Coronavirus : la pollution dans les agglomérations diminue avec le confinement

Après plus d'une semaine de confinement lié au covid-19, le constat est sans appel. L'air extérieur des zones urbaines, est moins pollué, grâce à la diminution drastique du nombre de voitures. Attention toutefois à ce que l'air intérieur du domicile reste sain.
Avec un centre-ville déserté, on respire mieux à Reims
Avec un centre-ville déserté, on respire mieux à Reims © Layla Landry / France Télévisons
En une semaine, les effets du confinement se font déjà sentir au niveau de la pollution atmosphérique de la région Grand-Est. "Depuis le début des mesures de restriction, le trafic routier dans l'agglomération rémoise a enregistré une baisse de 70 %", explique David Rozenfarb, le responsable communication d'ATMO Grand-Est.

Cet organisme régional surveille la qualité de l’air. Pour étudier l'évolution de la pollution en fonction des zones, plusieurs facteurs sont pris en compte : la baisse du trafic lié au confinement, les autres sources d'émission comme le chauffage qui a pu augmenter et les conditions météorologiques qui jouent sur l'accumulation ou la dispersion de la pollution.

"Les simulations mettent en évidence un bénéfice de 10 à 25% pour une majorité d’habitants, voire supérieur à 25% pour les logements à proximité des axes majeurs, détaille Emmanuelle Drab-Sommesous, directrice déléguée.

En agglomération, on note une amélioration de l'air. Par contre, si l'on est en zone rural ou à distance d'axes routiers, il n'y a pas d'évolution très significative des niveaux de la pollution. 
Emmanuelle Drab-Sommesous, directrice déléguée
 


Les zones rurales bénéficient moins de la baisse du trafic routier. La pollution liée à l'activité agricole continue et impact toute la région, elle n'est toutefois pas inquiétante selon Atmo. En zone urbaine, la pollution tend donc à rejoindre le niveau habituel des zones rurales, explique la directrice déléguée.
 
Evolution des moyennes journalières en NO2.
Evolution des moyennes journalières en NO2. © AtMo Grand Est
 

Des particules liées au chauffage

L'organisme a également constaté une présence de particules dans l'air liées au chauffage. En comparaison avec le mois de mars 2019, elles sont importantes, mais cela reste "dans des seuils tout à fait réglementaire", précise David Rozenfarb. Avec le confinement, les personnes restent à leur domicile et rallument le chauffage, ce qui explique cette augmentation.

Quoi qu'il en soit, on peut estimer que l'on respire deux fois mieux qu'il y a deux semaines ou même la semaine dernière avant le confinement, mais en extérieur.
David Rozenfarb, ATMO Grand Est


Selon l'organisme, il est important de penser à l'air que l'on respire dans le lieu de vie puisque désormais, on passe presque 24 heures sur 24 à l'intérieur. "La pollution peut avoir des difficultés à s'évacuer, il faut toujours garantir la ventilation du logement", ajoute Emmanuelle Drab- Sommesous

Atmo a ainsi émis plusieurs préconisations pour les personnes confinées. L'organisme recommande d'ouvrir les fenêtres 10 minutes le matin et 10 minutes le soir en créant un courant d'air afin de chasser les polluants accumulés dans le domicile.
 
David Rozenfarb rappelle qu'avec les beaux jours, les arbres les plus allergisants, comme les bouleaux, commencent à émettre. Pour les personnes sensibles aux allergies, il conseille "de ne pas aller trop à l'extérieur et de ne pas ouvrir les fenêtres en journée, sinon les pollens de bouleau risquent d'entrer dans leur domicile." Ces méthodes sont primordiales selon Atmo afin de bénéficier d'une qualité d'air optimale en cette période d'enfermement.
 
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