Chiffres de la délinquance en Lorraine : violences sexuelles et escroqueries en hausse

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Les faits de violence du quotidien ont augmenté en 2021, selon une enquête du ministère de l’Intérieur, publiée jeudi 27 janvier 2022. En Lorraine, les escroqueries et les violences sexuelles ont explosé.

C’est un bilan en demi-teinte. Le ministère de l’Intérieur a dévoilé les données de la délinquance de l’année dernière, jeudi 27 janvier 2022. En Lorraine, les quatre départements (Moselle, Meurthe-et-Moselle, les Vosges et la Meuse) enregistrent une hausse de plus de 12,9 % des faits constatés.

La région Grand Est connaît une augmentation des violences sexuelles de 34 % entre 2020 et 2021. 1.460 procédures judiciaires ont été déposées l’année dernière au tribunal judiciaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour ces délits.

"Cette tendance à la hausse s’explique par une meilleure prise en compte de la parole des victimes. Il y a un recours très restreint aux mains courantes et une volonté des services d’accélérer les enquêtes pénales", assure François Pérain procureur de la République de Nancy.

Environ 845 violences conjugales étaient enregistrées en 2019. "L’augmentation des cas ne signifie pas forcément qu’il y a plus de femmes battues, mais peut-être que nous sommes collectivement réactifs et attentifs".

Une flambée des escroqueries

D’après l’étude, 29.983 faits d’escroqueries ont été constatés en 2021. En Meurthe-et-Moselle, la hausse est au-dessus de 17%. "Nous avons pas mal de ventes frauduleuses de véhicules à l’occasion. Certains garages mettent les annonces sur les sites internet et il y a des arnaques", détaille Jacques Fleury, vice-président de l’UFC Que Choisir à Nancy.

Il y a également des litiges sur de la robotique proposée à deux euros, des installations photovoltaïques frauduleuses ou des démarchages à domicile

Jacques Fleury, vice-président de l’UFC Que Choisir à Nancy

L’association prend en charge 500 litiges par an en moyenne. 30 à 40% des affaires sont des affaires d’escroquerie. "Plusieurs problèmes apparaissent ensuite comme sur la délivrance des cartes grises ou des pannes. Il y a également des litiges sur de la robotique proposée à deux euros, des installations photovoltaïques frauduleuses ou des démarchages à domicile".

Les gestes à adopter face aux arnaques

L’UFC Que Choisir compte près de 1.500 adhérents en Lorraine. "Aujourd’hui, nous sensibilisons les personnes, notamment sur les démarches à entreprendre dans ce genre de situations. Il faut porter plainte ou encore demander le remboursement aux banques", rappelle Jacques Fleury. "Les messages frauduleux sont de mieux en mieux faits, notamment sur internet. Les personnes ne doivent jamais donner des informations personnelles".

Environ 50 bénévoles travaillent au sein de l’association. Ils sont répartis à Nancy, Toul, Haucourt-Moulaine, Bar le Duc, Verdun, Sarrebourg, Dieuze, Morhange et Lunéville.

"Cela fait depuis trois ans que nous remarquons une augmentation des cas d’escroqueries. Par exemple, il est nécessaire dans le domaine de l’énergie de faire appel à des artisans locaux", précise Jacques Fleury. "Nous travaillons avec des juristes et des spécialistes. Le groupe suit les dossiers. Nous organisons également des ateliers de prévention concernant les arnaques à destination des personnes âgées. Ce sont elles les plus ciblées par ce triste phénomène".

Le ministère note également une montée des "coups et blessures volontaires sur les personnes de 15 ans ou plus enregistrés par les services de sécurité". Pour autant, les vols violents sans arme et avec arme sont en diminution, notamment pour les accessoires sur véhicules.

Les cambriolages de logements sont également en baisse. La Meuse est en revanche le plus touchée au niveau national, avec une hausse de 27% des cas.