Retrait du Mali : le Mulhousien, Jean-Marie Bockel, ancien ministre de la Défense, évoque "un sentiment de gâchis"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Vincent Lemiesle .

Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 17 février le retrait des troupes françaises au Mali. Le Mulhousien, Jean-Marie Bockel, ancien ministre de la Défense, a perdu son fils en 2019 au Mali. Il réagit à ce retrait en répondant à nos questions.

L'armée française se retire du Mali après neuf ans de lutte antijihadiste. Emmanuel Macron l'a annoncé ce jeudi 17 février alors que 53 soldats sont morts sur le terrain.

Le Mulhousien Jean-Marie Bockel, ancien ministre de la Défense, a perdu son fils, Pierre, en 2019, au Mali, dans le cadre d'une mission de l'opération Barkhane. Il était lieutenant au 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau. Jean-Marie Bockel répond à France 3 Alsace. 

Quelle a été votre réaction à l'annonce d'Emmanuel Macron ?

JMB : Chaque fois qu’il y a un événement ou une annonce concernant le Mali, cela ravive évidemment notre peine, notre souffrance et c’est un moment toujours très dur. Donc nous avons un sentiment de gâchis et en même temps nous avons conscience que cette décision était inéluctable.

Pour être présent dans un pays, pour l’aider face à une menace qui les concerne mais qui nous concerne aussi - la menace djihadiste - il faut être deux. C’était possible après le sommet de Pau, il y a deux ans, où j’étais convié par le président. Il y avait une grande espérance après ce sommet du G5. Tous les pays s’étaient engagés avec les partenaires, avec la France, avec les Européens, non seulement sur la reconstruction de la sécurité, de l’Etat, car souvent il n’y a plus d’Etat, mais aussi sur le développement au service de cette jeunesse africaine.

Et puis depuis quelque temps les choses se sont délitées, après le coup d’Etat. Je suis allé plusieurs fois au Mali. Il y avait d’abord un premier président de la transition, un homme de bonne volonté avec qui on pouvait travailler. Ensuite cette junte, avec qui on ne peut plus dialoguer.

Est-ce que vous comprenez cette décision, n’est-elle pas vécue un peu comme un échec ?

JMB : En tout cas ce n’est pas un échec de l’armée française qui a fait son travail. L’ensemble des interlocuteurs français, que ce soient les diplomates, que ce soient les acteurs du développement, les ONG, que ce soit le travail politique du partenariat qui s’est créé, nous avons fait de notre mieux.

Et si échec il doit y avoir, il est essentiellement imputable à cette junte qui a préféré des chimères, des milices Wagner.

On aurait pu faire autrement selon vous ?

JMB : C’est toujours facile de dire après coup ce qu’on aurait pu faire. Je pense que nous avons fait de notre mieux. Mais quand on n’a plus d’interlocuteurs, ça devient très difficile de continuer à bâtir quelque chose ensemble. Nous ne pouvions pas rester.

Je comprends cette décision mais je veux garder l’espoir. Il faut garder les fils du dialogue. Il y a beaucoup de Maliens qui espèrent que nous pourrons renouer le contact.

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