Marne : le hameau des Coqs en guerre contre 40 000 poules

A Dormans (Marne), un agriculteur veut implanter un élevage de 40.000 poules en plein-air. Les habitants des alentours s’opposent à ce projet, s’inquiétant notamment des nuisances sonores et olfactives. Des arguments face auxquels l'agriculteur Olivier Coubronne se veut rassurant.

Un élevage en plein air de 40.000 poules à Dormans (Marne) oppose les habitants des communes avoisinantes et l'agriculteur porteur du projet
Un élevage en plein air de 40.000 poules à Dormans (Marne) oppose les habitants des communes avoisinantes et l'agriculteur porteur du projet © Céline Lang / France 3 Champagne-Ardenne
A Dormans (Marne), Olivier Coubronne, agriculteur, veut implanter un élevage en plein-air de 40.000 poules. Un projet qui inquiète les communes avoisinantes, notamment le village de Courthiézy où le hameau des Coqs se trouve à 500 mètres du futur projet.

L’inquiétude majeure pour ses habitants : la peur des nuisances sonores et olfactives. Lors de la consultation de la préfecture menée en juillet 2019, ils se sont majoritairement opposés au projet. Ils ont également lancé une pétition qui a recueilli 200 signatures à ce jour d’après le premier adjoint Bertrand Apeloig. 

Olivier Coubronne se veut toutefois rassurant  : selon lui, la distance est trop importante pour que le bruit parvienne jusqu’au hameau. Autre inquiétude des habitants : ils craignent que leur eau soit polluée par la fiente mais cela est « impossible » selon l'agriculteur. 
 

Anticiper 

« Je voulais mettre de l’engrais naturel dans mes champs », raconte Olivier Coubronne. Cultivateur de céréales, il se servira de la fiente des poules pour épandre sur ses champs. Avec son élevage en plein-air, l’agriculteur veut aussi anticiper de futurs obligations : la vente d'oeufs élevés en cage devrait être interdite d'ici 2022, un engagment de campagne d'Emmanuel Macron réaffirmé par l'ancien ministre de l'agriculture Stéphane Travert en février 2018.

D’après l’agriculteur, la France ne pourra pas produire cette quantité et sera dans l’obligation d’importer des œufs de l’étranger. « On fait ce que le consommateur va nous demander demain », résume-t-il. 
 

Découverte tardive du projet

Mais les habitants de Courthiézy regrettent aussi de n’avoir été mis au courant du projet que très tard. Ils en ont pris connaissance en juin 2019 alors que le dossier ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement) avait été déposé à la préfecture en novembre 2018.

Je ne suis pas sûr que ce soit la solution pour l’avenir,
Bertrand Apeloig, premier adjoint du village de Courthiézy


Plus que cela, le premier adjoint, s’oppose aussi au caractère industriel de cette production, éloignée du modèle moins productiviste qu’il prône. « Je ne suis pas sûr que ce soit la solution pour l’avenir », explique-t-il.


Orientation du bâtiment défavorable

« On aurait espéré une orientation moins nuisible pour nos habitations », déplore Sylvain Bizzocchi, maire de Courthiézy, sans étiquette. Le bâtiment pourrait notamment avoir un impact sur le paysage. Mais pour l'agriculteur, changer son orientation serait trop compliqué. Il devrait « repartir à zéro », c’est-à-dire repousser le projet d’un an. Cela lui demanderait également d’empiéter sur des terres qui ne lui appartiennent pas et qu’il devrait alors racheter.

 J’ai l’impression que les gens qui sont contre resteront contre,
Olivier Coubronne, porteur du projet de l’élevage de 40.000 poules

Pour qu’ils aient une idée concrète de ce qu’un élevage de 40.000 poules engendre en termes de bruit et d’odeur, Olivier Coubronne a organisé la visite d’un espace similaire avec les conseillers municipaux. Il regrette la faible présence de ces derniers et a l’impression que « les gens qui sont contre resteront contre ». Malgré tout, il ne se dit pas inquiet quant à son projet. Selon lui, aucune raison ne peut bloquer le dossier auprès de la préfecture.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture animaux