Génocide au Rwanda : un couple rémois continue de se battre pour obtenir justice

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22 ans après le génocide Rwandais, un deuxième procès doit s'ouvrir, à Paris, demain mardi 10 mai. Un couple de Rémois, Alain et Dafroza Gauthier traquent depuis 20 ans les responsables d'un massacre qui a causé la mort de plus de 800 000 personnes entre avril et juin 1994.     

Alain et Dafroza Gauthier consacrent désormais leur vie à poursuivre les responsables du génocide rwandais afin que justice soit rendue. En 1994, Dafroza perd sa mère et plusieurs membres de sa famille dans les exactions commises contre les Tutsi. C’est un procès à Bruxelles en 2001 et une première condamnation de génocidaires qui va les pousser à s’engager sur la voie judiciaire. Ensemble, ils créent le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda, une association qui a pour vocation de « soutenir moralement et financièrement tous ceux qui, dans le cadre du génocide perpétré au Rwanda en 1994, porteraient plainte contre des présumés génocidaires et principalement ceux réfugiés sur le sol français, de se porter elle-même partie civile contre les présumés génocidaires et d’apporter aide à toute action visant à préserver la mémoire des victimes ».

Alain et Dafroza Gauthier, invités du 12/13 de ce lundi 9 mai.

Direct de Dafroza Gauthier et Alain Gauthier ©France 3 Champagne-Ardenne

En mars 2014, un premier procès d’une durée de 6 semaines avait vu la condamnation de Pascal Simbikangwa, un ancien capitaine de l’armée rwandaise, à 25 ans de prison pour génocide et complicité de crimes contre l’humanité. Un premier procès qui n’aurait pas pu avoir lieu sans l’implication du couple rémois qui, avec le Collectif s’était constitué partie civile. Depuis Pascal Simbikangwa a fait appel de sa condamnation, un deuxième procès aura lieu en fin d’année au tribunal de Bobigny.

Des victimes présentes à la barre.

Le procès qui doit s’ouvrir demain, mardi 10 mai voit ses prémices débuter en 2009 quand le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda dépose une première plainte à l’encontre d’un des prévenus. 7 ans après, les deux accusés, Octavien Ngenzi et Tito Barahira seront jugés pour « crimes contre l'humanité » et « génocide », pour « une pratique massive et systématique d'exécutions sommaires » en application d'un « plan concerté tendant à la destruction » du groupe ethnique tutsi. Les deux accusés devront faire face à au moins 7 victimes qui viendront témoigner à la barre. Une présence qui devrait « rendre les débats un peu plus concrets. » précise Alain Gauthier. Le procès doit durer 8 semaines.
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