Haut-Rhin : suicide d'un détenu au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach

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Écrit par Michael Martin

L'administration pénitentiaire a confirmé le suicide d'un homme détenu de la prison de Lutterbach, survenu mercredi 23 mars au soir. Il était arrivé dans l'établissement quelques heures auparavant.

Un détenu s'est suicidé mercredi 23 mars 2022, au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach (Haut-Rhin). Les faits se sont produits dans la soirée, quelques heures après que ce détenu, un homme d'environ 45 ans, soit arrivé dans l'établissement. Il a été retrouvé inanimé dans sa cellule, sans doute lors de la première ronde de la nuit. Il est mort malgré les gestes de premiers secours administrés.

Selon nos sources, l'homme a été écroué dans l'établissement pénitentiaire peu avant 18h, mercredi 23 mars. Il venait d'être jugé en première instance par la cour d'assises du Haut-Rhin, condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour "torture ou acte de barbarie par personne ayant été le conjoint". "C'est un homme qui clamait son innocence et qui n'a pas accepté la condamnation, explique son avocate, Me Sendegul Aras. Il a déclaré qu'il allait se donner la mort à la sortie du délibéré".

La défense a fait appel de la décision immédiatement. L'affaire était jugée à Colmar du 21 au 23 mars 2022. En 2017, la conjointe a porté plainte contre cet homme. Ils venaient de se séparer. Elle l'accuse de l'avoir brûlée avec un diluant à peinture, et avait passé trois mois dans le coma. Ces faits remontent à 2014, trois ans avant la plainte, et s'étaient déroulés à Mulhouse. "La justice, c'est entendre les deux paroles, et non se faire emporter par la politique actuelle où la parole de la femme prime sur celle de l'homme ", dénonce l'avocate de la défense.

119 suicides en prison en 2020

Le détenu s'est suicidé dans sa cellule, dans le quartier des arrivants, un lieu où le profil du détenu est étudié avant de l'orienter dans les autres quartiers de la prison. "C'est toujours un drame pour les agents pénitentiaires, affirme Jean-Claude Roussy, secrétaire général de l'Ufap-Unsa Justice au niveau régional. Ce sont des choses marquantes dans une carrière." La majorité des cas de suicide en prison surviennent "lors de l'arrivée, à l'approche d'un jugement ou d'une fin de peine". En France en 2020, 119 personnes incarcérées sont mortes par suicide, selon l'Observatoire international des prisons.

Dans la nuit, la famille du détenu est venue devant l'établissement pour manifester sa colère. L'intervention de la gendarmerie a été nécessaire pour leur faire quitter les lieux.

Ce suicide survient quatre mois après la mise en service du centre pénitentiaire, le 10 novembre 2021. L'établissement avait accueilli ses 350 premiers détenus lors d'un transfèrement dans la nuit du 9 au 10 novembre. Ils provenaient de la maison d'arrêt de Mulhouse.

En février 2021, les syndicats avaient critiqué la gestion de la prison dans une lettre ouverte au ministre de la Justice. "Les difficultés rencontrées au moment de la mise en service sont les mêmes aujourd'hui. On a aujourd'hui 450 détenus. L'établissement est prévu pour en accueillir un petit peu moins de 700. On a déjà des agressions, des difficultés à gérer cette population pénale", expliquait Jean-Claude Roussy, de l'Ufap-Unsa Justice.