L'association d'insertion les Jardins d'Icare, au bord du gouffre financier, se bat pour survivre

L'association d'insertion par le maraîchage basée à Sentheim (Haut-Rhin), les Jardins d'Icare, lourdement endettée, risque la liquidation judiciaire. Pour tenter de sauver la structure, qui, après plus de 25 saisons, a embauché et formé près d'un millier de personnes éloignées de l'emploi, la présidente lance un appel aux dons via une cagnotte en ligne.

C'est un rendez-vous saisonnier à ne pas manquer, dans le secteur de Sentheim (Haut-Rhin), pour tous ceux qui veulent faire repartir leur potager d'un bon pied. Comme tous les ans, au printemps, l'association les Jardins d'Icare met en vente un assortiment de plants en tous genres : tomates, basilics, persil et autres verdures. Il y en a pour tous les goûts.

Sous la serre, où se pressent de nombreux clients, cagette sous le bras, l'ambiance monte vite en température. Cette chaude ambiance n'est, pour autant, pas tout à fait à la fête. 

La nouvelle présidente de l'association, Violette Mahler, y met de sa personne en venant directement au contact des clients pour alerter sur la situation de la structure. Une situation jugée catastrophique mais non désespérée.  "Icare risque de fermer sous peu. Nous avons de grosses difficultés financières. Nous avons mis une cagnotte en ligne, si chacun donne 10 ou 20 euros, on  y arrivera peut-être".

Icare, rappelle la présidente, est une association dont la vocation est de réinsérer, par le maraîchage, des personnes éloignées de l'emploi, "des cabossés de la vie qui viennent de partout". Ce peut être, par exemple, des bénéficiaires de minimas sociaux qui n’ont pas travaillé depuis plusieurs années ou une maman qui a pris un congé maternité trop long et qui a du mal à reprendre une activité. "Pendant deux ans, l’idée est de leur remettre les pieds à l’étrier grâce à notre activité de maraîchage, pour progressivement leur faire regagner confiance", précise Laura Lerch, la coordinatrice générale.

On a la possibilité de faire des formations, de trouver notre chemin.

Valbona Kallari, salariée en insertion

Valbona Kallari, elle, a été embauchée, il y a un peu plus d'un an. Quand elle est arrivée d'Albanie, son pays natal, elle ne parlait pas français. Aujourd'hui elle se débrouille et entrevoit des perspectives. "J’ai encore du mal à parler, on a la possibilité de faire des formations, de trouver notre chemin, ça nous aide beaucoup. J’ai appris à faire des semis, des plantations, on prépare des paniers pour les adhérents, on fait un peu de tout. C’est très important pour nous, les étrangers, c’est un tremplin pour trouver un travail".

Comme Valbona Kallari, la structure emploie, à ce jour, une cinquantaine de salariés. Trente-huit en parcours d’insertion et neuf permanents. Près de 1000 personnes ont été accompagnées depuis 1995, date à laquelle a été créée l'association. L'utilité sociale des Jardins d'Icare est ainsi largement reconnue. Tout comme la qualité des légumes vendus sous forme d'abonnement ou au marché. 

Nous avons pris presqu’un an pour faire un état des lieux précis.

Violette Mahler, présidente de l'association les Jardins d'Icare

Mais aujourd'hui Icare traverse une zone de turbulences. La structure doit porter les dettes du passé, une lourde charge de quelque 200.000 euros. Un legs dont se serait bien passé Violette Mahler quand elle repris la présidence en 2022. "Nous avons pris presqu’un an pour faire un état des lieux précis. On se rend compte qu’on est sur le fil rouge. Si on ne trouve pas suffisamment de dons, Icare risque de fermer avant l’automne".

Pourtant, la structure est viable et bénéficie du soutien des collectivités locales. "Sans dette, elle pourrait être auto-suffisante. Comme à ses débuts et jusque dans les années 2010", fait remarquer Violette Mahler. Alors, pour espérer retrouver l'équilibre et poursuivre ses activités, elle fait appel à la générosité des citoyens.

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