Arnaque à la carte de transports gratuits : faites attention, Facebook n'a toujours pas supprimé la page frauduleuse

Depuis le mardi 02 avril, une tentative de hameçonage s'opère via une fausse page Facebook vous proposant une carte de transports en commun gratuits pendant six mois à Reims (Marne). Malgré les signalements et la plainte de Grands Reims Mobilités, et un important battage médiatique, Facebook n'a pas encore supprimé la page. Le même mode opératoire a été employé pour cibler d'autres agglomérations.

Toujours là une semaine après. Le mercredi 03 avril 2024, France 3 Champagne-Ardenne, depuis suivie par de nombreux médias, avertissait qu'une fausse page Facebook avait été créée pour voler les données personnelles et bancaires de personnes trop crédules sur les réseaux sociaux. 

Le procédé est simple. Une fausse page Facebook, Carte des transports publics à Reims, a été créée le lundi 1er avril (un jour férié). Elle a été complétée le mardi 02 avril, tard le soir, et assortie d'une publication sponsorisée : le créateur de la page, qui n'a rien à voir avec Grand Reims Mobilités (ex-Citura), a payé pour que le plus de gens possible voient ce qu'il a à proposer.

Une proposition généreuse, au premier abord : une carte de transports en commun permettant de circuler gratuitement pendant six mois. Trop généreuse. C'est du hameçonage, nous expliquait Céleste Moreau, administratrice sécurité informatique. Les gens cliquent sur le lien partagé, doivent remplir plusieurs champs avec leurs informations personnelles (identité, moyens de contact)... et surtout leurs données bancaires. Payer pour du gratuit, c'est louche. En réalité, vous ne recevrez jamais votre carte, et pendant ce temps, l'arnaqueur pourra vider votre compte en banque. 

Entre les 03 et 04 avril, la direction de Grand Reims Mobilités s'est démenée pour prévenir ses usagères et usagers, "On a porté plainte", explique Marie-Agnès Calvet, directrice marketing de Grands Reims Mobilités, auprès de France 3 Champagne-Ardenne. "Et on sensibilise sur nos réseaux sociaux et notre site Internet : ça n'émane pas de nous. Il ne faut surtout pas donner les renseignements qui sont demandés sur ce site."

De très nombreux partages

Logiquement, cette usurpation (grossière) de la compagnie de transports publics aurait dû entraîner la suppression de la page frauduleuse par Facebook. Ou, à tout le moins la désactivation de la publicité par laquelle l'arnaque est promue sur le réseau social.

Mais non. Ces lundi 08 et mardi 09 avril, l'arnaque est toujours diffusée, et des gens continuent à cliquer sur le lien vers le formulaire permettant le hameçonage (contre lequel la Cnil invite à lutter). Le créateur de la page veille d'ailleurs à supprimer tout commentaire bien intentionné visant à prévenir que c'est une arnaque. Arnaque partagée 276 fois depuis sa publication... (voir l'agglomération de Reims sur la carte ci-dessous)

"Quand c'est trop gros, c'est faux. On a demandé à ce que ce soit retiré", soupire Marie-Agnès Calvet. "Mais on n'a pas encore réussi à ce que ce soit effectif." Pour rappel, la plate-forme Pharos permet de signaler les arnaques en ligne.

Quand c'est trop gros, c'est faux.

Marie-Agnès Calvet, directrice marketing de Grand Reims Mobilités

France 3 Champagne-Ardenne a pu joindre un haut-responsable de Meta (groupe propriétaire de Facebook), et est en attente d'informations supplémentaires, qui n'étaient pas encore connues lors de la publication du présent article. Selon une hypothèse de ce responsable, la non-suppression de l'annonce serait liée à un signalement mal effectué par Grand Reims Mobilités. Il assure que le réseau social "ne s'en fiche pas". En attendant, l'arnaqueur continue à sévir...

Le mode opératoire est simple, et duplicable pour d'autres communes. "C'est compliqué de remonter à la source, mais ça semble être une opération d'envergure. On n'est pas le seul réseau de transports en commun concerné", regrette Marie-Agnès Calvet. C'est le cas de Nice (Côte-d'Azur), notamment, à la fin mars. Si la publication sponsorisée a (enfin) été supprimée, ce n'est toujours pas le cas de la page...