Déconfinement : les entreprises de nettoyage en première ligne pour aider à la reprise de l'activité économique

Un agent de nettoyage est en pleine opération de désinfection dans une salle municipale de Sézanne. Ici aura bientôt lieu une campagne de don du sang. Entreprise CAT 3D. / © Document remis.
Un agent de nettoyage est en pleine opération de désinfection dans une salle municipale de Sézanne. Ici aura bientôt lieu une campagne de don du sang. Entreprise CAT 3D. / © Document remis.

Depuis quelques jours, les entreprises de nettoyage sont très sollicitées en pleine crise sanitaire de covid 19. Ecoles, commerces, entreprises, les demandes de désinfections de locaux explosent depuis le déconfinement. 

Par Bintou Sidibé

" Chez nous, le téléphone a commencé à sonner une semaine avant le 11 mai", confie Rémy Meister, dirigeant de la société C.A.T 3D. Quelques jours avant la date officielle du déconfinement, l'entreprise champardennaise a du rappeler un salarié qu'il avait mis en chômage partiel pour répondre à la demande. "La majorité des interventions c'est en prévention. Avant la réouverture d'un commerce ou d'une école mais ils nous est arrivés d'intervenir sur des sites après des suspicions de covid 19". La société est notamment sollicitée pour désinfecter des lieux accueillant du public tels que des salles municipales, des mairies ou des agences bancaires. 

Même constat chez la société de nettoyage rémoise, Pro Impec. Parmi ses clients restés partiellement ouverts pendant le confinement ou qui ont repris leurs activités, 80% d'entre eux ont demandé des opérations de nettoyage plus fréquentes. C'est le cas des supermarchés et grandes surfaces mais aussi de grosses entreprises artisanales. "On a par exemple un fabricant d'escaliers sur Epernay qui nous demande de passer 5 fois par jour. Pour faire les vestiaires, les sanitaires, la salle de pause... Les lieux plus fréquentés par ses salariés", rapporte Jérémie Léonard, chargé de clientèle chez Pro Impec. Mais la société intervient principalement dans des bureaux pour nettoyer entre autre les combinés de téléphone, les souris et claviers d'ordinateurs, et tous les points de contact comme les interrupteurs et poignets de portes sont passés au désinfectant.
Un agent d'entretien en pleine opération de nettoyage anti covid 19. Entreprise Pro Impec. / © Document remis.
Un agent d'entretien en pleine opération de nettoyage anti covid 19. Entreprise Pro Impec. / © Document remis.


Nettoyage ou désinfection

" Nous on ne nettoie pas, on désinfecte", affirme le dirigeant de C.A.T 3D. L'entreprise installée à Saint-Martin-aux-Champs et à Troyes est spécialisée depuis plus de dix ans dans la dératisation et la désinfection. "On en fait depuis toujours. Principalement l'été pour désinfecter les vestaires d'entreprises par exemple. Bon là avec la crise covid, on a adapté nos produits car tous les désinfectants n'étaient pas virucides", précise Rémy Meister. Le dirigeant veut mettre en avant son savoir-faire dans un domaine dans lequel ils sont désormais en concurrence avec des entreprises d'entretien qui proposent en ce moment des prestations de désinfection.

Cela fait 10 ans que nous sommes dans la désinfection. On est des experts dans ce domaine, c'est ça la différence entre nous et les entreprises de nettoyage, 
-Rémy Meister, dirigeant de la société C.A.T 3D

Chez Pro Impec aussi, on rappelle que l'entreprise a sû se spécialiser dans les "désinfections curatives" notamment sur les lieux de productions. "Nos faisons des désinfections complètes de site, du sol au plafond. Nous avons adaptés nos produits aux surfaces à traiter," indique Jérémie Léonard, chargé de clientèle. Cela signifie aussi adapter les équipements de ses 220 agents champardennais sur le terrain. Les EPI, les équipements de protection individuelles varient selon le type d'intervention, le lieu et surtout l'horaire. Ils peuvent aller "du port des gants et des masques simples à la combinaison jetable et au masque intégral", rapelle le représentant de Pro Impec. 

Face à cette forte demande de nettoyage d'établissements, le marché des produits désinfectants s'est retrouvé en tension. Les deux entrepreneurs affirment à avoir eu parfois du mal à obtenir du matériel. "On utilise des produits à usage professionnel et c'est vrai qu'on a eu quelques problèmes pour se réapprovisionner en désinfectants virucides. " confirme Rémy Meister. Le pic d'activité est estimé à 30% par les deux professionnels. De quoi compenser un peu le manque à gagner causé par les 55 jours de confinement. "Là, on commence à nous appeler pour des cas de punaise de lits et de rongeurs. On a des restaurateurs qui nous appellent car ils ont eu des surprises en réintégrant leurs locaux", confie le spécialiste de la dératisation. Autre signe que l'heure de la reprise semble bel et bien avoir sonné. 

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