Grève à “L’Alsace” : pas d’édition papier mais des informations gratuites en ligne

Le journal l'Alsace est absent des kiosques ce jeudi 7 décembre. / © Vincent Lemiesle
Le journal l'Alsace est absent des kiosques ce jeudi 7 décembre. / © Vincent Lemiesle

La grève des employés de l'imprimerie du journal L'Alsace a débuté mercredi 6 décembre. Conséquence, vous ne trouverez pas de journaux en kiosque ce jeudi. En revanche, pas question de laisser les lecteurs sans informations. Le journal s’explique dans une version accessible en ligne. 

Par Marie Coulon

Fermer l’imprimerie mulhousienne de l’Alsace, c’était une volonté réaffirmée à maintes reprises par le Crédit Mutuel, actionnaire du journal depuis 2011. Finalement, le couperet est tombé hier mercredi 6 décembre. 70 emplois sont supprimés. En réaction à cette annonce, les services techniques du journal ont décidé de ne pas imprimer sa version papier ce jeudi.

Pas de quotidien en kiosque, mais des explications fournies sur internet


Pas question pour autant de sécher l’encre. Les différentes éditions du journal et les informations de ce jeudi 7 décembre sont accessibles en ligne, sur le site internet de l’Alsace… et c’est exceptionnellement gratuit. Au menu du jour, le décès de Johnny Hallyday qui plonge des milliers de fans dans la douleur, bien entendu, mais aussi des explications sur la crise qui secoue le quotidien. 



Voici une autre forme de peine, et de deuil, qui s'annonce pour les salariés du journal. A la page 42, il y a ce titre "L'Alsace tourne une page dans la douleur".

Le journal l'Alsace explique la crise qui le traverse à ses lecteurs
Le journal l'Alsace explique la crise qui le traverse à ses lecteurs

Dans cet article, le journal revient sur la réunion qui s’est déroulée hier mercredi 6 décembre, entre les salariés de l’imprimerie et  Philippe Carli, responsable des journaux du Crédit Mutuel. Réunion au cours de laquelle, ce dernier a confirmé son intention de fermer le centre d’impression de l’Alsace  à Mulhouse, entraînant la suppression de 70 emplois. Une mesure qui devrait permettre d’économiser 6 millions d’euros par an et d’enrayer les 13 millions annuel de déficit pour les deux publications. Un choix difficile qui « s’accompagne d’une stratégie de développement et de modernisation ». "Philippe Carli promet des investissements et, pour la première fois depuis longtemps, des embauches, pour accompagner une modernisation des métiers. Dès 2018, les entreprises seront amenées à se réorganiser pour privilégier le numérique, dans la production d’articles comme dans la vente. Cette orientation, baptisée « digital first », n’est pas censée nuire au journal papier, dont la disparition éventuelle n’est pas programmée" peut-on lire.

La colère et l'inquiétude des ouvriers du livre à lire dans les pages de l'Alsace
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La publication revient aussi sur les craintes d’une mutualisation des contenus rédactionnels avec le journal « les Dernières Nouvelles d’Alsace », également propriété du Crédit Mutuel, et qui devrait imprimer dès le second semestre 2018 les exemplaires de L’Alsace.

En effet, certains contenus des deux journaux sont déjà partagés. Les articles des pages nationales et internationales sont communs et rédigés par les journalistes de l'agence de presse parisienne "Euro information", une filiale du Crédit Mutuel. En Alsace, un rapprochement existe dans les villes où les deux titres sont présents. Les pages locales sont les mêmes. "Certaines rédactions des DNA et de L'Alsace cohabitent sous le même toit", explique une déléguée du personnel. "Depuis février 2017, les journalistes se répartissent les reportages de l'agenda quotidien". C'est aussi le cas à Saint-Louis et Thann depuis quelques années. Lors des dernières campagnes présidentielles et législatives, on pouvait lire les articles des journalistes politiques dans les deux journaux et depuis lundi, c'est au tour des pages "Sports" de publier un contenu très proche.

Cependant, malgré le nouveau regroupement des centres d’impression des deux quotidiens annoncé hier mercredi 6 décembre, leur identité et leur avenir seraient préservés. « Ce nouveau mode de fonctionnement reste à affiner, les équipes doivent apprendre à collaborer, des barrières mentales doivent tomber. Comme Philippe Carli s’y est engagé, chacun des deux titres – qui resteront juridiquement indépendants – doit néanmoins conserver son identité. Le partage des ressources et des contenus est présenté comme un moyen de pérenniser et de renforcer les journaux, et non une volonté de les uniformiser, ou de supprimer l’un des deux. Libre à chacun de traiter les sujets à sa manière et de « piocher » dans le pot commun, en fonction de sa ligne éditoriale et de son point de vue – plus haut-rhinois dans le cas de L’Alsace , plus bas-rhinois dans celui des DNA. Il revient aux directions respectives des journaux de trouver le mode de fonctionnement propre à maintenir cette distinction » lit-on.


Mulhouse et le Grand-Est en soutien


En attendant, dans leur combat, les employés des rotatives peuvent compter sur le soutien du Grand-Est, de la ville de Mulhouse ainsi que de Mulhouse Alsace Agglomération qui ont écrit une lettre commune aux dirigeants de L'Alsace. Ils évoquent leur préoccupation "face à la perte de 70 emplois pour notre territoire" et demeurent en attente "du contenu du plan social qui permette une issue à chaque salarié".

Les politiques alsaciens mentionnent une possible création "d'un Institut de recherche et développement autour de la presse numérique, de sa composante jeunesse mais aussi de l'Intelligence Artificielle". Un souhait, partagé par les patrons de L'Alsace, qui voudrait faire de Mulhouse " l'épicentre du virage du groupe vers une transformation numérique".


Un soutien qui « fait du bien » selon Brahim Bouchareb, Délégué syndical à l’Alsace. « C’est quelque chose de positif. Y a des élus qui s’impliquent et on les remercie. M. Carli va devoir leur rendre des comptes et maintenant on attend la suite ».

Les ouvriers du livre décideront ce jeudi soir 22h30 s'ils poursuivrent ou non leur grève. 

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