Haut-Rhin : Pokaa, premier chien de France détecteur de Covid en Ehpad, accomplit sa mission à Kunheim

Pokaa, un golden retriever de 2 ans, est le premier chien de France renifleur de Covid en Ehpad. Il effectue son travail à la maison de retraite de Kunheim depuis le lundi 26 juillet. Objectif : détecter les asymptomatiques pour prévenir les futures contaminations.
Pokaa participe également à d'autres activités au sein de la maison de retraite La Roselière.
Pokaa participe également à d'autres activités au sein de la maison de retraite La Roselière. © Robert Kohler

On dit souvent que le chien est le meilleur ami de l’homme. Cette formule est d’autant plus vraie à l’Ehpad de La Roselière à Kunheim (Haut-Rhin). Pokaa, un golden retriever de 2 ans, vient y détecter le Covid depuis le 26 juillet. Le directeur de l’établissement, Robert Kohler, a prévu de faire des prélèvements tous les quinze jours. "Le chien a besoin de s’entraîner au moins une fois toutes les deux semaines pour ne pas perdre ses capacités à détecter le Covid, il doit être en contact avec un échantillon positif pour cela."

Au-delà d'entraîner Pokaa, ces tests serviront à réaliser "une cartographie de la situation sanitaire dans l’établissement", explique le directeur. "La semaine dernière, l’un de nos employés a été testé positif suite à un test PCR alors qu’il avait reçu les deux doses de vaccin et qu’il avait contracté le Covid dans les six derniers mois. Donc le chien va nous permettre de mieux repérer les personnes asymptomatiques."

Pokaa a été sélectionné par l'association Handi’chien pour cette mission. "On l'a choisi en se basant sur ses qualités comportementales et pour son attrait olfactif" explique Benoît Seewald, responsable du centre de formation alsacien. Après quatre semaines d'entraînement, Pokaa se plie à une méthode bien précise. Celle initiée par l’Ecole nationale vétérinaire de Maison Alfort Alfort, conformément au protocole élaboré par le professeur Grandjean. "On lui a appris à distinguer l'odeur du Covid de celles corporelles", raconte son éducatrice Christelle Schreiber.

Pokaa s'entraîne avec Christelle Schreiber, son éducatrice à détecter le Covid-19.
Pokaa s'entraîne avec Christelle Schreiber, son éducatrice à détecter le Covid-19. © Alain Legrand

N'importe quel chien ne peut pas réussir à détecter le virus. Christelle Schreiber évoque notamment l'importance de la forme du nez. Impossible par exemple pour un boxer de détecter le Covid, la forme du nez écrasé modifie son sens olfactif. 

Autre détail important, le chien doit vouloir travailler. "Si on a affaire à un chien qui préfère dormir, ça va être compliqué. Il faut que la motivation première du chien soit d'être actif", précise l'éducatrice. Pokaa fait apparemment partie de cette catégorie, puisqu'il serait capable de renifler le Covid environ quatre heures par jour. "Après, nous ne sommes qu'au début donc il faut voir une fois qu'il sera habitué au matériel de l'Ehpad ce que cela donnera."


Le canidé renifle de la sueur humaine pour détecter le virus. "Nous passons pendant une minute un morceau de coton sous les aisselles de la personne qui doit être testée. Ensuite, on la place dans une boîte métallique avec un grillage", détaille Robert Kohler. La suite est très simple, le chien renifle le coton à travers la grille. Si c’est positif au Covid, "il se met assis et attend". Si ça n’est pas le cas, il ne fait rien de spécial. Le responsable de l’établissement raconte que Pokaa est alors récompensé oralement.

Efficace sans être trop invasif

Selon Robert Kohler, le taux de fiabilité est estimé à 95%. De plus, il garantit l'absence d'un risque de contamination. "Nous faisons les prélèvements de sueur avec des gants donc on ne risque rien. On ne risque pas non plus de fausser le résultat puisque grâce aux précautions que nous prenons, l’échantillon n’est pas imprégné de notre odeur." De son côté, l'éducatrice assure que "le chien ne se trompe jamais sur les cas positifs mais cela peut arriver avec des négatifs qui se révèlent être parfois des faux négatifs."

L’établissement, qui compte 115 résidents et une centaine d’employés, a connu plusieurs décès l’an dernier, au plus fort de l’épidémie."On faisait beaucoup de tests PCR et je peux vous dire que sur les résidents atteints d’Alzheimer c’est très compliqué. Parfois il faut être à trois pour le faire et surtout ils ne comprennent pas ce qu’on leur fait. Ils trouvent cela trop intrusif", témoigne Benoît Seewald.

L'association possède plusieurs chiens qui participent déjà à la vie dans des Ehpad. Pour Benoît Seewald, l’objectif est d’apprendre à d’autres chiens, comme Pokaa, à détecter le Covid pour faciliter la gestion de l’épidémie dans ces structures. Même si 95% des résidents et 85% des employés de La Roselière sont vaccinés, l’établissement ne veut surtout pas lâcher du lest. "On ne sait pas ce que ça va donner", confie Robert Kohler en parlant de la progression du variant Delta.

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