Affaire Anaïs Guillaume : l'article à lire pour suivre le procès de Philippe Gillet qui débute ce mardi 6 avril

Philippe Gillet est jugé en appel pour l'assassinat d'Anaïs Guillaume, dont le corps n'a été retrouvé qu'en octobre 2019, et la mort de sa femme, Céline Gillet, en 2013. 

Philippe Gillet a été condamné à 22 ans de prison le 3 avril 2019, mais la décision de la cour d'assises des Ardennes serait illégale selon son avocat.
Philippe Gillet a été condamné à 22 ans de prison le 3 avril 2019, mais la décision de la cour d'assises des Ardennes serait illégale selon son avocat. © Thierry Doudoux/ France TV

C'est un tout nouveau procès qui s'ouvre ce mardi 6 avril à la cour d'appel de Reims. Contrairement à celui en première instance, à l'issue duquel l'accusé Philippe Gillet a été condamné à une peine illégale de 22 ans de réclusion criminelle (car non prévue par le code pénal, nous vous expliquions tout dans cet article), le corps d'une des deux victimes, Anaïs Guillaume, a été retrouvé. Philippe Gillet est à nouveau poursuivi pour "assassinat" d'Anaïs Guillaume et "violences ayant entraîné la mort" de son épouse.

En tout, le procès durera 14 jours, du "jamais vu à l'échelle locale", précisait l'Union le 6 mars dernier (article abonné). France 3 Champagne-Ardenne fait le point sur ce qu'il faut savoir de cette affaire pour tout comprendre de ce nouveau procès.

 

Philippe Gillet est accusé du meurtre d'Anaïs Guillaume et d'implication dans le décès de sa femme 

Le 3 avril 2019, à l'issue du premier procès de Philippe Gillet, l'accusé a été condamné à 22 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de la jeune femme de 21 ans. Stagiaire sur l'exploitation de l'agriculteur en 2011, Anaïs Guillaume a ensuite été son amante avant de disparaître dans la nuit du 16 au 17 avril 2013. Quelques jours plus tard, sa voiture était retrouvée brûlée à onze kilomètres de l'exploitation de Philippe Gillet, dans le bois de Chameleux en Belgique. Jusqu'au mois d'octobre 2019, le corps d'Anaïs était introuvable.

L'agriculteur ardennais était également poursuivi pour "violences volontaires sans intention de la donner" envers son épouse, Céline Gillet, décédée le 3 janvier 2012 sur l'exploitation à Fromy, écrasée par une vache. Acquitté en première instance, Philippe Gillet sera à nouveau jugé pour cette affaire. 

 

Le corps d'Anaïs Guillaume retrouvé en octobre 2019

Pendant six ans, Anaïs Guillaume était introuvable. Le procès de 2019 s'est donc déroulé alors que le mystère planait encore sur le sort d'une des deux victimes (à l'époque, Philippe Gillet affirmait qu'elle avait refait sa vie). Mais quelques mois après le verdict, les ossements de la victime sont retrouvés sous un tas de fumier sur la propriété de Philippe Gillet. C'est sa fille aînée, Victoria, qui s'est rendue sur les lieux avec un ami et a découvert les ossements. Quelques jours plus tôt, l'avocat de son père et la rédaction de l'Union recevaient un courrier innocentant Philippe Gillet. 

Un peu moins d'un an plus tard, en août 2020, Victoria avoue avoir agi sous l'influence de son père. Elle affirme que c'est elle qui a rédigé la lettre dictée par son père et l'a postée en Belgique. Cet épisode affaiblit considérablement la défense de Philippe Gillet, qui "continue de clamer son innocence depuis le fond de sa cellule", affirme son avocat, Ghislain Fay. "En première instance, on savait que le procès serait difficile, mais on y croyait, se souvient-il. Je ne vous cache pas que celui-là sera encore plus difficile."
 

La découverte du corps n'est pas le seul élément contre l'accusé 

En plus de la découverte du corps d'Anaïs Guillaume, deux éléments mettent en doute la parole de l'accusé. Le jour de la disparition d'Anaïs, Philippe Gillet a acheté 50 kg de chaux. Selon lui, cet achat avait pour but de nettoyer une partie de sa ferme. "Dans une discussion, il m'a dit que pour faire disparaître un corps, il suffisait de lui mettre de la chaux vive dessus", témoignait une ancienne amante de Philippe Gillet, à la barre.

Deuxième élément troublant : la téléphonie. La nuit de la disparition d'Anaïs, la carte sim de l'Ardennaise aurait été insérée dans le portable de Céline Gillet, l'épouse décédée, et celle de Céline Gillet dans le portable d'Anaïs. Les enquêteurs ont trouvé de l'ADN appartenant à Philippe Gillet sur les deux cartes sim. Selon eux, l'échange avait pour objectif de faire croire qu'Anaïs était toujours en vie, en simulant une conversation par SMS entre elle et l'accusé. Lui, affirme qu'il dormait et que c'est Anaïs qui a dû "se dépanner d'une panne de téléphone".

 

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