Haut-Rhin : après l'incendie, l'entreprise textile Emanuel Lang se bat, "C'est un travail de titan qui nous attend"

Un incendie a eu lieu dans les locaux d'Emanuel Lang, entreprise textile de Hirsingue (Haut-Rhin) spécialisée dans le lin, le samedi 8 mai. Ce lundi 10 mai, son patron, Pierre Schmitt, se montrait confiant quant à la reprise rapide de l'activité.

Le personnel pleinement mobilisé pour nettoyer et évaluer les dégâts.
Le personnel pleinement mobilisé pour nettoyer et évaluer les dégâts. © Loïc Schaeffer, France Télévisions

La longue histoire de l'entreprise textile Emanuel Lang est mouvementée. "Reconnue par l'État", elle est basée à Hirsingue (voir sur la carte ci-dessous) et spécialisée dans le lin. En 2013, elle manquait de fermer. Sept ans plus tard, c'est contre les conséquences d'un incendie que doit se battre le personnel, "qui travaille d'arrache-pied" pour remettre en état le site, "admirablement sécurisé par les pompiers pendant tout le week-end".

Le dirigeant de l'entreprise, Pierre Schmitt, se dit "confiant". C'est ce qu'il a déclaré à France 3 Alsace, en marge d'une visite à Lyon (Rhône), le lundi 10 mai 2021. Il y étudiait la possibilité de sous-traiter une partie de sa production pour ne pas prendre de retard dans ses commandes. D'ici l'été, l'entreprise espère avoir retrouvé son rythme, ainsi qu'un outil productif complet à la rentrée. L'activité est florissante et les carnets de commande complets : il faut les honorer.
 

 

Que s'est-il passé samedi ?

"On ne connaît pas du tout les causes. On soupçonne peut-être un court-circuit parce que c'est assez classique dans ce genre de situations. C'est impossible de le savoir dans l'état actuel des choses, parce qu'il faut évidemment nettoyer et y voir plus clair. Il y a une enquête de la police, c'est son rôle."
 

Quels sont les dégâts ?

"Il y a énormément de fumée, de suie, qui se sont abattues sur les machines. Donc on ne peut pas encore voir clairement l'étendue des dégâts. Nos services ont commencé à nettoyer tout l'atelier de tissage. C'est quand même un gros bâtiment. Donc il nous faudra quelques jours pour le savoir. Mais on sait déjà qu'il y a plusieurs machines qui ont été touchées, qu'il faudra sans doute remplacer, peut-être une dizaine. Pour d'autres, il y aura certainement des réparations à faire. On pourra peut-être faire un bilan plus précis la semaine prochaine, peut-être à la fin du mois."
 

La fumée et la suie ont abîmé certaines machines.
La fumée et la suie ont abîmé certaines machines. © Loïc Schaeffer, France Télévisions

 

Quel est l'état d'esprit du personnel ?

"Dans notre carrière, on a vécu énormément de crises. Même si c'est une épreuve, elle n'est pas de nature à nous décourager. Pas du tout : elle va renforcer, au contraire, notre détermination. Et on a appris les leçons de l'histoire. J'aime bien rappeler cette phrase de Shakespeare : "ce qu'on ne peut éviter, il faut l'embrasser". On ne peut pas éviter un tel désastre, alors il faut l'accepter. Positivement, et chercher des solutions. Churchill disait aussi que pour réussir dans la vie, il faut garder son enthousiasme échec après échec, épreuve après épreuve. On va réussir à réhabiliter cette filière pour laquelle on se bat depuis une vingtaine d'années."
 

Que devient votre projet d'une filière lin 100% française ?

"La filature de lin, heureusement, n'a pas du tout été touchée. C'est un autre atelier [qui l'a été]. On va y arriver grâce à toute la filière dans les Vosges, et à Lyon où je suis aujourd'hui. Pour discuter avec nos partenaires de comment on peut sous-traiter une grosse partie de notre production à d'autres tissages. On a mobilisé tous les partenaires que nous avons, et je pense qu'on arrivera très vite à reprendre le tissage."

"On ne tissera pas en direct chez Emanuel Lang, mais notre atelier d'encollage - pas impacté - préparera les chaînes : avant de tisser, il faut préparer les chaînes. On aura donc les moyens de réaliser la première partie de ces commandes, afin que nos partenaires tisseurs puissent les tisser dans les meilleures conditions. On a donc la chance d'honorer les commandes de nos clients, sans trop avoir d'impact sur les délais."
 

L'entreprise compte honorer ses commandes et ne pas pénaliser ses clients.
L'entreprise compte honorer ses commandes et ne pas pénaliser ses clients. © Loïc Schaeffer, France Télévisions

 

Quelles sont donc les conséquences ?

"Je pense qu'on arrivera assez rapidement à limiter les dégâts sur le plan commercial, et nos clients savent très bien qu'on fait tout pour ne pas les pénaliser. On est assez confiant dans cette démarche. N'empêche qu'il faut reconstruire tout l'atelier de tissage. Là, c'est un autre enjeu : il y a quelques semaines de nettoyage, il faut sortir toutes les machines, faire l'inventaire, remplacer ou réparer des machines. C'est un travail de titan; on va faire en sorte que dans quelques petites semaines, on arrive à réhabiliter une partie du tissage, dans un premier temps, avant de le compléter."
 

Et quel sera l'impact sur le chiffre d'affaires ?

"Tout dépendra de la mise en place de nos solutions de remplacement chez nos partenaires. Il y aura sûrement un décalage, mais il devrait être assez limité en fin d'année. Il y aura évidemment des frais supplémentaires pour la remise en état de l'atelier. Ce qui nous anime, c'est réussir notre sous-traitance et remettre notre atelier en état de marche le plus rapidement possible. On a une responsabilité à l'égard de nos clients, et de nos équipes."
 

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