A 22 ans deux rémoises partent en mission humanitaire à Madagascar

Nafissa Nachate et Héloïse Duhamel rêvaient depuis six années de partir en mission humanitaire. Leur projet se réalise et elles s'envolent le 19 octobre pour deux semaines à Madagascar. / © L. Meney / France 3 Champagne-Ardenne
Nafissa Nachate et Héloïse Duhamel rêvaient depuis six années de partir en mission humanitaire. Leur projet se réalise et elles s'envolent le 19 octobre pour deux semaines à Madagascar. / © L. Meney / France 3 Champagne-Ardenne

Le 19 octobre elles s'envoleront pour Madagascar pour leur toute première mission humanitaire. Nafissa et Héloïse deux jeunes rémoises de 22 ans en rêvaient depuis 6 années. Le temps de s'accomplir professionnellement, de devenir aide-soignante et infirmière, et leur rêve devient réalité.
 

Par Isabelle Forboteaux

Nafissa Nachate et Héloïse Duhamel sont toutes jeunes et y pensent depuis qu'elles se sont rencontrées au lycée Libergier de Reims.
Toutes deux en études sanitaires-sociales, elles travaillent souvent ensemble et deviennent amies. C'est à cette période qu'elles émettent le souhait de partir à l'étranger aider une population en difficulté.
A l'époque pas plus de précisions, juste cette idée bien ancrée.

Six ans plus tard, leurs diplômes d'aide-soignante et d'infirmière en poche, bien installées dans leur vie professionnelle, elles décident de monter leur projet.

Nous tenons parole. Ça fait partie de moi. C'est un besoin d'aider les autres.
N. Nachate, aide-soignante.

Un ADN commun : besoin d'aider son prochain

Le choix de leur métier ne tient pas du hasard. Héloïse est infirmière et travaille de nuit. Nafissa est aide-soignante à l'Ephad Wilson à Reims.
Des milieux où l'approche humaine et humaniste est indispensable.
A la résidence Wilson, Nafissa partage son projet avec l'ensemble de ses collègues et une partie des résidents. Ils sont tous très fiers de ce qu'elle s'apprête à réaliser.
"Elle a ça en elle, aider les autres est sa devise", raconte Jean-Marie, pensionnaire de l'Ephad Wilson. Très complice avec Nafissa, il explique aussi : "j'ai eu un correspondant malgache au lycée. J'en garde un bon souvenir. Je ne l'ai jamais vu, nous avons juste eu des échanges épistolaires mais j'ai appris un peu sur le peuple malgache. Je compte sur Nafissa pour tout me raconter."

 

Lors d'une mission humanitaire à Madagascar réalisée par l'ONG Mission Humanitaire. / © "Mission Humanitaire"
Lors d'une mission humanitaire à Madagascar réalisée par l'ONG Mission Humanitaire. / © "Mission Humanitaire"


Destination le nord-ouest de Madagascar

Durant deux semaines, encadrées par l'association "Mission Humanitaire", Nafissa et Héloïse vont partir à la rencontre de la population malgache et surtout leur venir en aide médicalement.

Madagascar, à près de 9000 km de Reims, puis Mahajanga dans le nord-ouest du pays. Les deux jeunes femmes sont à la fois très impatientes et très impressionnées.
"Nous savons que nous allons réaliser des consultations médicales, de l'éducation à la prévention autour des maladies comme la rougeole, le paludisme, le VIH. Beaucoup de personnes nous attendent", précise Héloïse.

Elles ne partent pas à l'aventure et ont pris le soin de choisir scrupuleusement l'ONG qui saura les encadrer professionnellement mais aussi humainement. Mission humanitaire est une association avec beaucoup d'expériences et elles seront au milieu d'autres bénévoles.
Madagascar est l'un des pays les plus pauvres du monde avec évidemment une population en grande souffrance. Et c'est cette approche qui est impressionnante à envisager.

La pauvreté est extrême et l'accès aux soins très précaires, et j'appréhende. Mais je vois cela comme une expérience. Une prise de conscience des disparités.
H. Duhamel, infirmière.

Nafissa aussi à ce même sentiment. "J'appréhende de voir l'état des malgaches, des enfants. Mais nous allons découvrir un autre pays, une autre culture. Ça va nous faire grandir".
Et l'apaisement, elles le trouvent dans leur amitié. "C'est réconfortant d'être à deux, explique Nafissa. Toute seule je n'aurai pas eu le courage. Le soir, je n'aurai pas ma maman, il me faudra Héloïse !"
Un enfant soigné par les bénévoles de Mission Humanitaire. / © "Mission Humanitaire"
Un enfant soigné par les bénévoles de Mission Humanitaire. / © "Mission Humanitaire"


Une cagnotte en ligne pour les aider au financement

Elles sont conscientes des émotions par lesquelles elles vont inévitablement passer. Conscientes qu'elles vont souffrir aussi mentalement et que le retour sera difficile.

En attendant, elles sont dans les préparatifs. Elles ont récupéré un peu de matériel médical, des médicaments et d'autres produits d'hygiène. Elles cherchent aussi quelques partenaires financiers pour boucler leur budget.
Elles ont lancé une cagnotte en ligne, appelée Mission Humanitaire à Mahajanga et déposer quelques "boites à dons" dans quelques magasins et pharmacies rémoises.
Car évidemment, les deux jeunes filles financent l'intégralité de leur mission : voyage, hébergement, nourriture.

A quelques semaines du départ, elles avouent toutes les deux : "plus le temps passe, plus on a hâte mais plus la boule au ventre s'intensifie…"

Nafissa et Héloïse seront différentes au retour. Riches de ces rencontres du bout du monde qui changent la vie.
Elle envisage déjà de repartir, le Vietnam peut-être.
 

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