Confinement : pour cette mère célibataire confinée avec 5 enfants à Reims, le mois d’avril s'annonce difficile

Lorsqu’elle a appris en écoutant le président Macron que les écoles allaient fermer dès le 5 avril, pour un mois au moins, cette mère célibataire de 5 jeunes enfants à Reims, a vu sa vie quotidienne basculer en quelques minutes. 

Elena va s'occuper seule de ses 5 enfants pendant le mois d'avril à Reims, sans école, ni centre de loisirs. Elle ne se plaint pas, mais son cas est le reflet de beaucoup d'autres parents isolés.
Elena va s'occuper seule de ses 5 enfants pendant le mois d'avril à Reims, sans école, ni centre de loisirs. Elle ne se plaint pas, mais son cas est le reflet de beaucoup d'autres parents isolés. © FTV

"Nous allons fermer trois semaines, crèches, écoles collèges et lycées, mais le calendrier scolaire sera adapté pour ne pas laisser les enfants seuls, nous devrons préserver l’éducation. Les cours se feront à la maison. Les deux semaines suivantes seront placées en vacances de printemps. La rentrée aura lieu le 26 avril." Lorsqu'Elisena a entendu ces phrases d'Emmanuel Macron à la télévision, le 31 mars 2021 peu après 20h, elle a longuement soupiré. Elle n’aura plus une minute de libre à compter de ce vendredi 2 avril au soir. Ses enfants eux, ont bondi de joie. Même si, à bien y réfléchir, ils aiment aussi bien aller à l’école ou en centre de loisirs. Seulement en avril, il faudra s'en passer. Les écoles seront fermées. 

Elisena élève seule ses cinq enfants. Originaire d'Haïti, elle habite dans un immeuble d’un quartier populaire de Reims. Elle a obtenu cet appartement social en 2020, après avoir vécu à six dans une seule chambre chez sa cousine. Ses enfants ont 12 ans, pour sa fille aînée en classe de sixième, puis 8 ans, 7 ans, 4 ans et un bébé d’un an. Ce petit monde vit dans un appartement dont Elena ne se plaint pas, ce n'est pas le genre, au contraire, il est spacieux et fait 100 m2. A six, la place ne manque pas.

Le mythe du cours à distance

Mais désormais, le problème est ailleurs. Certes, comme l'a rappelé le chef de l'Etat, l'éducation des enfants n'est pas négociable mais cela s'annonce compliqué pour cette femme trentenaire et sa famille nombreuse. "Oui, ça va être compliqué, ça me dérange la fermeture de l’école. C’est difficile, ils vont faire les cours à distance mais ils préfèrent aller à l’école. Je vais faire comme d’habitude, rester à la maison, mais ça m’embête, car ils n’écoutent pas et le centre de loisirs sera fermé." 

Les enfants d'Elisena vont aussi aider leur maman dans le quotidien. Il faudra naviguer entre surveillance, repas, course et loisirs. La plus grande, âgée de 12 ans, va prêter main forte, comme toujours.  Mais se pose aussi la question de suivre un cours "en distanciel" quand on est enfant. Même si, de fait, cela ne va durer que quelques jours, avec l'avancée du début des vacances de printemps pour tous au 12 avril. De toute façon, "ils n’ont pas d’ordinateur pour suivre à distance, le dernier acheté a été vite cassé, sourit Elena. On va faire avec mon portable. Et on va s’organiser." Fataliste, Elisena n’a pour l’instant pas demandé ni reçu d’aide du voisinage.

"Je garde le moral, mais le mois d’avril va être compliqué, personne ne m’a proposé de l’aide. J’aimerais bien que quelqu’un m’aide, mais tout le monde est occupé. Je vais me débrouiller, avec les enfants même si je pense qu’ils vont prendre du retard. Mais avec ma fille, on va s'organiser. Ma fille de 12 ans, va aider, et travailler aussi. Elle m’a dit t’inquiète pas maman, je vais t’aider. Elle est en sixième. Elle redouble mais cette année, elle travaille bien à l’école."

Ma fille de 12 ans m’a dit : t’inquiète pas maman, je vais t’aider.

 Elisena 

Elisena, 36 ans, sait déjà comment va se passer le mois d’avril dans sa famille. "Les enfants font du bruit, ils s’amusent, ils sont devant les écrans, ils vont jouer aux jeux vidéos." Le parcours de cette mère de famille est déjà chaotique. Et cette jeune femme a tendance à ne pas trop sortir dans son quartier. Elle vit souvent chez elle, en intérieur. Elle avoue aussi avoir du mal à gérer seule sa tribu dynamique. Née en Haiti, elle en est partie à 19 ans pour vivre en Guyane et est en France depuis deux ans. Atteinte d'une maladie à l’estomac, son médecin lui avait conseillé de venir se faire soigner en métropole. Aujourd'hui elle doit affronter un autre combat, pour l'avenir de ses enfants. 

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