Haute-Marne : "un nouvel hôpital est indispensable à Chaumont", pour le président du département

Alors qu'une réflexion est ouverte sur l'avenir de l'offre de soins en Haute-Marne, le président du Conseil départemental Nicolas Lacroix reste persuadé que la construction d'un nouvel hôpital est indispensable à Chaumont.
Les derniers grands travaux menés au centre hospitalier de Chaumont remonte aux années 2000.
Les derniers grands travaux menés au centre hospitalier de Chaumont remonte aux années 2000. © Maxime Meyer / France Télévisions

"Il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive un courrier de patients qui se plaignent de l'état de l'hôpital de Chaumont". Pour Nicolas Lacroix, président du Conseil départemental de Haute-Marne, le constat ne fait aucun doute. L'actuel hôpital de Chaumont ne répond plus aux attentes des patients. Il est donc selon lui nécessaire d'en construire un nouveau.

Balayant l'hypothèse d'une rénovation du bâtiment existant, le président du Conseil départemental de Haute-Marne n'envisage désormais que cette option. Dans un département où l'offre de soins est défaillante à plus d'un titre, "l'hôpital se trouve en haut de la pyramide des soins dans un territoire. C'est avec un hôpital attractif que l'on pourra ensuite attirer des médecins généralistes et des spécialistes sur le territoire"

Aujourd'hui, quand un médecin découvre l'hôpital de Chaumont, il se demande où il est tombé... Ça ne va pas l'inciter à rester.

Nicolas Lacroix, président du Conseil départemental de Haute-Marne

Pour justifier son projet, Nicolas Lacroix met avant par exemple l'absence dans l'actuel hôpital d'une piste d'atterrissage pour les hélicoptères. "En cas d'urgence aujourd'hui, les hélicoptères se posent sur le stade Daniel Louis, au sud de Chaumont. Pour ensuite réaliser le transfert du patient vers l'hôpital, il faut compter 20 minutes. Et 20 minutes, pour un patient victime d'un accident vasculaire cérébral, ça compte !"

L'hôpital de Chaumont ne dispose pas d'une piste d'atterrissage pour les hélicoptères en cas d'urgence.
L'hôpital de Chaumont ne dispose pas d'une piste d'atterrissage pour les hélicoptères en cas d'urgence. © Maxime Meyer / France Télévisions

Ce projet, d'abord présenté à la fin du mois de juin, est lancé alors que des concertations sur l'avenir de l'offre de soins dans le sud Haute-Marne sont en cours. Depuis plusieurs années, les hôpitaux du sud de la Haute-Marne, installés à Chaumont, Langres et Bourbonne-les-Bains ont été rattachés au Groupement hospitalier de territoire autour du CHU de Dijon.

Pour Nicolas Lacroix, c'est en prenant en compte ces concertations et une vision d'ensemble sur l'offre de soins dans le sud Haute-marne que l'on pourra déterminer quels sont les besoins en équipements nécessaires à Chaumont. "Il faut un hôpital dimensionner à ce qu'on veut y faire. Il faut qu'on y garde de l'activité et avec des équipements neufs faire pourquoi pas revenir des activités à Chaumont. Il faut bien sûr s'appuyer sur le CHU de Dijon, mais je ne veux pas que l'hôpital de Chaumont ne soit qu'une salle de consultation du CHU de Dijon."

Dans son idée, le président du Conseil départemental de Haute-Marne souhaiterait également investir à Langres pour renforcer l'hôpital lui aussi en difficulté et jouer la carte de la spécialisation. "À Bourbonne-les-Bains, il y a tout ce qu'il faut pour faire un centre spécialisé dans la rééducation fonctionnelle. Il y a déjà sur place des hébergements et un cadre idéal pour toutes les activités de remise en forme, notamment avec ce qui existe aux Thermes."

La bonne santé financière du département

Le projet de nouvel hôpital à Chaumont serait encore difficile à chiffrer pour Nicolas Lacroix. À ce stade, il évoque une enveloppe entre 60 et 100 millions d'euros, selon les situations. Aucun site n'a encore été retenu, aucun projet concret n'est à l'étude, mais pour lui, le moment est le bon pour y travailler. "Les premiers retours de nos partenaires sont bons et le Ségur de la Santé pourrait nous offrir des financements conséquents. Il est maintenant temps d'acter les choses." S'il va jusqu'à son terme, le projet pourrait donc se matérialiser dès les prochaines années.

L'aspect financier ne semble pas inquiéter l'élu. Grâce aux potentiels fonds du Ségur de la Santé, du GIP Haute-Marne et de la santé financière du département : "On fait partie des cinq départements les moins endettés de France. Avec ces investissements, la situation financière du département va se tendre, mais même si c'est le cas, on sera encore largement dans la moyenne de l'endettement des départements."

D'autres chantiers pour l'offre de soins

Nicolas Lacroix envisage également d'investir pour l'offre des soins dans les villages les plus excentrés du département. Des projets de bus médicalisés itinérants sont à l'étude. "L'idée serait d'équiper deux bus avec salle d'attente, un cabinet médical bien équipé aux normes pour tout ce qui est confidentialité. Ils circuleraient 5 jours sur 7 sur le territoire de la Haute-Marne notamment là où il n'y a plus de médecins généralistes, comme c'est le cas à Bourmont depuis le mois de juin. Ils pourraient s'installer à Chaumont où beaucoup d'habitant n'ont pas de médecins traitants."

Pour ce faire, le département pourrait ponctuellement faire appel à certains médecins en retraite, mais aussi à des médecins salariés. Ce projet, chiffré à 500 000 euros par véhicule, pourrait aboutir dans un an.

Pour le "grand âge", le président du Conseil départemental de Haute-Marne souhaite enfin lancer un audit des 23 Ehpad publics de Haute-Marne. L'occasion de déterminer les besoins dans ces établissements et d'envisager, le cas échéant, d'embaucher des médecins coordonnateurs.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société aménagement du territoire