Coronavirus : Jean Rottner, président du Grand Est suggère un reconfinement localisé et adapté

Le président de la région Grand Est, Jean Rottner lance une alerte sur la situation sanitaire qu'il juge alarmante. Dans un tweet diffusé le 25 octobre, il propose de discuter des solutions envisageables plutôt que de laisser s'intaller tous les phantasmes possibles.

Jean Rottner s'exprime sur France 3 Alsace, ce lundi 26 octobre, à propos de la  situation sanitaire qu'il juge très préoccupante.
Jean Rottner s'exprime sur France 3 Alsace, ce lundi 26 octobre, à propos de la situation sanitaire qu'il juge très préoccupante. © Eric Kleinhoffer, France Télévision

Jean Rottner, président de la région Grand Est, a bien voulu répondre aux questions de France 3 Alsace sur la situation sanitaire. Dans un tweet posté dans la soirée du 25 octobre, il préconise de discuter des solutions possibles avant d'en venir au reconfinement.

Est-ce qu’un reconfinement est inévitable ?

Je ne peux pas m’empêcher d’être un peu médecin, au-delà d’être président de la région, et quand on est médecin et qu’on voit immanquablement les chiffres progresser, ils parlent d’eux-mêmes et aujourd’hui c’est assez terrible ce qu’on découvre. On découvre qu’on est à plus de mille morts par semaine dans ce pays et qu’on est à 50.000 nouveaux cas positifs officiellement dimanche. Le président du conseil scientifique déclare ce 26 octobre qu’on est plutôt du côté des 100.000. Il y a donc une alerte et l’alerte pour moi, c’est de dire que si le reconfinement est envisagé par le gouvernement, il faut qu’il soit discuté, il faut qu’il soit expliqué, il faut qu’il soit peut-être non pas généralisé mais localisé à certains territoires.

C’est ce que vous appelez le reconfinement adapté ?

Le reconfinement adapté, oui, parce que le reconfinement général, c’est tuer l’économie qui n’arriverait pas à se relever. Il faut donc qu’on le fasse tout en finesse et pour cela il faut discuter avec les élus locaux, les chambres de commerce, les chambres d’artisanat, avec certains  professionnels qui ont été particulièrement touchés : les restaurateurs , les indépendants, les forains affectés par l’annulation des marchés de Noël. Il faut entendre ces gens : ils sont inquiets pour leur avenir, pour leur fin de mois. L’élu que je suis a lancé hier une alerte disant "prenons le temps de discuter, n’attendons pas la fin des effets possibles du couvre-feu mais discutons avant", c’est normal et c’est légitime.
   

Quelle est la situation des hôpitaux alsaciens ?

La situation en Alsace est encore contenue à l’exception du Bas-Rhin où on commence à sentir une tension dans les services de réanimation mais c’est encore maîtrisé. Dans les hôpitaux haut-rhinois, à Mulhouse, il n’y avait en fin de semaine encore que 35 personnes hospitalisées pour cas de Covid-19 et 5 en réanimation. Mais les chiffres et les courbes sont impressionnantes, elles montent quasi verticalement. C’est ça qui est inquiétant et qu’il faut arriver à casser et donc là il faut que nous nous prenions collectivement en charge.

Est-ce qu’il aurait fallu des restrictions plus dures cet été ?

Je crois qu’il ne faut pas opposer les populations, les seniors et les jeunes, ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, il faut que collectivement on soit conscient que nous sommes responsables les uns des autres. C’est le message depuis de nombreux mois mais aujourd’hui il faut aller au-delà : diminuer nos liens sociaux c’est quelque chose d’indispensable, aller plus loin peut-être dans le télétravail et puis soutenir le personnel soignant à l’hôpital, c’est grâce à eux que nous nous en sortirons.
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