Coronavirus : la ville de Saint-Nicolas-de-Port va dépister et équiper ses 7.500 habitants

Dans un communiqué du17 avril, la mairie de Saint-Nicolas-de-Port annonçait vouloir tester massivement tous ses habitants dans le cadre de l'épidémie de coronavirus. L'opération, baptisée "dépistage pour tous", débutera le 9 mai, soit quelques jours avant la fin du confinement.
 

La basilique de Saint-Nicolas-de-Port
La basilique de Saint-Nicolas-de-Port © Christophe Garland / Marie de Saint-Nicolas-de-Port
Luc Binsinger, le maire de Saint-Nicolas-de-Port, "déçu de la gestion de la crise sanitaire du gouvernement", souhaite dépister ses 7.500 habitants avant le déconfinement avec des tests sérologiques agréés CNR (Centres Nationaux de Références Institut Pasteur). 
Il l'a annoncé dans un communiqué relayé sur la page Facebook de la Ville. Interrogé ce mardi 21 avril, Luc Binsinger nous explique les raisons de cette décision.

Pourquoi organisez-vous l’opération "dépistage pour tous" à Saint-Nicolas-de-Port ?
- Nous vivons une période où les Français ont des interrogations, sont dubitatifs et se sentent troublés. Plus la période du déconfinement approche et plus nous ressentons leur peur et leur angoisse. À Saint-Nicolas-de-Port, nous désirons protéger, rassurer et détecter l'ensemble de la population, à savoir nos 7.500 habitants. Comment? En dotant nos concitoyens d'un test sérologique agréé CNR, d'un masque réutilisable et de 100 ml de gel hydro alcoolique. Tout en leur rappelant les gestes barrières et en abordant les dispositions qui seront mises en place dès le 11 mai. 

Ce ne sont pas les élus et les agents territoriaux qui manipuleront ces tests. Ce seront les professionnels de laboratoire qui prélèveront le sang des citoyens, interpréteront leurs résultats et leur prodigueront des conseils En revanche, nous les retrouverons à la sortie pour leur distribuer un kit de protection. 
- Luc Binsinger, maire de Saint-Nicolas-de-Port

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Luc Binsinger: ©France 3 Lorraine
Comment cette opération de dépistage va-t-elle s’organiser? 
- Cela va se dérouler au sein du complexe sportif de la ville où nous avons deux salles qui seront exclusivement réservées pour l'occasion. Actuellement, un comité de pilotage -composé de l'équipe municipale, du laboratoire que nous avons mandaté pour les tests, de soignants du centre hospitalier ou de médecins de la ville- s'organise pour tout mettre en place de la meilleure manière possible. Nous allons réaliser ce dépistage sur cinq, six ou sept jours. Nous n'avons pas encore défini de dates précises. Le dépistage, qui était initialement proposé du 4 au 9 mai, s'étendra probablement jusqu'au 12. Par exemple, les dates 7, 8 et 9 mai pourraient être réservées à celles et ceux qui sont dans la vie active et qui doivent retourner travailler le 11 au matin. Et les 11, 12, 13 pour les inactifs, les seniors et les plus jeunes. Nous nous adaptons pour que chacun puisse en bénéficier. 

Nous observons déjà un léger glissement concernant le respect des modalités du confinement. Nous ne voulons pas être considérés comme des Gaulois qui vont à l’encontre des règles alors que le confinement est bien respecté à Saint-Nicolas de Port.
- Luc Binsinger

N'est-ce pourtant pas dangereux de réunir au sein d’une même structure un grand nombre d’habitants qui peuvent potentiellement se contaminer entre eux?
- Nous allons respecter toutes les règles sanitaires en répartissant les dépistages sur plusieurs jours et sur des créneaux horaires très larges, de 7h à 19h ou de 7h à 20h. Nous réfléchissons à nous déplacer au domicile des plus isolés, de ceux qui portent un handicap ou qui ne peuvent se déplacer pour se faire dépister. 

Combien est-ce que cela va coûter à la mairie?
- 55.000 euros. C'est un coût important pour une ville comme la nôtre qui a un budget de 15 millions mais nous assumons notre choix. Mais c'est également un coût qui n'est pas non plus excessif, puisque la situation nous oblige à annuler trois ou quatre événements majeurs cet été. Cet argent-là ne sera pas re-dépensé ni provisionné: il sera réinjecté dans cette opération. Par ailleurs, nous avons mis en place une cagnotte en ligne pour tous ceux qui souhaitent contribuer à financer ce dépistage massif.
Je tiens à préciser qu'il n'y aura pas d'impôts supplémentaires et que la ville n'empruntera pas non plus de l'argent. 

La ville n’a pas le droit d’acquérir ces tests. Nous donc appuyons sur un laboratoire que l'on va rembourser à l'euro près. 
- Luc Binsinger

Vous annoncez l’utilisation de tests sérologiques. Pourtant, l’Agence Régionale de Santé, qui s’appuie sur des donnés certifiées par la Haute Autorité de Santé, explique que les tests sérologiste ne sont pas fiables...
- Je ne suis pas un spécialiste et je ne veux pas jouer les apprentis sorciers. J'admets que les tests sérologiques peuvent donner des résultats erronés. Mais j'ai le sentiment qu'ils reçoivent le même traitement que les masques de protection avant le confinement...  Je ne voudrais pas que l'on fasse la même erreur. Si nous avons fait ce choix, c'est pour compléter le dispositif de tests mis en place par l’Etat dans les EHPAD et auprès du personnel soignant. Notre but est d'optimiser le début du confinement et endiguer la deuxième vague de contamination qui nous pend au nez. 
 

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