Un million d'euros de dégâts causés par les corbeaux en 2023 dans le sud Alsace, les agriculteurs n'en peuvent plus

Les agriculteurs haut-rhinois ne veulent plus de corbeaux dans leurs champs. En 2023, les corvidés ont causé plus d'un million d'euros de dégâts rien que pour les semis de maïs, selon les remontées collectées par les syndicats agricoles. Ils préconisent des actions de régulation de la population de corvidés plus efficaces, comme le tir ou la destruction des œufs.

Trop, c'est trop. Les corvidés, corbeaux freux et corneilles, ne sont plus les bienvenus dans les campagnes du sud Alsace. Selon les syndicats agricoles haut-rhinois, FDSEA 68 et Jeunes Agriculteurs, les volatiles auraient causé pour plus d'un million d'euros de dégâts dans les parcelles en 2023. Et encore, ce chiffre ne concerne que les semis de maïs dont raffole cette espèce.

C'est du moins ce qu'annoncent les agriculteurs dans un communiqué du 8 février. Ne sont pas comptées les autres cultures comme les légumes, les plants de salade et les jeunes blés auxquels s'attaquent aussi volontiers les corbeaux. Un chiffre, donc, largement en dessous de la réalité, selon Florent Pierrel, le président des Jeunes Agriculteurs 68, qui ne décolère pas. "Il faudrait compter également le fait de semer une nouvelle fois, la perte de récolte liée à la disparité de levaison sur la parcelle, etc."

Les corbeaux prolifèrent

Depuis cinq ou six ans, la situation ne fait qu'empirer, jusqu'à devenir ingérable. "Les chasseurs font tout ce qu’ils peuvent mais c'est une espèce intelligente difficile à piéger", souligne l'agriculteur. Résultat : les corbeaux prolifèrent jusqu'à devenir un problème, tant en ville qu'à la campagne. 

Un problème en hiver, quand les corbeaux profitent du semis de blé pour manger les graines, au printemps quand c'est au tour du semis de maïs. "Ils causent des dégâts jusqu'au stade de la jeune feuille, après ils se calment". Après avoir festoyé dans la journée dans les champs, les oiseaux regagnent leur dortoir en ville. Et là, c'est au tour des citadins de subir leurs nuisances. Du moins dans les quartiers où ils sont les plus nombreux à venir nicher.

Des mesures jugées inefficaces

Ils auraient ainsi dévasté 240 hectares de maïs l'année passée, la culture phare dans le département. L'agglomération mulhousienne concentre, d'après les déclarations des agriculteurs aux syndicats agricoles, 44% des dégâts de corvidés. "Depuis deux ans, les tirs contre les corbeaux sont autorisés à Colmar, pas à Mulhouse", déplore Florent Pierrel qui dénonce les mesures inefficaces déployées par cette commune. La destruction de nids en hiver décidée par la ville de Mulhouse n'aura qu'un effet limité, prédit-il. "Il faudrait lancer cette opération au printemps au moment de la nidification pour détruire les œufs". 

Mais pour ces opérations de destruction, l'autorisation préfectorale est nécessaire, "pas sûr que les élus mulhousiens en aient la volonté", s'inquiète Florent Pierrel. Alors pour tenter de peser sur leurs décisions, une cinquantaine d'agriculteurs se sont postés, avec leurs tracteurs, sur le parking du Parc Expo de Mulhouse où se tenait le conseil municipal. Objectif : faire en sorte que leurs voix soient entendues dans la gestion de la surpopulation de corvidés.

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