Des milliers de contrefaçons saisies dans un garage, "l'argent irrigue ensuite une criminalité plus grave avec du trafic d'armes, du terrorisme"

Les douanes ont saisi 2 000 articles de contrefaçon le 25 avril dans un garage de Mulhouse transformé en lieu de vente. Leur valeur sur le marché de l'authentique est estimée à 260 000 euros.

Le 25 avril, une importante saisie de contrefaçon a été réalisée dans le quartier de Bourtzwiller à Mulhouse. Placé en garde à vue, le vendeur a reconnu les faits. Il devrait être jugé cet automne. Il encourt jusqu'à trois ans de prison et une amende de deux fois la valeur de la marchandise saisie. Sophie Gaudin, cheffe divisionnaire des douanes de Mulhouse, a expliqué à notre équipe de reportage le déroulement de l'opération et le fonctionnement de ces organisations de fraude de plus en plus courantes.

Comment a débuté l'opération ?

"C'est une affaire particulièrement intéressante qui a commencé par une intervention de la police nationale de Mulhouse. Au cours d'un contrôle, elle a remarqué à proximité d'une résidence des allers et venues de personne transportant des sacs de marques. Et à l'intérieur de cette résidence, les policiers ont découvert un show-room rempli d'articles de contrefaçon. La police nous a sollicité pour que l'une de nos brigades intervienne et puisse prendre en charge l'ensemble des marchandises et dérouler la procédure douanière de saisie."

Mes collègues, après avoir pris en charge les marchandises, ont poussé des investigations au domicile des personnes mises en cause. Et à leur domicile, dans une cave, ils ont découvert des produits sur lesquels nous travaillons activement : du tabac de contrebande, du tabac à narguilé, et ils ont saisi 240 kilos de ce tabac en provenance de Turquie. En tout, plus de 2000 articles de contrefaçon très divers ont été saisis, des chaussures, des baskets et vêtement, quelques montres et des articles de maroquinerie de grandes marques (Nike, Gucci, Dior, Vuitton). Leur valeur sur le marché de l'authentique est de 260 000 euros."

Vous croisez de plus en plus fréquemment ce genre de commerce ?

"Ce type de commerce se développe effectivement. Il consiste à avoir un stock dans un showroom et à associer via des applications via les réseaux sociaux une vente en ligne. Donc il y a vraiment une professionnalisation des organisations de fraude qui permettent à des acheteurs de passer des commandes sur Internet, de venir les récupérer sur le lieu du showroom ou de se les faire livrer à domicile.

On a une offre pléthorique sur internet de produits de contrefaçon, de tabac et également de stupéfiants. La douane travaille activement à développer ses moyens d'investigation sur internet pour que nous puissions identifier ces lieux de stockage, intervenir, saisir les marchandises et développer des investigations pour remonter les filières et trouver les vendeurs qui sont souvent en région parisienne. Ce qui nous intéresse, c'est de démanteler les réseaux."

Comment fonctionnent ces organisations de fraude ?

"Elles sont multicartes. Ici, on avait des contrefaçons et aussi du tabac qui sont des produits extrêmement lucratifs. Ils rapportent beaucoup de ressources aux organisations de fraudes. Cela irrigue ensuite une criminalité encore plus grave avec du trafic d'armes, du terrorisme. Donc il y a vraiment un intérêt à travailler pour couper le flux financier qui alimente les organisations de fraude à travers des premiers trafics comme celui-ci."

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