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Grand Est : un hiver 2016-2017 particulièrement mortel pour les abeilles

430 apiculteurs ont répondu au questionnaire, concernant plus de 20 000 ruches / © MARTIN BUREAU / AFP
430 apiculteurs ont répondu au questionnaire, concernant plus de 20 000 ruches / © MARTIN BUREAU / AFP

Selon une enquête sur les colonies d’abeilles du Grand Est publiée fin novembre 2017 par la chambre d’agriculture d’Alsace, les insectes pollinisateurs ont souffert du réchauffement climatique et pour certains des frelons asiatiques.

Par Anouk Passelac

Pour les apiculteurs de la région Grand-Est, l’hiver 2016-2017 peut se résumer à « une saison calamiteuse et un hivernage difficile ». Ce sont les conclusions d’une enquête réalisée par l’association pour le développement de l’apiculture du Grand Est (ADAGE) et la Chambre d’agriculture de la région Alsace.

L’étude publiée le 20 novembre et intitulée, « Pertes hivernales 2016-2017 en Grand Est », s’étend pour la première année à la Champagne-Ardenne et à la Lorraine. L’Alsace, elle, participe à l’enquête depuis 2010. Cette année, 430 apiculteurs ont répondu au questionnaire, concernant plus de 20.000 ruches.

Selon les résultats de cette enquête, l’hiver dernier a été particulièrement rude. Le Grand Est a répertorié 24,4% de pertes hivernales. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis les cinq dernières années. La période hivernale, qui s’étend d’octobre à avril, est un moment délicat pour les colonies d’abeilles. Elles se mettent en semi-hibernation et doivent résister à des températures plus froides.

L’enquête différencie les « ruches mortes », où toute la population a été décimée, et les ruches « non-valeur », dont la population est soit touchée par une maladie, soit est anormalement faible:



L’Alsace est la région la plus touchée avec des pertes s’élevant à 26,4%, suivie par la Champagne-Ardenne et la Lorraine. A noter : le pourcentage très élevé de l’Alsace s’explique essentiellement par une participation plus grande des apiculteurs du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, qui répondent à l’enquête annuelle depuis 7 ans.



Frelon asiatique et changement climatique


Selon l’enquête, les apiculteurs de moins de 10 ruches sont les plus touchés par ces mauvais résultats. Les producteurs de plus de 100 ruches, eux, sont les plus épargnés.


Parmi les raisons de cette diminution de la population des abeilles, deux sont nouvelles : l’apparition du frelon asiatique, une première dans la région Grand-Est qui a touché 6 apiculteurs cette année. Surtout, les conditions météorologiques ont été désastreuses. Cette mauvaise météo a joué sur la production de miel de sapin, qui s’est produite tardivement, en total décalage avec les besoin des abeilles. Pour les rédacteurs de l’étude, il s’agit bien là d’une des conséquences visibles du changement climatique sur les insectes pollinisateurs.

Ces causes s'ajoutent aux fléaux habituels que sont le parasite Varroa, la baisse de la biodiversité et les pollutions environnementales comme les insecticides contenant des néonicotinoïdes. La population d'abeille au niveau régional, comme au niveau national et européen n'est donc pas prêt de se rétablir. Selon, Gilles Lanio, président de l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), le continent européen perd 30% de ses colonies d'abeilles par an.


Consultez l'enquête « Pertes hivernales 2016-2017 en Grand Est » ici:

Apiculture : le bilan enquetes pertes hivernales Grand Est 2017 by Aymeric Robert on Scribd

 


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