Élection de Trump : qu'en pensent nos voisins suisses et allemands ?

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Écrit par avec AFP

La victoire du candidat républicain Donald Trump à la présidentielle américaine est un scénario que peu d’observateurs avaient sérieusement envisagé. Aujourd’hui, beaucoup expriment leur inquiétude, bien au-delà des frontières américaines.

En France, mais aussi en Suisse et en Allemagne, le futur président des Etats-Unis est un personnage controversé.

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Élection de Trump : qu'en pensent nos voisins suisses et allemands ? ©France 3 Alsace


Donald Trump élu à la Maison-Blanche, onde de choc dans le monde


Donald Trump, dont l'élection surprise a fait l'effet d'une bombe, a tenté dès son premier discours de président élu d'atténuer l'immense onde de choc provoquée en Amérique et dans le monde par son triomphe électoral. Les centaines de partisans venus fêter avec lui sa victoire sur Hillary Clinton ont pu entendre un Donald trump au ton posé, au geste apaisé et porteur d'un message de réconciliation.

Si l'exercice est convenu pour tout président élu, il a surpris chez le milliardaire populiste, dont la violence du ton et des propos pendant la longue campagne ont contribué à fissurer un peu plus encore une société américaine déjà très divisée. Donald Trump a reçu un coup de téléphone de félicitation de Barack Obama qui la invité jeudi à la Maison-Blanche afin de préparer la transition, a annoncé la présidence américaine. Les formes et la tradition sont ainsi respectées. 

"Président de tous"

"Je m'engage à être le président de tous les Américains", a promis l'homme d'affaires de 70 ans. "L'heure est venue pour l'Amérique de panser les plaies de la division", a-t-il ajouté. Le choc du résultat - sans appel - a jeté les marchés dans la tourmente et précipité les investisseurs vers les valeurs refuge. Il a aussi semé le trouble dans nombre de capitales, l'ébauche de politique étrangère du candidat Trump ayant suscité plus de questions qu'elle n'a apporté de réponses.

Huit ans après l'élection de Barack Obama, qui devait marquer l'avènement d'une Amérique post-raciale, force est de constater que les électeurs américains ont
choisi un homme taxé de sexisme, de xénophobie, de mensonge, d'isolationisme et d'incompétence par ses adversaires. Ses partisans - des électeurs blancs souvent modestes - voient en lui l'homme au parler vrai, qui sait nommer les problèmes qui les affligent: chômage, déclassement  social, absence de reconnaissance, condescendance de l'establishment, ras-le-bol d'une certaine manière de faire de la politique et défenseur de leurs valeurs sociales conservatives.

Les "homologues" du président Trump ont eu des réactions mitigées. Pour le président français François Hollande, "cette élection américaine ouvre une période d'incertitude". La chancelière allemande Angela Merkel a averti qu'une future "coopération étroite" devrait se fonder sur les valeurs communes démocratiques et elle a rappelé au président élu sa "responsabilité" au niveau mondial.

En revanche, Vladimir Poutine l'a félicité et a dit espérer une amélioration des relations russo-américaines, très mal en point à cause de l'Ukraine ou de la Syrie. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont les relations avec l'administration Obama sont notoirement difficiles, s'est lui aussi félicité mercredi de l'élection de Donald Trump, "véritable ami de l'Etat d'Israël". Le président chinois Xi se dit "impatient" de travailler avec lui Sa victoire surprise est une gifle pour le président Obama qui avait joué de tout son charisme pour pousser la candidature de son ancienne secrétaire d'Etat.
 
Elle était la garantie de la continuité, là où M. Trump, fort d'une majorité au Congrès, a promis de démonter pièce par pièce l'édifice législatif de M. Obama. Un travail de démolition encore décuplé par le pouvoir qu'il aura, dans les prochaines années, de rendre la Cour suprême encore plus conservatrice. 

Colère et frustration 

Plus de 60% des Américains pensent que Donald Trump n'avait pas le caractère pour devenir président. Mais il a réussi à capter la colère et les frustrations d'une partie de l'électorat. Hillary Clinton a reconnu sa défaite dans un appel téléphonique à son rival mais n'a pas voulu paraître devant ses partisans réunis eux aussi à New York. Elle doit s'exprimer mercredi matin, selon l'une de ses collaboratrice. L'homme d'affaires, en qui personne ne croyait lorsqu'il a lancé sa candidature en juin 2015, n'a jamais occupé le moindre mandat électif mais a su lire mieux que quiconque la frustration d'une partie de la population et fabriquer sa propre marque de populisme.

Sans attendre la confirmation de sa victoire, la présidente du Front national (extrême droite française) Marine Le Pen a adressé mercredi matin sur Twitter ses "félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre". Le Britannique Nigel Farage, un des champions du Brexit, l'a aussi félicité sur Twitter. "Je passe le relais à Donald Trump", a-t-il écrit. "J'y ai toujours cru. Je pense que Donald Trump est un type très intelligent", jubilait Brendon Pena, 22 ans, supporteur de Trump, dans l'hôtel new-yorkais où l'équipe de campagne du milliardaire avait organisé "une fête de victoire".

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