Bactérie E.coli : deux ans ferme requis en appel contre le producteur bragard de steaks contaminés

Le gérant la société bragarde SEB-Cerf comparaissait depuis lundi en appel à Douai (Nord) pour avoir livré à Lidl des steaks hachés contaminés par la bactérie E.coli en 2011.
Trois ans de prison dont deux ans ferme ont été requis en appel ce mardi 5 février 2019 à Douai à l'encontre du fournisseur haut-marnais de Lidl mis en cause dans le scandale des steaks hachés contaminés. L'arrêt sera rendu le 26 février.

Lors du procès ce lundi, Guy Lamorlette, 78 ans, à la tête de la société SEB-Cerf basée à Saint-Dizier depuis sa création, avait chargé son ex-responsable qualité, Laurent Appéré, qui s'est suicidé en juin 2017 quelques jours avant le jugement en première instance. Il l'a notamment accusé d'avoir modifié de lui-même le plan de maîtrise sanitaire (PMS) et de lui avoir fait signer les papiers sans l'informer du fait que le nouveau "PMS-3" n'était pas validé par les autorités sanitaires.
 


Un enfant paralysé à vie

En juin 2011, une quinzaine d'enfants ont été contaminés par la bactérie E.coli après avoir mangé des steak hachés achetés chez Lidl et fournis par cette société de Saint-Dizier. Ces enfants avaient développé des syndromes hémolytiques et urémiques qui ont laissé d'importantes séquelles. L'un d'entre eux, Nolan, 9 ans, est paralysé à vie et handicapé mental.

"La sécurité sanitaire des denrées alimentaires incombe d'abord au chef d'entreprise qui les produit", a cependant insisté l'avocat général Bernard Beffy, précisant que c'était Guy Lamorlette qui était jugé à cette audience. "M. Appéré ayant l'avantage d'être mort, on peut lui coller beaucoup de choses sur le dos sans qu'il puisse se défendre", a-t-il ajouté.

L'avocat de Guy Lamorlette, Arnaud Vauthier, a expliqué que son client, à la tête d'une "entreprise familiale où la confiance joue pour beaucoup", avait placé en M. Appéré une "confiance aveugle" qu'il n'avait pas souhaité lui retirer lors du premier procès.
 

La défense plaide la bonne foi

Plaidant la relaxe, il a insisté sur la bonne foi du prévenu : "Si M. Lamorlette était sûr qu'il y avait un risque potentiel dans ces boîtes de steaks, il ne les aurait pas mises en vente".

Le fait que les parents n'aient pas respecté la cuisson à 65°C recommandée sur les boîtes de steaks pour éliminer tous les germes, a également été avancé pour dédouaner Guy Lamorlette de sa responsabilité.

Dans la matinée, les dix avocats des parties civiles ont également demandé la reconduction de la peine prononcée en première instance en juin 2017, soit, en plus de la peine de deux ans ferme d'emprisonnement, 50.000 euros d'amende, plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts pour de nombreuses familles de victimes et à une interdiction d'exercer dans le secteur industriel et commercial.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société