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Nucléaire. Ce que l'on sait du projet de laverie dédiée au linge radioactif à Suzannecourt en Haute-Marne

C'est ce type de tenues de protections qui seraient nettoyés dans la future laverie nucléaire de Suzannecourt / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
C'est ce type de tenues de protections qui seraient nettoyés dans la future laverie nucléaire de Suzannecourt / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

Cette laverie nucléaire, dédiée au linge radioactif devrait ouvrir ses portes d'ici à la fin de l'année 2020 à Suzannecourt, près de Joinville en Haute-Marne. Peu d'informations circulent sur ce projet. Nous faisons le point sur ce que l'on sait à ce jour de la future blanchisserie.

Par Johanna Albrecht

Le projet est dans les tiroirs depuis 2016, mais il a jusqu'à présent peu fait parler de lui. Il faut dire que peu d'informations circulent au sujet de la future "blanchisserie industrielle" dédiée aux activités nucléaires que le groupe Unitech veut implanter à Suzannecourt, près de Joinville en Haute-Marne.

Face à la polémique suscitée, notamment par son silence, l'entreprise communique désormais (un peu).
 

Une laverie industrielle pour les vêtements de protection nucléaire


Cette blanchisserie "nucléaire" ne serait pas la première du groupe Unitech. L'entreprise possède déjà plusieurs du même type dans le monde, et traite chaque année plus de 10.000 tonnes de linge du secteur de l'industrie nucléaire.

En effet, dans les centrales et tous les sites nucléaires, les salariés portent des tenues de protection, quel que soit le lieu dans lequel ils se trouvent. Si les vêtements les plus exposés sont ensuite traités comme des déchets nucléaires, ceux qui le sont moins sont nettoyés, et décontaminés, avant d'être réutilisés.

Le futur site de Suzannecourt serait ainsi dédié à la décontamination, au nettoyage, au contrôle du respect des normes de sécurité et au pliage des vêtements de protection du site d'Areva à la Hague, et de plusieurs sites d'EDF, dont Unitech a obtenu un contrat de sous-traitance en 2016.
 
C'est dans le parc d'activité de la Joinchère, à cheval sur les communes de Suzannecourt et Thonnance-lès-Joinville, que la laverie d'Unitech s'installerait

La situation géographique de Suzannecourt, à proximité du futur site Cigéo d'enfuissement des déchets nucléaires de Bures, et des nombreuses centrales nucléaires de l'Est de la France, est d'ailleurs l'un des principaux arguments d'Unitech pour justifier du choix de ce lieu.

A termes, 1.000 tonnes de linge devrait être nettoyées, et le groupe compte s'attaquer au marchés suisse, allemand et belge.
 

3 bâtiments sur la zone d'Activité de la Joinchère, à 30 km du Lac du Der


La blanchisserie s'installerait sur la ZAC de la Joinchère, à Suzannecourt, à côté de Joinville. Elle occuperait un terrain de 1,9 hectare, à 500 mètres de la nationale 67, qui relie Saint-Dizier à Chaumont. Un site en amont du Lac du Der, à une trentaine de kilomètre du site touristique.

Unitech compte construire trois bâtiments : le principale, composé de trois laveries et des locaux administratifs, un bâtiment d'entreposage intermédiaire de containers, et un hall dédié aux activités de propreté radiologiques. Le tout pour une facture de 16 millions d'euros.

A terme, Unitech estime qu'elle emploiera 40 personnes à temps plein.
 

Quel impact pour l'environnement et les habitants ?


C'est la principale source d'inquiétude des opposants : l'impact de l'installation sur son environnement. Car si l'entreprise assure qu'un système de filtrage permettra d'isoler une partie des éléments radioactifs (qui seront concentrés en boue et traités comme des déchets nucléaires), un infime partie de cette radiactivité devrait être diluée dans les eaux de la Marne.

Ainsi, Unitech estime que la dose annuelle "liée à [leur] installation devrait être de 1,5 micro sieverts".
 
Des exemples d'exposition à la radioactivité, tels que donné par l'entreprise Unitech / © Capture du dossier de presse du 19 février 2018 d'Unitech
Des exemples d'exposition à la radioactivité, tels que donné par l'entreprise Unitech / © Capture du dossier de presse du 19 février 2018 d'Unitech


Le sievert étant l'unité qui permet de mesurer les effets biologiques des rayonnements sur la matière vivante. L'entreprise estime qu'une radio du thorax entraîne une dose de 100 micro sieverts.
 
Les différentes manières de mesurer la radioactivité, expliquées sur le site de l'ANDRA / © Capture site de l'ANDRA
Les différentes manières de mesurer la radioactivité, expliquées sur le site de l'ANDRA / © Capture site de l'ANDRA


 

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