Asthme : "nous avons tous un risque de devenir asthmatique"

C'est la journée mondiale de l'asthme ce mardi 7 mai 2024. Cette maladie respiratoire touche, en France, environ 4 millions de personnes. Allergies, pollens ou pollution, ces facteurs, qui favorisent l’apparition de cette maladie inflammatoire chronique, sont en augmentation. Les spécialistes interrogés pensent donc que nous serons de plus en plus nombreux à être touchés par l'asthme.

Allergies, pollution ou encore l'hérédité génétique, autant de facteurs qui peuvent expliquer l’apparition de l’asthme. Cette maladie respiratoire touche, en France, environ 4 millions de personnes et tue près de 900 individus par an. Les spécialistes que nous avons interrogés pensent que nous serons de plus en plus nombreux à en être atteints.

“Nous n'aurons pas tous de l’asthme dans nos vies, par contre, nous avons tous un risque de devenir asthmatique car c'est une maladie multifactorielle. Au départ, il y a une prédisposition de certaines personnes qui sont plus fragiles et plus sujettes mais ensuite, il y a l’exposition aux pollutions particulaires”, explique Maxime Hosotte, allergologue à Nancy.

Focus sur les allergies 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 50 % de la population sera allergique d’ici 2050, contre 25 à 30 % aujourd’hui. Et les allergies “font partie des prédispositions”, rappelle Maxime Hosotte. Selon l’association Asthme et allergies, une cause allergique est d'ailleurs retrouvée chez 70 à 80 % des adultes asthmatiques.

“L’asthme est l’un des symptômes les plus graves de l'allergie. Je vois de plus en plus de gens qui en souffrent”, souligne l'allergologue nancéien. “Il y a de plus en plus de pollution, ce qui a comme action, d’irriter les voies respiratoires et de rendre le pollen plus agressif. Les allergies au pollen, justement, depuis quelques années, sont aussi en nette augmentation, c’est vraiment une explosion”, ajoute Maxime Hosotte.

“L'année dernière, j’ai donné, pour la première fois, un arrêt de travail à cause de cela. Avant, on ne voyait pas ça. Comme je l’ai dit précédemment, il y a plus de pollution et plus de pollen. Et le mélange des deux, c'est pire puisque les particules fines vont aller se coller sur le pollen et le rendre encore plus allergène. Il y a un autre facteur aussi, c'est l’humidité, on pourrait croire à tort que cela a une action protectrice, sauf que non, elle aussi rend le pollen encore plus allergène”, précise l'allergologue.

Pour Maxime Hosotte, les prévisions ne sont pas bonnes : “L’environnement va devenir plus compliqué et hostile. S'il continue de déconner comme ça, ça va être invivable”, prévient-il.

D’autres facteurs 

“En général, l’incidence de l’asthme augmente dans les pays développés”, indique un pneumologue nancéien. “Elle augmente du fait de l’exposition à l’évolution comme la pollution, les éléments liés à la nutrition comme l'obésité et plus généralement les comorbidités. Il y a aussi la théorie hygiéniste qui entre en compte puisque les gens sont moins habitués à être exposés aux microbes. Enfin, le tabagisme est aussi un grand facteur de l’asthme chez l’adulte et aussi chez l’enfant si la mère enceinte fume”, révèle le médecin.

Si lui non plus ne pense pas que nous soyons tous condamnés à devenir asthmatique, il prévient : “Il y aura de plus en plus de personnes qui en souffriront”.

Le pneumologue reste tout de même optimiste quant aux avancées scientifiques : “Il y a des traitements actuels qui permettent de contrôler l’asthme, déjà les plus courants, les corticoïdes, mais il y a aussi des progrès technologiques et thérapeutiques importants et ciblés qui arrivent sur le marché”

Des propos partagés par Maxime Hosotte qui précise : “Grâce à la recherche, il y a des traitements mis en place qui permettent de soigner les gens. Ça va devenir de plus en plus facile et disponible. Au niveau de la désensibilisation, il y a des grosses nouveautés, notamment avec des traitements sous forme de comprimés”.

Les bons gestes à adopter

Si la population est de plus en plus amenée à vivre avec cette maladie, il existe quelques gestes à faire pour se protéger des facteurs déclenchant une crise d'asthme. L'Agence régionale de santé (ARS) recommande par exemple d'éviter le contact avec tout irritant bronchique, d'aérer son logement avant 10 heures et après 19 heures en période pollinique, de porter des lunettes de soleil ou encore de ne pas planter des haies de cyprès dans son jardin. À l'occasion de la journée mondiale de l'asthme, ce mardi, l'ARS Grand Est dévoile les orientations et actions prévues pour mieux dépister et prendre en charge l'asthme. Parmi elles, intégrer la qualité de l'air dans le plan de prévention Assurance maladie et déployer dans chaque département les écoles de l'asthme.