avec les élus. La dégradation est rapide et brutale, il faut se donner les moyens d'enrayer cette tendance si l'on veut éviter d'en arriver au couvre-feu."

Avec 18 personnes hospitalisées dont cinq en réanimation, les hôpitaux ardennais ne sont pas encore sous pression mais le risque est grand pour les jours à venir. "Il y a plus de personnes touchées par le virus et derrière, nous savons que cela entraîne mécaniquement une augmentation du nombre de personnes qui va être hospitalisé et dont certaines iront en service de réanimation", ne peut que constater Nicolas Villenet, délégué territorial de l'ARS Grand Est dans les Ardennes.
 
Les deux départements ont dépassé le seuil des 150 cas pour 100.000 habitants
Les deux départements ont dépassé le seuil des 150 cas pour 100.000 habitants © François Schmidt/France Télévisions
 

Cahiers de rappel obligatoires dans l'Aube

Juste derrière les Ardennes, le département de l'Aube affiche lui aussi un taux d'incidence supérieur à la barre des 150 avec 165,9 cas pour 100.000 habitants. Là aussi, des mesures ont été prises à partir du 17 octobre. Quelques heures plus tard, elles sont encore durcies à compter du mardi 20 octobre en évitant également la limitation des horaires d'ouverture des bars et restaurants et la mise en place d'un couvre-feu (pris jusqu'à présent si le taux d'incidence dépasse les 250).

Dès ce mardi, les restaurateurs aubois devront ainsi mettre en place un cahier de rappel, c'est à dire consigner les noms, prénoms et numéros de téléphone de leurs clients afin de pouvoir retracer les potentiels cas contacts lorsque l'un d'eux  est détecté positif au covid19. Les soirées étudiantes sont interdites tout comme la circulation de matériel lourd de sonorisation et les buvettes dans les enceintes sportives. "Nous avons remarqué que la situation s'est dégradée depuis la rentrée étudiante début octobre. C'est pourquoi je prends cette décision de stopper les soirées étudiantes", a justifié Stéphane Rouvé, le préfet aubois. Avant de préciser concernant la suite : "Je ne m'interdis rien mais nous referons un point d'ici quelques jours pour voir  les effets des mesures prises sur la situation sanitaire du département. On pourra faire un premier bilan d'ici deux à trois semaines."
 
De son côté, l'ARS a confirmé le chiffre de trois personnes actuellement en réanimation dans l'Aube et le fait qu'aucun décès n'est à déplorer sur une semaine dans le département.
 
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