"La France des épiciers", un clip tourné dans le Grand Est pour une chanson très politique

Le chanteur Gontard! et le réalisateur Emoresh expliquent leur choix de la région pour une partie du clip de cette chanson qui selon son auteur critique une France "qui, pour lutter contre la misère, vote pour quelqu'un qui va encore plus l'affamer".

"C'est une carte postale de la France, mais d'une certaine France oubliée et qui souffre". Emoresh, réalisateur du clip de "La France des épiciers" explique sa production, en partie tournée dans la région. Son court-métrage vient illustrer une chanson de Gontard!, et son raod-trip français de sa ville natale de Valence (26).

Le clip, comme les paroles de la chanson qu'il illustre, présente une certaine France rurale avec un point de vue engagé. Le chanteur valentinois a notamment été très impressionné par la croix de Lorraine de Colombey-les-Deux-Églises. "C'est un symbole fort, violent, une sorte de totem raélien presque étouffant pour les zones alentours" détaille-t-il.

Le chanteur voit son clip comme un "western social en 2016". Il a choisi les lieux de tournage en fonction des "repères géographiques de l'histoire du pays", mais aussi en fonction des villages où "le vote se concentre à droite et à l'extrême-droite".

Mais la vidéo musicale est aussi le fruit d'un compromis entre entre les visions opposées du chanteur et du réalisateur : "Gontard! critique le mauvais côté de cette France, son côté poujadiste, moi je la soutiens plus."

Gontard! se désole d'observer une frange de la population tentée par l'extrême-droite et "qui, pour lutter contre la misère, vote pour quelqu'un qui va encore plus l'affamer". Mais Gontard! défend aussi la population pauvre et souvent oubliée des politiques publiques : 

Je critique la France des épiciers, celle héritée de l'après guerre d'Algérie, qui sent la naphtaline, se dit bordée de valeurs mais où tout le monde est près de ses sous et où rien n'est collectif. Mais aujourd'hui je soutiendrais davantage ce petit épicier, parce qu'il se fait bouffer par la grande distribution.

On a voulu montrer une forme de désolation, notamment avec cet automate qui distribue du pain dans un village où il a remplacer la boulangerie. On dénonce le fait que l'humain vote pour ce système qui lui nuit, parce que je pense que malgré ce qu'on veut nous faire croire, nous avons le choix.

 


 

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