Caddie bientôt sous contrôle polonais?

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Écrit par Vincent Ballester (avec AFP)

La nouvelle a été officialisée dans la soirée du jeudi 21 juin. Stéphane Dedieu, directeur général de l’entreprise Caddie, a annoncé que le groupe polonais Damix pourrait racheter 70% des actions de l’entreprise basée à Drusenheim. 

Les chariots bien français (et alsaciens) de Caddie risquent de devenir des chariots franco-polonais. Le directeur général de Caddie, cette entreprise de Drusenheim fabriquant des chariots, a évoqué des "entretiens très avancés" avec le groupe Damix. Damix, c’est un fabricant polonais de meubles et chariots destinés aux magasins. Son chiffre d’affaires est de 45 millions d’euros: le rachat de 70% des actions de Caddie pourrait lui en coûter 10 millions. L’officialisation pourrait avoir lieu en août.
Stéphane Dedieu, le directeur général, possède actuellement 65% des actions de Caddie, l’entreprise qu’il a renflouée en 2014 avec ses partenaires italien (Bertoldi, 25% des actions) et allemand (Shopbox, 10% des actions). Si la prise de contrôle était officialisée, Stéphane Dedieu devrait demeurer à la direction et conserver 20% des actions.

La fabrication des chariots reste en Alsace 

Les activités de Damix seraient divisées: la fabrication des meubles demeurerait en Pologne, et celle des chariots transférée en Alsace. Les chaînes de production des sites de Drusenheim et de Dettwiller (qui emploient 240 employé(e)s) sont en effet plus performantes, mais ne sont pas utilisées à pleine capacité.
Grâce à cette prise de contrôle, si elle se fait, les chaînes de production alsaciennes devraient tourner à plein régime. Et Caddie, primée pour son management, devrait avoir accès au gigantesque marché que représentent l’Europe de l’Est et la Russie. Les syndicats se disent "sereins", et ne souhaitent pas communiquer avant l’officialisation. Il en est de même pour la direction.
Gare à l'antonomase
Pour l'anecdote, on ne peut pas utiliser le terme "caddie" (une marque déposée) comme synonyme de "chariot de supermarché". Sinon, Caddie (l'entreprise) porte plainteLe Figaro et Libération en ont fait les (lourds) frais. Il s'agit pour l'entreprise d'empêcher que le nom de son produit-phare fasse l'objet d'une antonomase: un objet qui devient connu dans le langage courant par le nom de la marque qui l'a commercialisé... synonyme pour l'entreprise de la perte des droits de propriété intellectuelle du nom.