Lorraine : l'ancienne mine de fer de Hussigny-Godbrange rouvre au public

C’est la dernière mine d’Europe où le matériel tourne encore comme si elle était en activité. Les bénévoles de la mine de fer de Hussigny-Godbrange dans le nord de la Meurthe-et-Moselle ont pu reprendre ce week-end leurs visites à travers l’épopée industrielle de la Lorraine.

Se déconfiner à près de 80 mètres sous terre.
Se déconfiner à près de 80 mètres sous terre. © Sébastien Rock/Francetv

A près de 80 mètres de fond, la sirène retentit. La lumière d’une explosion jaillit dans l’obscurité. L’extraction du minerai de fer comme si vous y étiez, il y a plus de 40 ans avant que l’exploitation des mines en Lorraine ne s’arrête. C’est la force de Hussigny-Godbrange. Un réseau de galeries où des bénévoles passionnés ont réinstallé et refait fonctionner le matériel d’époque.

Après près d’un an de fermeture, ils ont pu réaccueillir samedi 8 mai 2021 un groupe d’une vingtaine de visiteurs.
"C’est un bonheur de retrouver les visiteurs parce que c’est un bonheur de faire connaître aux gens ce qui s’est passé en dessous à pied pendant 100 ans", explique Jean-François Gelezuinas, un des guides bénévoles de l'Association d'Histoire Industrielle.

Tir de mine au fond.
Tir de mine au fond. © Sébastien Rock/Francetv

Mémoire effacée

Ces passionnés français et luxembourgeois, dont certains sont fils de mineurs, s’appellent sur leur site internet des "flibustiers-archéologues". Leurs engins (jumbo de forage, chargeuses sur chenille, purgeuses) sont tous en état de marche. Au fond, l’un d’eux fait une démonstration de l’enflammage de l’acétylène, le gaz des lampes à carbure que portaient les mineurs pour s'éclairer à partir de 1900.

Démonstration du fonctionnement de la lampe à carbure.
Démonstration du fonctionnement de la lampe à carbure. © Sébastien Rock/Francetv

"Il y a des gens qui sont venus travailler dans le bassin d’emploi du Grand duché et qui ne connaissent pas forcément la vie en sous-sol. Les sociétés minières se sont fait fort d’effacer toute la mémoire qu’il y avait à l’extérieur et même celle de l’intérieur. Tout a été vidé. Ce sont les bénévoles de l’association qui ont tout reconstruit", raconte Jean-François Gelezuinas.

Se déconfiner…dans une mine

Il y en a qui rêvent de voir rouvrir les terrasses. Pour ces visiteurs, la première sortie idéale de ce déconfinement qui s’amorce c’était de descendre au fond, munis de casques et de lampes frontales. Un leçon d’histoire de plus de deux heures qu’à choisi de faire en famille cette habitante de Hussigny. Elle ne connaissait pas la mine et explique : "Ça fait plaisir de pouvoir sortir après toute cette pandémie. Avoir une petite vie sociale entre guillemets."

Pour ce Luxembourgeois qui a tenu à emmener sa femme, il y a même de l’émotion. "Mon grand-père a travaillé ici dans la mine. A cause de cela, j’ai toujours voulu travailler dans une galerie."

Les prochaines visites guidées à la mine de Hussigny-Godbrange auront lieu les 5 et 26 juin et les 17,18 et 19 juillet.

Les mines de fer en chiffres

Sur le secteur, les galeries ont été exploitées de 1874 jusqu’au au 31 décembre 1978. Au plus fort de son activité en 73, on a extrait à Hussigny-godbrange 1.470.000 tonnes de minerai de fer par an. 
Mais l’âge d’or des mines de fer en Lorraine c’est la fin des années 1920. En 1929, la Meurthe-et-Moselle emploie 34 277 mineurs et 48 millions de tonnes de minerai sont extraites. La moitié de ces mineurs est d’origine italienne.
(Source: Association d'Histoire Industrielle Hussigny-Godbrange)

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