Affaire Anaïs Guillaume : "Je m'oppose à ce qui m'est reproché", Philippe Gillet clame toujours son innocence

Publié le Mis à jour le
Écrit par Florence Morel

Après un long récapitulatif des faits, l'exploitant agricole ardennais a à nouveau nié les faits qui lui sont reprochés devant la cour d'appel de Reims ce mardi.

C'est un accusé méconnaissable qui entre dans son box, ce mardi 6 avril, aux assises de la Marne. Philippe Gillet, vêtu d'une chemise bleu nuit à motifs, les cheveux grisonnants, est à nouveau jugé pour l'assassinat d'Anaïs Guillaume et pour "violences ayant entraîné la mort" de sa femme Céline Gillet en 2012 à la cour d'appel de Reims. Après une longue énumération des faits qui lui sont reprochés, la présidente du tribunal Hélène Langlois a demandé à l'agriculteur ardennais quelle était sa position. "Je m'oppose à ce qui m'est reproché", a-t-il affirmé dans son box. A ce jour, il a passé plus de cinq ans en détention. Voici ce qu'il fallait retenir de cette première journée.

  • Philippe Gillet demande à intervenir mais n'est pas autorisé à le faire. Durant l'audience de l'enquêteur, l'adjudant-chef Didier T. détaille les intentions de Céline Gillet de se séparer de son mari, avant son décès. L'accusé apparaît alors agité dans son box. La présidente Hélène Langlois l'interromp. Il se lève. "Là c'est trop gros je ne peux pas ne rien faire", clame-t-il. "C'est l'accumulation". Il ne sera finalement pas réinterrogé de la journée à ce propos.

 

  • Le corps d'Anaïs Guillaume retrouvé après le procès en première instance. Contrairement au premier procès qui s'est déroulé aux assises des Ardennes en avril 2019, le corps de la jeune femme a été retrouvé (elle avait disparu dans la nuit du 16 au 17 avril 2013 sans laisser de trace). Un rebondissement qui peut donner un nouveau visage à ce procès en appel. En première instance, Philippe Gillet avait été reconnu coupable du meurtre (et non de l'assassinat) d'Anaïs Guillaume et acquitté concernant son épouse.

 

  • La peine de Philippe Gillet était illégale. Le 3 avril 2019, les jurés ont condamné l'exploitant ardennais à 22 ans de réclusion criminelle. Or cette peine n'est pas prévue par le Code pénal. Selon l'article 362, une personne reconnue coupable de meurtre (et non d'assassinat) peut être condamnée à 30 ans de réclusion criminelle ou 20 ans et moins (mais pas entre 20 et 30 ans).

 

  • Un procès qui s'annonce difficile pour la défense de Philippe Gillet. La découverte du corps d'Anaïs Guillaume sur l'exploitation de l'agriculteur ardennais affaiblit sa défense. D'autant plus que c'est sa fille, Victoria Gillet, qui a découvert les ossessements en octobre 2019, quelques mois après la condamnation de son père. "En première instance, on savait que le procès serait difficile, mais on y croyait, se souvient-il. Je ne vous cache pas que celui-là sera encore plus difficile", nous expliquait son avocat Ghislain Fay. Depuis le début, Philippe Gillet a toujours clamé son innocence.