Coronavirus. Les conseils d'un diététicien à Reims pour ne pas grossir quand on est confiné

Confinement, télétravail, peur de l'épidémie de Covid-19, ennui, quand on est à la maison, il est plus facile de grignoter. Pour éviter de prendre du poids, Thomas D'Amico, diététicien à Reims, nous donne quelques conseils. 

Le lundi 16 mars, Emmanuel Macron a demandé aux Français de rester chez eux pendant 15 jours au moins pour limiter la propagation de l'épidémie de Covid 19. Comment faire pour que confinement ne rime pas avec grossissement ? L'important est de ritualiser les repas.
Le lundi 16 mars, Emmanuel Macron a demandé aux Français de rester chez eux pendant 15 jours au moins pour limiter la propagation de l'épidémie de Covid 19. Comment faire pour que confinement ne rime pas avec grossissement ? L'important est de ritualiser les repas. © L.L/ FTV
Pendant plusieurs jours, voire semaines, les Français sont invités à rester chez eux pour limiter la propagation du Covid -19. Télétravail, garde d'enfants, comment résister à la tentation de grignoter ? Pour le diététicien rémois, Thomas D'Amico, ce confinement va agir sur trois niveaux, l'activité physique, la nutrition et le psychisme. 

Sur les réseaux sociaux, certains internautes envisagent déjà cette quarantaine avec humour et pessimisme. "On va finir obèse". 


Maintenir une activité physique 

Il est conseillé de faire 10.000 pas par jour pour rester en forme. Mais quand on est "coincé" à la maison, difficile de respecter ces préconisations.

Pour le nutritionniste Thomas D'Amico, ce sont les personnes d'ordinaire actives qui vont le plus souffrir. "Tous ceux qui ont une activité intense, qui font les trois-huit, par exemple, ils vont se retrouver du jour au lendemain à quitter leur poste et passer pour certains du travail à la chaîne à des journées entières dans le canapé. Pour une secrétaire, c'est différent, même si elle passe en télétravail, cela ne change pas ses habitudes et sa position plus sédentaire". 

Comment bouger quand on est cloîtré chez soi ? Il existe, sur internet, des exercices très simples pour maintenir un minimum d'activité, comme lever, baisser les bras en rythme avec une musique, c'est important pour diminuer les tensions, prévenir les risques cardiaques. Mais plus le nombre de mètres carrés est réduit, plus il est difficile de mettre ces conseils en pratique.
 

Sur le plan nutritionnel : " il faut ritualiser les repas"

Comment agir et limiter notre envie de nous "jeter sur la nourriture" ? Pour ce professionnel de la diététique, tout commence au supermarché. "Si on achète plus que ce dont on a besoin, on va consommer plus, augmenter la taille de nos portions et grossir plus facilement". 

Ces derniers jours, les hypermarchés ont été pris d'assaut, par peur de manquer. Résultat, si on achète un kilo de pâtes au lieu de 500 grammes habituellement, on va être tenté d'en cuisiner plus. Thomas D'Amico conseille d'utiliser une balance alimentaire et de maintenir sa liste de courses, "cela évite de mettre dans son caddie des aliments trop caloriques type pâte à tartiner, gâteaux. A titre de comparaison, manger trois-quarts d'une barre chocolatée, équivaut à un kilo et demi de légumes". 

Selon les profils, les mesures du gouvernement pourraient aussi avoir des conséquences positives chez les commerciaux, par exemple. Habitués à aller au restaurant, dans les fast foods, leurs comportements pourraient changer. Ils cuisineraient plus, prépareraient des plats faits maison. 

Le programme national de nutrition santé "Manger, bouger" propose également gratuitement des idées de menus variés et équilibrés.  
 
Le plus important, c'est de ritualiser ses repas. Manger dans le calme, éteindre la télévision préconise le diététicien rémois, Thomas D'Amico.
Le plus important, c'est de ritualiser ses repas. Manger dans le calme, éteindre la télévision préconise le diététicien rémois, Thomas D'Amico. © Laurent Vilain/ FTV

"Le plus important, c'est de ritualiser ses repas. On éteint la télévision, toutes les sources extérieures de stress, le bruit car cela agit sur notre vitesse d'ingestion. On mange plus vite, les sensations de satieté diminuent et les troubles digestifs augmentent" avertit Thomas D'Amico.
 

Et l'alcool ? 

Le confinement pourrait avoir des répercussions positives sur notre consommation d'alcool. Avant, on buvait plus facilement à tous les repas, maintenant, on l'associe davantage au plaisir et aux moments festifs. Mais avec la fermeture des bars, restaurants, fini les sorties entre amis. 


Attention aux enfants

Les recommandations de notre nutritionniste sont les mêmes pour les enfants. Mais pour les plus jeunes, il est encore plus compliqué de gérer ses pulsions alimentaires. Thomas D'Amico précise "qu'il ne faut pas trop de restrictions, les restrictions amènent à faire des excès". Il faut les autoriser à manger un bonbon, un gâteau mais en dehors de la télévision au risque de finir le paquet.

Leurs sources de plaisirs (livres, télévision, tablettes, jeux...) sont plus limitées que pour les adultes. Il ne faut pas leur interdire de manger sinon ils pourraient avoir une relation conflictuelle avec la nourriture. "Ils pourraient voler, cacher des bonbons par peur de manquer".


Comment gérer nos émotions

La plus grande difficulté sera sur le plan psychique, la manière de gérer nos émotions. "Quand on s'ennuie, on mange. Moins on a de sources de plaisir (voir ses amis, sa famille, sortir, aller au cinéma, au restaurant), plus on compense avec la nourriture" explique Thomas D'Amico. 

Il faut trouver d'autres "petits bonheurs", organiser des sessions "jeux de société" en famille, avoir des projets qui nous font tenir et penser à autre chose que la nourriture. 

Car attention à ne pas trop déprimer. Sur Twitter, cette internaute s'inquiète, privée de salle de sport, elle a peur de devenir "dépressive et obèse". 


L'environnement joue aussi un rôle important. A la maison, on est plus proche de la nourriture. Contrairement à notre lieu de travail, on se retrouve à quelques mètres seulement de notre garde-manger. L'ennui est également notre principal ennemi. 

Autre facteur aggravant : le stress. "Il faut gérer les enfants, le télétravail, le matériel informatique, tout cela, c'est nouveau et dans une ambiance de fn du monde" souligne Thomas D'Amico.


 
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