Illkirch-Graffenstaden : Nestlé pourrait vendre les charcuteries Herta et développer les produits végétariens

Le groupe Nestlé, en pleine revue stratégique de ses activités, a fait état d'un bond de son bénéfice en 2018 et envisage désormais de vendre Herta. La marque de charcuteries et produits carnés emploie 350 personnes en Alsace sur son site d'Illkirch-Graffenstaden.

Le géant suisse de l'alimentation Nestlé, en pleine revue stratégique de ses activités, a fait état d'un bond de son bénéfice en 2018 et envisage désormais de vendre ses charcuteries Herta, prenant acte de l'engouement actuel pour les produits végétariens. Sur l'exercice 2018, son bénéfice net a grimpé de 41,6% par rapport à l'année précédente, à 10,1 milliards de francs suisses (8,9 milliards d'euros), a-t-il indiqué dans un communiqué.

Nestlé va "explorer diverses pistes stratégiques" pour les charcuteries Herta, "y compris une éventuelle cession", a-t-il annoncé lors de la publication de ces résultats. Cela marque "une étape supplémentaire dans l'évolution de son portefeuille", a ajouté le groupe, qui entend se repositionner sur des catégories de produits à plus forte croissance.

 Le groupe s'est renforcé dans des catégories de produits à plus forte croissance, dont les cafés haut de gamme, alors que le fonds activiste Third Point avait multiplié les critiques, faisant pression pour que le groupe cède ses marques en perte de vitesse. Dans sa liste, le fonds activiste avait notamment cité Herta, aux côtés entre autres des pizzas surgelées Buitoni ou des plats préparés Stouffer's, une marque vendue aux Canada et aux Etats-Unis. 

On a une croissance de 2 à 3% par an, mais ce n’est visiblement pas suffisant

Herta, première marque de charcuterie en France, y possède deux usines, à Saint-Pol-sur-Ternoise dans le Pas-de-Calais depuis 1986 et à Illkirch-Graffenstaden depuis 1993. 350 des 1800 salariés français travaillent sur le site bas-rhinois, plus une centaine d'intérimaires. Jérôme Barneoud, délégué syndical FO du site d'Illkirch, se dit "certain"qu'Herta sera vendu, même "si la direction n’a pas donné plus de précisions" après le communiqué de NestléLa direction du site alsacien que nous avons tenté de contacter n’a pu être jointe.

"La marque Herta, est une marque phare, florissante, leader dans les Knacki avec 60% du marché".  "Nous somme soumis à l’actionnariat. On a une croissance de 2 à 3% par an, mais ce n’est visiblement pas suffisant. On ne ramène plus assez de dividendes, le végétal est plus rentable", analyse-t-il, rappelant que le site produit 90% de charcuterie et 10% de végétal.
 

Des millions d'euros investis


"Nous allons dire aux salariés que nous serons vendus, car beaucoup sont préoccupés de savoir où va l'entreprise". Il estime que la pérennité des usine ne serait pas menacée, car il y aura forcément des repreneurs, avec "les investissements réalisés ces dernières années" (des millions d’euros), "les machines sont quasiment neuves". Jérôme Barneoud exprime surtout son inquiétude quant au maintien de tous les emplois et des acquis sociaux en cas de rachat. Il pense que "les sites forces de vente et les plates-formes" sont encore plus menacés.

La "revue stratégique" de Herta va couvrir la charcuterie et les produits carnés en France, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg, au Royaume-Uni et en Irlande. L'an passé, ces activités ont généré un chiffre d'affaires d'environ 600 millions d'euros. Nestlé compte en revanche conserver les pâtes à gâteaux et les produits végétariens de la marque, élaborés en République tchèque.