Heurts Reims-Bastia, la ligue des droits de l'Homme corse répond au Préfet de la Marne

Dans une lettre adressée ce samedi au Préfet de la Marne, la ligue des droits de l'Homme de Corse reproche au ministre de l'Intérieur et au procureur de Reims d'avoir eu "des déclarations partiales". Le 13 février, en marge du match Reims-Bastia, un jeune supporter corse a été grièvement blessé.

LIGUE DES DROITS DE L'HOMME
Section de Corse


Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de la Marne

"Monsieur le Préfet de la Marne,

Dans un communiqué sur les incidents survenus à Reims samedi 13 février 2016, autour du match Reims-Bastia, notamment marqués par la blessure grave d’un supporter bastiais, vous rappelez notre chance de vivre sous un régime de libertés. Ce sont ces libertés que les citoyens veulent protéger lorsqu’ils se mobilisent dans le calme comme lors de la manifestation du 20 février dernier à Bastia pour demander justice. Vous aussi, vous en appelez à la justice et non à la calomnie. Sans évidemment parler de calomnie les concernant, admettez toutefois que les premières déclarations du ministre de l’intérieur et du procureur de Reims ont été partiales et qu’elles ont contribué à la colère qui s’est exprimée en Corse en partie  de manière violente, ce qui a conduit la ligue des droits de l’Homme de Corse à dénoncer le risque d’un nouveau cycle de violence et de répression dans l’île. Le procureur de Reims a confirmé l’utilisation de flash Ball le samedi 13 février à Reims, une arme déjà mise en cause et contestée suite à des blessures provoquées par son usage lors de manifestations de rue.
Vous rappelez la menace terroriste, celle-là même qui incite le gouvernement à armer la police municipale aujourd’hui et, nous dit-on, demain, des agents de sécurité de sociétés privées. Dès lors, la vigilance des citoyens va devoir s’amplifier, et avec elle, la méfiance des citoyens envers la police en cas de problème. Nous sommes d’accord, monsieur le Préfet, ce qui importe pour la tranquillité publique, c’est la vérité. Permettez-nous de dire notre trouble lorsque nous entendons le témoignage du jeune qui a perdu un œil. Comme vous, évidemment, la LDH de Corse attend l’action de la justice qui doit avoir le dernier mot. A la veille d’une audience publique sur les incidents de Reims, il est nécessaire et indispensable de rappeler que ce dernier mot de la justice n’aura de sens que s’il est la conclusion d’un débat contradictoire, à armes égales, dans un climat serein, sans pression aucune.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, nos salutations citoyennes."


Ajaccio, le 5 mars 2016