Haute-Marne : les thermes de Bourbonne-les-Bains fermés, tout le village touché

En cette fin mai 2020, les baignoires hydro-massantes sont désespérément vides aux thermes de Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne. Classé dans les établissements touristiques, le centre de soin est toujours fermé, mais espère ouvrir ses portes aux curistes mi-juillet. 

C'est la première fois que les thermes de Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne restent fermés la moitié d'une saison. Un coup dur après les investissements effectués cet hiver au sein de l'établissement.
C'est la première fois que les thermes de Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne restent fermés la moitié d'une saison. Un coup dur après les investissements effectués cet hiver au sein de l'établissement. © Caroline Recouvreur
Habituellement à cette époque de l’année près de 800 curistes se succèdent aux thermes de Bourbonne-les-Bains, petit village de Haute-Marne. Cette année, covid-19 oblige, les couloirs, piscines, et salles de soins sont désertes. Les établissements thermaux ont été classés par les autorités dans la filière touristique. Leur réouverture n’a donc pas encore été autorisée. 

"D’habitude, notre saison démarre en mars et se termine en novembre. Là, nous devons attendre les prochaines annonces du gouvernement pour espérer pouvoir réouvrir en juillet", explique Carole Recouvreur, directrice d’exploitation des thermes de Bourbonne-les-Bains. Nous avons bon espoir, nous avons établi un protocole de sécurité sanitaire en cas de réouverture pour que les curistes puissent bénéficier des soins en toute sécurité. Ce protocole est actuellement à l’étude à l’académie de médecine, et sera modifié si nécessaire."
 
Les premières mesures mises en place sont les mesures basiques édictées par le gouvernement. À savoir, la mise en place de gel hydroalcoolique un peu partout dans l’établissement, un sens de circulation pour éviter que les curistes ne se croisent, des distances de sécurité dans les lieux communs mais aussi des mesures spécifiques à ce type de centre de soins. 

Des soins à proscrire pendant l'épidémie

"Comme le covid-19 se propage avant tout via les particules d’eau, nous fermerons les hammams et autres soins où la vapeur est utilisée. Nous laisserons seulement les cabines de soins individuels, avec les traitements à base de boue notamment, ou les baignoires hydro-massantes fonctionner. Nous devons en revanche trouver d’autres masques que les chirurgicaux recommandés, car nous travaillons en milieu humide et ils ne résistent pas à l’humidité", détaille la directrice. 
 
Les soins regroupant plusieurs curistes dans la même pièce sont pour le moment proscrits des soins proposés pour la potentielle réouverture en juillet.
Les soins regroupant plusieurs curistes dans la même pièce sont pour le moment proscrits des soins proposés pour la potentielle réouverture en juillet. © Caroline Recouvreur


Si la saison démarre mal pour l’établissement, Caroline Recouvreur ne désespère pas pour autant : "Nous avons eu énormément de curistes qui ont décidé de décaler leur venue à la fin de l’année sur les mois d’octobre, novembre. En tout, seul 30 % de notre clientèle habituelle a pour le moment annulé de façon sèche. Donc nous ne désespérons pas. Nous devions clôturer la saison le 18 novembre prochain, pour le moment nous avons décalé au 26 novembre, mais il est possible que nous poussions encore jusqu’au 12 décembre pour accueillir un maximum de curistes qui auront décalé leurs soins." 


Habituellement 10.000 visiteurs par an à Bourbonne-les-Bains

Cette fermeture exceptionnelle, comme celle du casino, se ressent sur la vie à Bourbonne-les-Bains. Habituellement entre 800 et 1.000 curistes et touristes circulent chaque mois dans le petit village haut-marnais de 2.073 habitants grâce à ces deux établissements. Soit en moyenne 10.000 personnes à l’année. Un chiffre qui sera forcément en baisse en 2020.

"Nous ne sommes pas les seuls concernés. Les boulangeries où les touristes vont chercher leur pain ou des gourmandises fonction forcément moins bien, les pharmacies lorsque les curistes doivent prendre un traitement pâtissent également de leur absence, les hôtels, les restaurants, les petites épiceries, tout le monde est impacté par cette crise", conclut la directrice des thermes. 

Un constat également fait par le maire de la commune André Noirot (LR). Réélu au premier tour au dernières municipales, il n'avait jamais connu une telle situation dans son village. " Il ne faut pas se mentir, une grosse partie de l'activité de notre station thermale, comme son nom l'indique, est basée sur l'activité des thermes. Raison pour laquelle nous mettons en place des projets de réhabilitation des locaux qui commencent à dater."


Ouvrir jusqu'à Noël ?

"Cela fait partie de notre politique de redynamisation de la commune que de moderniser les bâtiments des thermes. Aujourd'hui, on est donc inquiets de savoir combien de temps la saison va durer pour voir comment nous pourrons retomber sur nos pieds financièrement. Si la saison pouvait se terminer vers Noël, cela permettrait sans doute de rattraper un peu ces mois sans visiteurs. Aujourd'hui, les hébergements sont fermés, mais même s'ils étaient ouverts, les autres années leurs occupants sont essentiellement des curistes. Donc même s'ils rouvraient, sans les thermes, ils n'auraient pas énormément de clients", conclut l'élu, impatient d'être en juillet pour voir sa commune s'animer à nouveau. 
 
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