Au mondial de la carpe de Madine : “sortir la plus grosse du lac”

Guyla Somogyi, représentant la Hongrie, a pris la tête de la compétition dès la première matinée avec une carpe de 24 kilos. / © World Carp Classic
Guyla Somogyi, représentant la Hongrie, a pris la tête de la compétition dès la première matinée avec une carpe de 24 kilos. / © World Carp Classic

La 21e édition de la World Carp Classic se déroule jusque samedi sur les berges du lac de Madine. Pour les 106 équipes venues de 25 nations différentes, l'objectif est le même : pêcher la plus grosse carpe, avant de la remettre à l'eau. Le record de la compétition est à 29,8 kilos.

Par Emmanuel Bouard

"Cette nuit, on a été réveillé deux fois, mais c’était pour une brème et un silure, donc pour l’instant, c’est zéro prise", explique Jonathan Oehler, le local de l’étape qui prépare une vague choucroute sur un réchaud à gaz. Comme la plupart des compétiteurs de la World Carp Classic qui se tient à Madine (Meuse) jusqu'à ce samedi 28 septembre, il sait que l’épreuve est un marathon, et la patience la première des qualités.

Enfant, il venait pêcher ici avec son grand-père. La vie l’a ensuite emmené dans le sud de la France mais il a gardé la passion pour la discipline. Cette semaine il porte les couleurs de Monaco, avec deux amis. Sans se départir de son sourire, il détaille le dispositif commun à toutes les équipes : quatre cannes maximum, pêche possible jusqu’à 300 mètres de la berge. Alors que le vent forcit, et que la pluie se met à tomber, le sapeur-pompier dans le civil avoue qu’il préfère cette météo : "les carpes n’aiment pas la chaleur."

A quelques tentes de son campement flottent les drapeaux de l’Angleterre et du Pays de Galles. Keith Turner et Clive Hicks pestent contre leur emplacement de cette année.

Ce n’est pas le meilleur endroit, mais on fera avec.
- Keith Turner

L’Anglais s'explique, casquette vissée sur le crâne. "On peut considérer ça comme des vacances, parce qu’on est dans la nature, au calme pendant une semaine. Mais c’est une activité très sérieuse, on se donne à fond. Pour aller chercher le poisson il faut être actif, se déplacer, ne pas se contenter des endroits où on a déjà pris. On est équipé avec du matériel au top, on a des détecteurs sur les cannes, et un sonar."

Vainqueurs de l’édition en 2005, les deux amis savent que la chance tourne vite, et qu’une prise est possible dix secondes avant la fin de l’épreuve. Cette année, dès la première matinée, le Hongrois Guyla Somogyi a sorti une carpe de 24 kilos dès sa première touche. Pas suffisant pour remporter la compétition, puisque le règlement impose de cumuler le poids des trois meilleures prises.
Au matin du troisième jour, les Russes caracolent en tête, mais rien n’est joué. "Tous les pêcheurs sont ici pour battre le record, qui est détenu par une prise de 29,8 kilos, une carpe sortie l’an dernier ici même, explique Ross Honey, le fondateur de l’épreuve. C’est pour ça que certains ont fait des milliers de kilomètres, on a des Australiens, des Néo-Zélandais, des Sud-Africains… qui ont dédié leur vie à cette pêche."

Officiellement l’épreuve n’est pas professionnelle, même si le premier prix est de 15.000 euros, ce qui couvre tout juste les frais pour les concurrents de l’autre bout du monde. Après la parade dimanche en ouverture de la compétition, c’est la cérémonie de samedi qui réunira à nouveau tout le monde.

On est concurrent, mais on est des amis avant tout  
- Keith Hicks


 

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