Marne : des puces dans vos poubelles pour plus d’écologie

Collecte des déchets avec des bacs équipés de puces RFID / © Céline Lang
Collecte des déchets avec des bacs équipés de puces RFID / © Céline Lang

260 kilos d'ordures ménagères en moyenne par habitant et par an, c'est deux fois plus qu'il y a 40 ans. Pour freiner ce phénomène, certaines collectivités tentent de responsabiliser leurs administrés avec des poubelles à puces dans la Marne. C’est ce que l’on appelle la redevance incitative.

Par Paul-Antoine Boudet

Testée pendant 1 an, la toute nouvelle redevance incitative arrive dans le sud-est de la Marne en ce début d'année 2020. Les 39.000 habitants du secteur ne peuvent désormais sortir leurs ordures que 18 fois dans l'année. 153 communes de quatre communautés de communes du sud-est de la Marne vont avoir des puces dans leur poubelle.

Objectif, compter le nombre de fois où chaque foyer sort ses ordures. La capacité du bac est proportionnelle, la taille des poubelles varie selon les foyers, de 120 à 240 litres selon la composition de la famille, et si le conteneur sort plus de 18 fois par an, les occupants devront s'acquitter d'un supplément.

Volume des bacs / © Symsem
Volume des bacs / © Symsem
 

Quel est le principe ?

Les comptes sont tenus grâce à une puce RFID (Radio Frequency Identification) présente dans chaque poubelle et des capteurs spécifiques sur les camions de ramassage collectant ainsi toutes les informations nécessaires à la traçabilité des déchets. Chaque foyer, pour ces 18 ramassages, paye un forfait compris entre 100 et 270 € par an selon sa composition familiale.

Les pénalités tombent ensuite en cas de dépassement, entre 1,20 € et 7 € par conteneur supplémentaire. Concrètement, chaque foyer a le droit à 18 ramassages, soit un peu moins d'un tous les trois semaines. Ceux qui sortent leur poubelle moins souvent paieront quand même la redevance correspondant à 18 ramassages.
 


Ainsi, un couple avec deux enfants qui voudrait continuer de sortir sa poubelle une fois par semaine paierait une pénalité de 170 euros par an en plus de son forfait de base. L'objectif est de sensibiliser les habitants au tri des déchets. En effet, la redevance incitative est un mode de facturation de la collecte des ordures ménagères calculée au service rendu, c'est le principe du pollueur payeur. Dans le détail, elle se compose d’une part fixe et d’une part variable. Seules les ordures ménagères seront soumises à la redevance incitative, la collecte sélective n'est pas concernée par cette nouvelle mesure.
 
Prix des levées / © Symsem
Prix des levées / © Symsem
 

Réaliser des économies pour les habitants et les collectivités

Pour les habitants, ce comportement devient donc synonyme d'économies. Un habitant payait auparavant 186 € en moyenne de taxes sur ses ordures ménagères, dès aujourd’hui ce montant est de 100 €. Cette redevance incitative mise en place par la Symsem (Syndicat mixte du Sud Est marnais) pourrait lui permettre de faire des économies et à même permis la création d’un emploi. De quoi également alléger les budgets des collectivités : la réduction des quantités de déchets diminuant du même coût la TGAP.

Le but est de payer uniquement ce que l’on produit, sans cette mesure incitative nous aurions dû augmenter les coûts des enlèvements d’environ 10 euros par an et par habitant.
Yves Renollet, directeur technique à la Symsem.


Le coût de cette initiative représente un budget de 600.000€ pour le Syndicat mixte, confirme le directeur technique.
 

Une volonté écologique et environnementale

Il y a, à la fois une volonté économique, en réduisant le nombre de levées mais aussi écologique, en réduisant l’abondance des ordures. «La première économie c'est le tri, mais aussi le plastique, les bios déchets que l'on peut mettre au compost, les achats avec moins d'emballage... Une fois que l'on fait ça, on réduit de 50% les volumes», précise le directeur technique de la SymsemLa préoccupation qui était d'abord économique, devient aussi écologique.

De plus, la Symsem met à disposition des bacs composteurs avec une participation à hauteur 50% de la collectivité soit environ 25 euros pour les 400 litres, afin de gérer au mieux les bios-déchets.
 
Une mesure significative pour la gestion des déchets / © Paul-Antoine Boudet
Une mesure significative pour la gestion des déchets / © Paul-Antoine Boudet
 

Enjeu écologique pour le territoire

C’était aussi un impératif et un enjeu écologique pour Yves Renollet. « Nous étions quasiment les derniers à ne pas fournir cette offre, et dans le contexte environnementale actuel il était indispensable que nous la mettions en place après presque un an de test », développe-t-il.

La Marne semble être en retard par rapport au département des Ardennes. En 2020,  selon l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), 30% des administrés seront concernés par ce système. En France et dans le Grand Est, 22% des collectivités sont déjà passées à ce système de gestion des déchets.

De son côté, Yves Renollet souhaite aussi donner quelques conseils pour éviter de sortir sa poubelle trop souvent. « Un arrangement avec son voisin est possible en alternant celui qui sort les ordures, cela pour pouvoir sortir les poubelles toutes les semaines » assure-t-il. Les chiffres parlent d’eux même selon la Symsem, « nous étions a plus de 184 kilos par habitant en 2018, en 2019 nous étions descendus à 151 kilos, ce qui montre la réelle volonté de gérer ses déchets et aujourd’hui les chiffres vont encore baisser ».

Et pour la facturation ?

Selon la Symsem deux factures seront éditées par an avec le détail des volumes collectés par habitation. La première pour la période du 1 janvier au 30 juin, la seconde pour celle du 1 juillet au 31 décembre. La facture est à régler par l’occupant du logement, donc le producteur des déchets, qu’il soit locataire ou propriétaire. Plus d’informations sur le site www.symsem.fr





 

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