Langres : la nouvelle vie de l'Imprimerie de Champagne

L'Imprimerie de Champagne, rachetée le 19 décembre dernier, veut repartir à zéro. / © M.Loisel
L'Imprimerie de Champagne, rachetée le 19 décembre dernier, veut repartir à zéro. / © M.Loisel

A Langres, l’Imprimerie de Champagne reprend son souffle. Après une année 2019 mouvementée, l’entreprise historique haut-marnaise vient d’être rachetée par son directeur général. Son objectif : continuer à faire vivre encore longtemps le site.
 

Par Meryl Loisel

« Cette année, nous allons devoir prouver beaucoup de choses mais nous sommes prêts. Tous les voyants sont au vert ». Mathieu Macheret donne le ton. Le directeur général de l’Imprimerie de Champagne Nouvelle est optimiste, en évoquant l’avenir de l’entreprise dont il est désormais propriétaire.
Pourtant, il y a un an à peine, rien n’était gagné. L’Imprimerie de Champagne, fondée il y a plus de 40 ans, est une entreprise historique de la Haute-Marne. Elle produit principalement des livres reliés et des magazines. Mais au début des années 2010, elle aussi a été confrontée, indirectement, à la crise du papier face à la puissance d’Internet et la baisse du lectorat, au début des années 2010. « Beaucoup d’investissements ont été fait sur une base financière très instable… Et en 2018, c’était l’année du drame. Les fournisseurs ne travaillaient plus avec nous », explique-t-il.
 

Une alliance avec une imprimerie alsacienne


Après avoir été placée en redressement judiciaire en avril dernier, un appel d’offres est lancé en octobre. Mathieu Macheret se positionne pour le rachat. Mais quelques jours avant la date butoir, un imprimeur alsacien prend contact avec lui, afin de s’associer autour d’un projet commun. « Ca faisait sens de s’associer à l’imprimerie OTT, ça permet d’avoir une vraie complémentarité car les deux structures n’étaient pas sur le même marché », raconte le directeur général. « C’est donnant-donnant. L’Imprimerie de Champagne bénéficie désormais de la puissance d’impression sur petits formats grâce à OTT. Et OTT profite de notre force sur les impressions en grand format ». Grâce cette alliance, la reprise a été officiellement validée par le tribunal le 19 décembre dernier.
 

Je pense qu’on va devenir l’un des plus grands imprimeurs de l’Est de la France.
- Mathieu Macheret, directeur général de l’Imprimerie de Champagne.
 

Mathieu Macheret, repreneur et directeur général de l'entreprise. / © M.Loisel
Mathieu Macheret, repreneur et directeur général de l'entreprise. / © M.Loisel

Après cette reprise, 49 des 70 emplois que comptait l’entreprise sur le site langrois ont été sauvegardés. Pour Mathieu Macheret, tous les salariés ont permis aussi de sauver l’imprimerie. « Chacun d’entre-eux a continué à nous faire confiance, même pendant le redressement judiciaire. C’est surtout à eux qu’il faut rendre hommage, ce sont eux qui font l’entreprise. Nous, nous sommes juste là pour la guider ». Trois cadres, présents dans l’entreprise depuis plusieurs années, ont aussi été incorporés dans le capital.
 

Repartir à zéro


Aujourd’hui, ce sont plusieurs millions de magazines et de livres qui sortent de la structure, chaque année. « Nous avons des grands groupes comme clients. Hachette, Albin Michel, Editis… Ici sont imprimés 30% des livres Le Petit Futé. Mais on ambitionne aussi de se tourner vers les petits éditeurs également », détaille-t-il.
 
Plusieurs millions de livres, magazines et revues sont imprimés ici. / © M.Loisel
Plusieurs millions de livres, magazines et revues sont imprimés ici. / © M.Loisel


Parmi les autres objectifs, en ligne de mire : repenser la chaîne d’impression et changer des machines de place, remettre le système informatique à jour, revoir la maintenance du matériel. « On a pour volonté de tout revoir et reprendre à la base. On repart vraiment à zéro », conclut Mathieu Macheret.

 

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