Colmar : démarrage chaotique pour la campagne des municipales sur fond de faux sondage

La dolce vita colmarienne avec la petite Venise abrite des jeux politiques parfois retors / © Aurélie Lagain / MaxPPP
La dolce vita colmarienne avec la petite Venise abrite des jeux politiques parfois retors / © Aurélie Lagain / MaxPPP

Depuis dimanche 29 septembre, la scène politique colmarienne ne parle que de cela : mais qui a bien pu diffuser ce faux sondage sur les résultats des municipales? Bref, à qui profite le crime? La campagne démarre donc avec une sordide affaire de faux, voilà qui promet.

Par Anne-Laure Marie

Le "sondage" a commencé à circuler dimanche en fin d'après-midi dans les cercles politiques colmariens. Il est question de la situation politique à Colmar en vue des municipales de 2020 et des intentions de vote au premier tour concernant sept candidats déclarés ou potentiels. Sauf que ce sondage est un faux. "Même si le logo est flouté, on reconnaît notre charte graphique, explique très mécontent Frédéric Micheau, directeur du département opinion chez OpinionWay, le prétendu exécuteur du prétendu sondage. C'est une usurpation d'image et d'identité, nous n'avons réalisé aucune étude à Colmar, martèle-t-il.

C'est un faux grossier, cela se voit au fait que les chiffres diffusés comportent des décimales. Or nous n'utilisons jamais de décimales dans nos sondages, ajoute Frédéric Micheau. C'est très préjudiciable pour notre image et nous nous réservons le droit de porter plainte"
 

A qui profite le crime

D'autant plus que diffuser des faux sondages est rarissime. "C'était courant dans les années 1970, c'est pour cela qu'une commission des sondages a été mise en place en 1977, pour assainir des pratiques qui relèvent de la tentative d'intoxication et elle fait plutôt bien son travail puisqu'il n'y en a quasi plus", explique encore Frédéric Micheau. Sauf à Colmar visiblement. Et tous les regards se tournent vers Tristan Denéchaud, candidat MoDem, crédité dans ce faux sondage, d'un score deux fois plus élevé que celui de Stéphanie Villemin, candidate LaREM.

Tristan Denéchaud qui dément formellement. "En réalité, je suis la première victime de cette affaire parce qu'on me fait passer pour un magouilleur, alors oui, j'espère qu'il y aura enquête pour être blanchi et qu'on ne parle plus de cela. Après, si on cherche à m'atteindre, c'est peut-être que je fais peur. Enfin je suis en contact régulier avec Stéphanie Villemin et donc ceux qui espéraient nous froisser avec cette histoire en sont pour leur frais." La campagne des municipales à Colmar ne pouvaient pas démarrer sous de meilleures auspices.

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