Marne : Après le Coronavirus, le Conseil départemental vote une prime pour les travailleurs médico-sociaux

Le Conseil départemental a voté ce vendredi 26 juin l’attribution d’une prime qui pourrait aller jusqu'à 1 500 € pour les membres travailleurs médico-sociaux exposés au Covid-19. Jusqu’à présent, seuls les employés des Ephad étaient assurés de percevoir une prime par l'État.

© Juliette Poirier / France 3 Champagne-Ardenne
C’était un vote annoncé depuis plusieurs semaines qui se confirme. Réuni ce vendredi 26 juin à Fagnières , les conseillers départementaux de la Marne ont voté pour une prime pour le personnel des établissements sociaux et médico-sociaux. Un bonus financier voulu comme un «hommage» à leur travail, déclare le président du Conseil départemental, Christian Bruyen (LR).  Il s'était prononcé en faveur de la mesure depuis plusieurs jours ; le coût pour le département est estimé à 2 millions d'euros.

Quelques semaines plus tôt, l’État assurait par décret le versement d’une prime aux soignants et aux équipes travaillant en Ephad. Cette nouvelle aide du département concernera donc les autres travailleurs médico-sociaux, qu’ils travaillent en foyer de l’enfance, d’accueil et d’hébergement des personnes handicapés, ou auprès des seniors à domicile. 
 

 

Une charge de travail accrue pendant le confinement 


À la maison d’enfance de Vitry-le-François, Francis Ferreira accueille la nouvelle avec soulagement, "C’est une nouvelle qui était attendue par les salariés".  Directeur de la structure, il avait été prévenu il y a plusieurs semaines par l’Aide sociale à l’enfance de la possibilité d’une prime pour le personnel. « Notre secteur a été particulièrement peu médiatisé. On avait l’impression qu’on parlait de tout le monde sauf de nous. »
 
Dans la Marne, près de 500 enfants sont placés dans des Maisons d'enfance à caractère social. Vitry-le-François
Dans la Marne, près de 500 enfants sont placés dans des Maisons d'enfance à caractère social. Vitry-le-François © Document remis


Durant le confinement, 43 enfants sont restés confinés dans l’enceinte du foyer. Une période difficile, où les droits de visite furent suspendus, et les sorties extérieures étroitement limitées. « L’ensemble de l’équipe s’est donnée à fond, en mettant entre parenthèses ses angoisses personnelles par rapport à la crise sanitaire. Avec le même effectif, nous avons dû faire le double de notre travail habituel, en accompagnant par exemple les enfants pour leurs cours à distance. »

 

« Ça fait toujours du bien, mais c’est peu et c’est un peu tard »


« Évidemment, la prime est bienvenue, c’était important que le Conseil départemental reconnaisse notre engagement.» Éducateur dans une maison d’enfance à caractère social de la Marne, Marc* a été mobilisé durant toute la période du confinement. « Oui, ce n’était pas facile pour nous, mais c’est pour les enfants que ça a été le plus difficile. » 

Contraint par le confinement, ces mineurs âgés de 6 à 17 ans, ont dû vivre leurs journées dans les mêmes lieux pour manger, travailler ou se distraire. « L’isolement a été très dur à vivre pour eux, ça a crée beaucoup d’angoisses. Parfois, des tensions ont éclaté, comme lorsqu’un jeune s’est enfermé dans sa chambre et a commencé à tout casser parce qu’il ne supportait plus l’enfermement. Mais je tiens à le dire, les gamins dans l’ensemble ont vraiment bien tenu. »

Travaillant dans un centre de rééducation pour enfant, Daniel Repoux est moins convaincu par l’annonce de la prime. « La prime fait toujours du bien, mais c’est peu et c’est tard, pour la reconnaissance de nos métiers ». Syndiqué à la CGT Action sociale, Daniel estime que le bonus fait office de cache-misère à un problème plus grave : l’insuffisance du nombre d’employés. « On manque de monde dans le personnel, par exemple d’orthophonistes, et ce sont les enfants qui souffrent de la situation. À l’institut Michel Fabre à Reims par exemple, des enfants se retrouvent sans orthophonie depuis plusieurs mois, et les listes d’attente continuent de s'allonger ».
 

L’appel à un rassemblement a été lancé par la section locale de la CGT Santé et Action sociale, mardi 30 juin à 9 h devant le centre hospitalier à Châlons-en-Champagne. 



*Le prénom a été modifié 
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