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EN IMAGES - Mulhouse : on a testé les pistes cyclables... à nos risques et périls

Cherchez l'erreur... / © Vincent Lemiesle
Cherchez l'erreur... / © Vincent Lemiesle

La ville de Mulhouse est labellisée "Territoire vélo" depuis 2013. La garantie d'un réseau performant pour le cyclotouriste de passage mais qu'en est-il pour l'usager qui utilise quotidiennement son vélo pour se déplacer en ville ? On a expérimenté pour vous les aménagements cyclables mulhousiens.

Par vincent.lemiesle

Mulhouse Alsace Agglomération, la M2A, a mis en place des services et des équipements dédiés au vélo comme, par exemple, le compte mobilité, les vélos en libre service, les arceaux ou les parcs à vélos. L'agglomération mulhousienne compte aujourd'hui plus de 360 kilomètres d'aménagements cyclables dont 110 intra-muros. En 2018, la M2A est la seule collectivité alsacienne, avec celle de Guebwiller, à être labellisée "Territoire vélo" , titre décerné par la fédération française de cyclotourisme. Tout irait pour le mieux donc, dans le meilleur des mondes.
 
Mais derrière cette façade idyllique, la réalité du cycliste urbain, qui pratique quotidiennement le vélo, est-elle aussi rose ? Enfourcher son vélo plutôt que de prendre sa voiture pour aller au travail ou faire ses courses, le choix est-il toujours possible? Malgré le règne tout puissant de l'automobile, quelques indices montrent que le vélo arrive, quand même, à se tailler un peu plus de place chaque année.
 

Des chiffres encourageants?

C'est ce que révèle par exemple ce compteur à vélo, installé en septembre 2016 avenue Stoessel, qui a enregistré sur deux années consécutives une hausse de 5% du nombre de passages.
Compteur à vélo installé Avenue Stoessel / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
Compteur à vélo installé Avenue Stoessel / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace

Autre indice: le nombre d'utilisateurs de Vélocité, les vélos en libre service, qui a augmenté de 60% depuis 2010.

La progression de la part du vélo en ville peut-elle amener, demain, Mulhouse au même niveau que celui des villes d'Europe du nord ou de ses voisines allemandes ou suisses ? On peut toujours rêver, mais la réalité est qu'aujourd'hui le vélo ne représente que 3% des déplacements alors qu'à Bâle, par exemple, le taux est de 16% et de 25% à Amsterdam. La marge d'évolution est donc considérable. D'autant que parmi ces 110 km d'aménagements cyclables le pire et le meilleur se côtoient. Nous avons pointé pour vous les quelques aberrations et autres points noirs du réseau, histoire d'appuyer là où ça fait mal.  


Démonstration par l'image

Ici, rue Gay-Lussac, le passage doit obligatoirement se faire en deux temps: les deux feux "piétons-cyclistes" ne passent pas au vert en même temps. Pour un vélo simple la position n'est pas des plus confortables vu l'étroitesse de l'îlot. Mais pour un vélo à remorque ou un tandem, le passage est tout bonnement impossible. A moins d'attendre le passage d'un tram, chronophage, ou de stationner dans le sens de la longueur, pour les forts en créneau...
Un îlot très étroit: les vélos avec une remorque ne peuvent y stationner / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
Un îlot très étroit: les vélos avec une remorque ne peuvent y stationner / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
 
Un peu plus loin, la piste cyclable, qui longeait jusque-là le tram en site propre, fusionne avec le quai de la station "Porte-Haute" qu'il faut traverser de bout en bout. Si vous avez le malheur de synchroniser votre passage avec l'arrivée d'un tram, l'exercice devient acrobatique, voire périlleux.
En poussant vers le centre par la rue de l'Arsenal, si vous avez passé avec succès l'épreuve de la station de tram précédente, la piste s'évapore sans crier gare et vous partagez désormais votre espace avec celui des piétons dans un sentiment de promiscuité inconfortable. Mieux vaut finir à pied, se disent certains...
Rue de l'Arsenal, certains ont lâché l'affaire et préfèrent finir à pied. / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace
Rue de l'Arsenal, certains ont lâché l'affaire et préfèrent finir à pied. / © Vincent Lemiesle, France 3 Alsace

Pour les plus téméraires, les pistes cyclables à contre-sens sont un bon exercice de sang-froid et de maîtrise de soi ainsi qu'un bon test pour évaluer l'attention des automobilistes. Allez savoir pourquoi, il y en a qui préfèrent rouler sur le trottoir.
Voies à contre-sens: à vos risques et périls / © Vincent Lemiesle
Voies à contre-sens: à vos risques et périls / © Vincent Lemiesle
 
Avenue de Colmar: à gauche, terrasses de café et camionnettes de livraison, au centre, une piste cyclable (entre les deux bandes) et à droite, les voies du tram. L'exercice, ici, consiste à trouver une petite place sur l'étroit passage restant tout en prenant garde au tram qui viendrait à passer.
Un cas de figure intéressant rue de Bâle: la piste cyclable quitte la chaussée pour rejoindre le trottoir qu'il faut partager avec les piétons. Si possible.
Vous pouvez toujours essayer de passer à gauche... / © Vincent Lemiesle
Vous pouvez toujours essayer de passer à gauche... / © Vincent Lemiesle
 
Au croisement Pasteur-Salengro, la piste cyclable devient aussi large que la voie dédiée aux voitures. C'est bien. Sauf que du coup les automobilistes en profitent pour rouler dessus. C'est d'autant plus ennuyeux que cyclistes et automobilistes doivent se croiser pour rejoindre leur voie respective. Aux feux, les cyclistes partent de la droite pour aller à gauche, les automobilistes, eux, font l'inverse... Simple, non?
  
Des pistes cyclables qui finissent en eau de boudin, comme ici rue des Tanneurs, le chemin de croix du cycliste mulhousien.
Au-delà de cette limite, le cycliste est invité à faire preuve de créativité. / © Vincent Lemiesle
Au-delà de cette limite, le cycliste est invité à faire preuve de créativité. / © Vincent Lemiesle

Une petite dernière pour la route avec ce panneau retouché par l'artiste de street-art Clet Abraham, rue des Tanneurs. Vous voyez un cycliste porter sa croix ? C'est que vous avez l'esprit pas si mal tourné que ça.
A vos risques et périls / © Vincent Lemiesle
A vos risques et périls / © Vincent Lemiesle

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