Un lynx allemand traverse la frontière alsacienne pour s’établir dans les Vosges du Nord

La zone de vie de ce félin est transfrontalière, mais s’étale plus particulièrement entre Sturzelbronn et Lembach. / © Document remis, Parc naturel régional des Vosges du Nord
La zone de vie de ce félin est transfrontalière, mais s’étale plus particulièrement entre Sturzelbronn et Lembach. / © Document remis, Parc naturel régional des Vosges du Nord

Juri est un lynx. Réintroduit en Allemagne en début de l’année 2018, il s’est établi dans le parc naturel des Vosges du Nord depuis mi-mai. Et il semble bien parti pour y demeurer. 

Par Vincent Ballester

C’est l’histoire d’un lynx suisse devenu français après un séjour en Allemagne… Non, non, il ne s’agit pas du début d’un conte : tout est réel. Tout commence en mars : Juri, un lynx âgé de 2 ans, est relâché à Waldleiningen (Rhénanie-Palatinat, en Allemagne). Mais ce matou a la bougeotte. Si bien qu’en mai, on signale qu’il a traversé la frontière française, à soixante kilomètres au sud. Il demeure depuis dans les Vosges du Nord, qui avec la forêt palatine forment ce qu’on appelle la  réserve de biosphère transfrontalière des Vosges du Nord-Pfälzerwald. Après tout, rien ne dit que le principe de libre-circulation des citoyens de l’Union européenne ne s’applique pas aux lynx.

La zone de vie de ce félin est transfrontalière, mais s’étale plus particulièrement entre Sturzelbronn (Moselle) et Lembach (Bas-Rhin). Ceci a été rendu possible par le programme européen Life Lynx. Il doit permettre, à terme, d’atteindre une population viable de 45 lynx. Onze lynx, prélevés dans les Carpates (Europe centrale) et le Jura suisse (dont est issu Juri), ont déjà été relâchés. Ce nombre devrait être porté à 20 d’ici l’année 2020.

Pas de danger pour les humains

Cet établissement durable du lynx dans les Vosges du Nord est une victoire pour celles et ceux qui concourent à sa protection. Longtemps traqué pour sa fourrure, le lynx fait aujourd’hui l’objet de mesures de réintroduction adéquates. Cet animal ne peut en effet recoloniser seul les territoires qu’il occupait autrefois : un lynx ne s’établit qu’à côté de la zone de vie d’un autre lynx.
Coloniser les Vosges du Nord, ça fatigue. / © Document remis, Parc naturel régional des Vosges du Nord
Coloniser les Vosges du Nord, ça fatigue. / © Document remis, Parc naturel régional des Vosges du Nord
Si cet «emménagement» en Alsace est une bonne nouvelle pour les associations de protection de la nature et d’éventuels futurs autres lynx, les éleveurs et chasseurs pourraient faire grise mine. Or, il est important que le public accueille favorablement ce lynx dans son nouveau lieu de vie. C’est pour cela qu’a été fondé le «Parlement du lynx», afin de rendre le dialogue possible entre toutes les personnes concernées.

Les chasseurs sont invités à photographier tout ce qu’ils pourraient voir de ce lynx s’ils venaient à le croiser. Les professionnels de l’élevage, eux, seront indemnisés si leurs troupeaux sont attaqués. Mais ces attaques sont rares, et une simple clôture électrique peut normalement rendre le phénomène évitable. Quant aux promeneurs et promeneuses, rien ne change : les lynx n’attaquent pas les humains. Mais pour en voir un, il leur faudra… un œil de lynx.

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