Passionné de café, il transforme sa maison familiale en atelier de torréfaction

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Emmanuel Arnoud a décidé de se lancer dans la torréfaction à temps complet pendant le premier confinement dû à la Covid-19. Le Haut-Marnais créé aujourd'hui son atelier sur mesure.

Pour Emmanuel Arnoud, le café est un art de vivre. "On reconnaît un bon expresso à son crema, souvent appelé à tort de la mousse, c'est l'essence du café qui s'en extrait et forme une petite pellicule de fines bulles brun clair. Ensuite, le café ne doit pas être brûlant mais suffisamment chaud pour être apprécié. Son arôme doit impacter les papilles sans rester en bouche ! Et puis, le café doit normalement être servi avec un verre d'eau, car un expresso bien dosé et fait dans les règles de l'art, déshydrate à cause de la caféine et il faut donc bien boire en parallèle."

Véritable passionné, le Chaumontais de 51 ans, n'a pas toujours été torréfacteur. À l'origine, il servait dans son salon de thé les autres amateurs de café. "J'ai repris l'entreprise de mon fournisseur de café lorsqu'il allait fermer, en 2005. Mais je n'avais jamais pu réellement m'y consacrer. Cela prend du temps, de faire un bon café. Je ne voulais juste pas que la brûlerie ferme et que l'on perde ce savoir-faire. Je m'y consacrais donc en parallèle à mon activité. Puis, les demandes de mes clients ont commencé à changer. On me demandait de plus en plus de manger à mon salon de thé et la restauration ne m'intéressait pas. Alors j'ai décidé de vendre et de me consacrer au café !", explique-t-il.

Depuis deux ans, le Haut-Marnais torréfie donc à plein temps. Et pour rendre les choses encore plus agréables, il a décidé de créer son atelier dans une ancienne maison familiale.

Un espace ouvert au public

"J'ai hérité de la maison de mes grands-parents à Bourmont, en Haute-Marne. Elle offre un bel espace dans un village que j'aime particulièrement. Je me suis donc lancé dans des travaux de réhabilitation d'une aile de la maison pour créer mon atelier de torréfaction ainsi qu'un espace dégustation/vente que je souhaite ouvrir au public", détaille-t-il.

Cela fait six mois que le torréfacteur se consacre aux travaux qu'il fait seul. " Ils ont pris du retard à cause de la conjoncture actuelle. Il me reste donc à sortir une cheminée et à installer de nouveaux brûleurs et je pourrai enfin torréfier comme je le souhaite !" En attendant, il se sert d'un torréfacteur électrique acheté début 2021 pour sortir sa marchandise.

Chaque café se torréfie différemment, il faut savoir le comprendre pour ne pas l'abîmer et en faire ressortir le meilleur !"

Emmanuel Arnoud, torréfacteur La Brûlerie du Vivier

En tout, il produit une quinzaine de cafés différents venant de partout dans le monde de l'Indonésie, à l'Amérique centrale en passant par la Papouasie : "Chaque café se torréfie différemment, il faut savoir le comprendre pour ne pas l'abîmer et en faire ressortir le meilleur !"

Le meilleur, car ce qui importe le plus à Emmanuel Arnoud, c'est la qualité du café. D'après lui, même si l'exigence "qualité" devient de plus en plus importante chez le consommateur français de café, il n'est pas aussi important que chez son voisin italien par exemple. Il faut donc permettre aux clients de côtoyer cette qualité. Raison pour laquelle le torréfacteur bichonne ses grains.

Son atelier devrait bientôt être prêt et l'ouverture au public devrait avoir lieu à l'été 2022.