Une nouvelle étape franchie vers l'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (55)

© Yves-Olivier Ebé / France 3 Champagne-Ardenne
© Yves-Olivier Ebé / France 3 Champagne-Ardenne

L'Assemblée nationale qui a voté le 11 juillet la loi dite Longuet/CIGEO. Une étape dans l'avancée du projet controversé d'enfouissement nucléaire qui est loin d'être la dernière.

Par Alexis Patri

Après l'aval du Sénat le 17 mai, c'est l'Assemblée nationale qui a voté le 11 juillet la loi dite Longuet/CIGEO. Elle prévoit notamment la réversibilité de l'enfouissement des déchets nucléaires. Cela signifie qu'elle autorise un mode de stockage nouveau, qui permettra de récupérer les déchets dans le futur, si une technologie de traitement plus satisfaisante que l'enfouissement voit le jour.

Mais pour ses détracteurs, cette loi portée Gérard Longuet (LR) et Christian Namy (UDI) permet surtout d'accéler le projet du Centre Industriel de stockage GÉOlogique (CIGEO). Or le site n'accueillera que 3% des déchets nucléaires en termes de volume, mais ils concentrent à eux seuls 99% de radiations des déchets français.

La députée Cécile Duflot a déploré l'absence de la ministre de l'environnement Ségolène Royal lors du vote, retenue aux côtés de l'équipe de France en visite à l'Élysée. Seuls 20 députés étaient présents, dont 3 écologistes, les seuls ayant voté contre le projet de loi.

Les premiers futs de déchets nucléaires ne sont pas pour autant sur le point d'arriver. Les étapes sont au contraire encore nombreuses : dans un premier temps, l'Agence de Spureté Nucléaire (ASN) doit instruire une enquête au terme de laquelle elle donnera son avis sur le projet. Ce sera ensuite à la Commission nationale d’évaluation et aux collectivités locales concernées d'être consultées. Viendra ensuite une enquête publique.

Au terme de ces trois étapes d'avis et de consultation, le gouvernement votera (ou non) par décret l'autorisation de création du site d'enfouissement. Une étape prévue pour 2025. Si le projet arrive à cette étape dans les temps, les premiers déchets entreront sous terre en 2030.

En attendant les futures avancées du projet, l'Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs (ANDRA) poursuit la déforestation d'une portion du Bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, celle où CIGEO doit prendre place. Les militants écologistes qui en avaient fait une Zone À Défendre (ZAD), ont été évacués le 7 juillet. Une manifestation de "réoccupation de la forêt" est prévue le week-end des 16 et 17 juillet.

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