Une Marnaise prétendante au titre de Miss Handi France

La Châlonnaise Monique Cugnot défendra ce dimanche 3 mars les couleurs de la région Grand Est lors de l'élection de Miss Handi France 2019. Son objectif : changer le regard des autres sur le handicap.

Grâce à son engagement associatif, Monique Cugnot a appris à accepter son handicap.
Grâce à son engagement associatif, Monique Cugnot a appris à accepter son handicap. © Isabelle Griffon / France 3 Champagne-Ardenne
"Handicapée ? Non, handicapable !", corrige d'emblée Monique Cugnot. Une formule qui n'est pas qu'un simple jeu de mots pour cette jeune Marnaise de 33 ans, originaire de La Chapelle-Saint-Luc, près de Troyes. Elle tente au quotidien de se surpasser. Elue miss Handi Grand Est en juin dernier, elle s'apprête à concourir au titre national ce dimanche 3 mars à Gouesnou, en Bretagne.

Susciter de l'espoir pour toutes les personnes en situation de handicap.

De l'espoir, il lui en a fallu pour surmonter son accident. Fin janvier 2017, cette ancienne employée de banque fait une violente chute sur son lieu de travail. Elle se réveille à l'hôpital, puis reste alitée pendant quatre mois. "Je n'étais vraiment pas bien, se souvient Monique. La rééducation allait être longue, je ne pouvais plus m'occuper de mes enfants." Atteinte d'une pseudarthrose de l'odontoïde et de la névralgie d'Arnold, elle souffre au quotidien de violentes douleurs, migraines, nausées et pertes d'équilibres. Seule sa canne trahit son handicap.
 

Faire de son handicap un atout

Maman de deux jeunes garçons en bas âge, elle refuse de se laisser aller : "Sans eux, je serais passée de l'autre côté". Son mari lui conseille alors de se tourner vers une association. Monique contacte Handi Model Grand Est, basée à La Chapelle Saint-Luc, qui organise l'élection régionale de Miss Handi. Son credo : "Osez faire de votre handicap un atout".

Très vite, la jeune femme accroche avec sa présidente, également en situation de handicap, et s'engage comme bénévole pour faire connaître l'association. Puis elle saute le pas, s'inscrit au concours et remporte le titre. "A ma grande surprise, confie-t-elle. Pour moi, c'est la plus belle des façons de désacraliser le handicap et d'élever nos voix."

Avec son écharpe de miss, la Marnaise parcourt la région pour participer à des rencontres ou des conférences. Ce vendredi 1er mars, elle intervient au lycée Pierre-Bayen de Châlons-en-Champagne pour sensibiliser les élèves au handicap.

Ambassadrice

Ce travail d'ambassadrice, Monique aimerait désormais le réaliser au niveau national en devenant Miss Handi France.

J'ai envie d'aller le plus loin possible, mais toutes les Miss méritent cette couronne

Face à six concurrentes, elle espère convaincre le jury avec son parcours atypique. Et son sourire. "Je l'avais perdu après mon accident, il est revenu, glisse-t-elle. Le handicap ne doit pas nous empêcher de réaliser nos rêves, même les plus fous."  

La jeune femme se plaît à citer ces vers de Grand Corps Malade : "Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre. Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction. Ce sixième sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre". Une envie qui la pousse aujourd'hui, après dix ans dans la banque, à se reconvertir dans le journalisme. Après avoir tant évoqué son parcours, elle aimerait désormais raconter celui des autres.

Voir l'interview de Monique Cugnot (JT 12/13 du 24/09/2019)

 
Le V de la victoire pour celle que ses proches surnomme "Momo".
Le V de la victoire pour celle que ses proches surnomme "Momo". © Françoise Monsallier
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